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Centrafrique


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Entre urgence et développement - Alors qu’une stabilisation fragile se poursuit dans l’ouest de la République Centrafricaine (RCA), la situation humanitaire dans l’est du pays reste problématique. Des affrontements persistent entre groupes armés dans le nord. Les grandes villes du sud-est connaissent une croissance démographique importante du fait de déplacements massifs survenus à la suite d’attaques de la Lord’s Resistance Army (LRA). En 2011, ACTED s’est concentrée sur le soutien aux dynamiques de développement à l’ouest et au nord, sur la réponse à l’urgence dans l’est du pays notamment en eau, hygiène et assainissement (EHA) et en sécurité alimentaire, ainsi que le désenclavement des « zones oubliées ».

Répondre aux besoins en eau potable et en assainissement pour limiter les risques sanitaires

La RCA est un pays hautement vulnérable dont plus de 86% des habitants souffrent de pauvreté multidimensionnelle. En particulier, le pays présente un taux de couverture en eau et assainissement très faible. Selon les résultats de l’enquête Analyse Globale de la vulnérabilité et de la sécurité alimentaire en RCA (2009), 51,2% des ménages ont accès à une source d’eau potable et 5% possèdent une latrine familiale. Dans le nord-ouest, après des années d’insécurité et d’enclavement, la situation est actuellement stabilisée. Cependant, ces communautés, qui ont longtemps vécu en autarcie, sont désormais dénuées d’infrastructures communautaires. Ainsi, beaucoup de villageois n’ont pas accès à l’eau potable et s’approvisionnent le plus souvent dans des marigots ou des rivières. Dans le sud-est, à la suite d’attaques de la LRA, la densité de la population a fortement augmenté dans les grandes villes de la préfecture du Haut Mbomou, provoquant une détérioration de la fourniture des services de base et des standards SPHERE en termes d’EHA. Face à ces enjeux, ACTED a développé de nombreux projets visant à améliorer l’accès à l’eau potable et l’assainissement pour les populations vulnérables de ces deux zones. Au total, en 2011, ce sont 21 lavoirs, 27 puits et 400 latrines familiales qui ont été construits/réhabilités et 4000 personnes sensibilisées aux bonnes pratiques EHA.

Réhabilitation d’infrastructures communautaires pour le désenclavement et la redynamisation économique

Les années de crise qui ont affecté la République Centrafricaine ont fortement détérioré les infrastructures communautaires du pays, principalement les routes. Le désenclavement des zones rurales reste donc une des principales préoccupations d’ACTED. Depuis la fin de l’année 2010, ACTED concentre ainsi sa stratégie sur la redynamisation économique et la réhabilitation de routes et d’infrastructures de base, afin de faciliter l’accès humanitaire, le désenclavement des communautés et de fournir des réponses rapides aux mouvements de populations. ACTED a mis en œuvre de nombreux programmes de construction et de réhabilitation d’infrastructures de base : routes, ponts, ouvrages de franchissement, bacs et écoles, visant à développer les opportunités de relance économique des territoires les plus enclavés et à rétablir la circulation sur les principaux axes routiers endommagés. En 2011, ACTED a ainsi réhabilité 145 kilomètres de routes (axe Bozoum-Bossangoa), construit et réhabilité 17 ponts, 60 ouvrages de franchissement et l’accès à deux bacs. La circulation a notamment pu être rétablie entre Bangassou et Obo, axe routier d’une longueur de 512 kilomètres. En parallèle, plus de 50 écoles ont été construites ou réhabilitées et équipées de puits et de latrines dans le sud-ouest.

Assurer la sécurité alimentaire : un enjeu de relèvement durable

Plus des deux tiers des Centrafricains, dont les trois quarts habitent en zone rurale avec comme principale source de revenu l’agriculture, vivent en dessous du seuil de pauvreté. Les échanges commerciaux internationaux et domestiques sont faibles de par l’obsolescence des infrastructures de marché, et l’enclavement du pays rend particulièrement difficile l’accès aux biens de première nécessité. Le Haut Mbomou est la sous-préfecture la plus à l’est de la RCA, à la frontière de la RDC et du Soudan, peuplée de 60 000 autochtones pratiquant essentiellement une agriculture de subsistance (manioc, arachide, riz). L’éloignement de la capitale et les difficultés d’accès entravent l’écoulement des produits agricoles et font de cette préfecture une zone déstructurée sur le plan organisationnel et productif. De plus, les importants déplacements résultant des attaques de la LRA ont accru la vulnérabilité des populations et l’insécurité alimentaire. Pour remédier à cela, ACTED a mis en place plusieurs programmes visant à renforcer la sécurité alimentaire sur la zone. L’ONG a ainsi soutenu 55 groupements maraîchers à travers des formations, un accompagnement et des dotations en kits d’outils agricoles et semences. ACTED a également mis en place des activités d’appui à l’élevage visant la protection du bétail avec notamment l’organisation d’une campagne de vaccination et la formation d’auxiliaires vétérinaires.

Des projets multisectoriels adaptés aux différentes situations humanitaires du pays

En 2012, ACTED maintiendra ses interventions dans le nord-ouest, le sud-est et le sud-ouest du pays avec la mise en place de programmes de post-urgence et de développement. Ainsi, à l’ouest du pays ACTED continuera son soutien aux dynamiques de développement. Cette zone verra la mise en œuvre de programmes de réhabilitation et/ou construction de sections routières, ouvrages de franchissement, infrastructures communautaires (marchés, abattoirs) et bâtiments scolaires. ACTED mettra également en place des programmes visant à renforcer les capacités des acteurs de la société civile. Au sud-est, ACTED consolidera ses activités notamment en sécurité alimentaire et en eau et assainissement afin de permettre le relèvement précoce et l’autonomisation des populations vulnérables hôtes, déplacées et réfugiées.

Partenaires en 2011

United States Agency for International Development (USAID), Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), Banque Mondiale, Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), Programme Alimentaire Mondial (PAM), Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD)/ Fond Humanitaire Commun (CHF), Service d'Aide Humanitaire et de la Protection Civile de la Commission européenne (ECHO), EuropeAid.

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