Sécheresse dans la Corne de l’Afrique: agissons maintenant

L'ampleur de la crise dans la Corne de l'Afrique est sans précédent de mémoire d'homme et devrait encore s'aggraver. Quatre saisons des pluies consécutives ont échoué. On s'attend à ce qu'une cinquième échoue aussi.

Que se passe-t-il ?

Pas de pluie. Cela veut dire que :

  • Les gens ont faim : 20,5 millions de personnes en Somalie, au Kenya et en Éthiopie sont en situation d’insécurité alimentaire de niveau « crise » (IPC 3) et ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence pour survivre ;
  • Les gens ont soif : environ 11,6 millions de personnes ont du mal à avoir accès à une quantité suffisante d’eau pour survivre ;
  • Les gens perdent leurs moyens de subsistance: au moins 6,5 millions de bovins sont morts ;
  • Les gens perdent leurs foyers: en Somalie, plus de 670 000 personnes ont quitté leur foyer en raison de la sécheresse.
770 000 Somaliens sont en ce moment même déplacés à l'intérieur du pays à cause de la sécheresse qui ravage la Corne de l'Afrique. Faturahman est un camp de déplacés à Baidoa, Somali, où les populations déplacées se sont réfugiées.

La famine approche

La Somalie est au bord d’une famine généralisée, et certaines régions du Kenya et de l’Éthiopie risquent également de passer au niveau d’insécurité alimentaire « famine ». La situation étant déjà catastrophique, une déclaration de famine n’arrangera guère la situation. Sauf si elle entraîne une avalanche de fonds de la part des donateurs.

Un financement humanitaire à grande échelle est nécessaire de toute urgence

C’est maintenant que les fonds humanitaires peuvent avoir le plus grand impact pour maintenir les gens en vie. Lorsqu’une déclaration de famine sera faite, il sera trop tard.

 

Les ONG doivent regarder dans les zones grises et les recoins 

Les acteurs humanitaires doivent à tout prix éviter de concentrer l’aide humanitaire sur les zones et les populations faciles d’accès. Au lieu de cela, nous devons gérer le risque pour  cibler efficacement les plus vulnérables qui sont marginalisés et dans des zones reculées.

Une seule pluie ne résoudra pas le problème

Les sécheresses deviennent la norme plutôt que l’exception, et une réflexion innovante suivie d’investissements sera nécessaire une fois la phase de crise passée pour atténuer les impacts dans les années à venir.

Pour aller plus loin

Factsheet

septembre 2022

Baidoa and Burhakaba Famine Alert
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Statement

août 2022

Drought situation continues to deteriorate in Kenya
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