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Violences domestiques – Des centres communautaires redonnent espoir aux survivantes

Pendant trop longtemps, les survivantes de violences domestiques en Ouzbékistan ont été forcées de vivre aux côtés de l'auteur de ces violences. Le manque d'accès à des refuges sûrs et à des solutions durables en termes d'indépendance financière a considérablement réduit leur capacité à se dégager et prendre un nouveau départ. ACTED travaille avec le centre de Rahmdilik ainsi qu’avec d'autres organisations locales pour offrir aux femmes la sécurité et la formation nécessaires afin de les aider à regagner une place centrale dans leur vie.

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L'ONU manque actuellement de statistiques claires sur les violences sexistes en Ouzbékistan
En 2018, ACTED Ouzbékistan a travaillé avec plus de 50 organisations de femmes

Dans la cour, le soleil couchant enflamme la poussière sur les murs centraux, laissant une couleur ocre envahir la pièce. Un enfant claque une porte et court avec entrain vers la balançoire qu’il percute et qui se balance un long moment avant de se stabiliser. Une femme erre dehors à la recherche des premiers vents frais de la nuit.

La balançoire à l'extérieur de la maison

Le refuge Rahmdillik est l’un des centres les plus fréquentés du pays qui accueille les femmes ayant survécu aux violences domestiques. Avec le soutien d’ACTED et de la Commission européenne, le refuge aide les femmes à reconstruire leur vie suite à un traumatisme en leur offrant une protection, des formations et un soutien juridique, médical et psychologique.

L'extérieur de la maison

L’avenir incertain des femmes ayant survécu aux violences conjugales

Les cas de violences familiales ne sont pas rares en Ouzbékistan : au cours des deux premiers mois de 2019, la nouvelle ligne d’assistance téléphonique sur la violence sexiste gérée par la section locale du Comité des femmes de l’Ouzbékistan a reçu 1 712 appels de femmes en détresse. La majorité d’entre elles n’ont pas d’autre choix que de rester aux côtés de leur agresseur car partir rime souvent avec exclusion de la communauté, appauvrissement et marginalisation.

Le Comité des femmes d’Ouzbékistan est une ONG qui travaille en étroite collaboration avec le gouvernement à la mise en œuvre et au suivi de l’application des lois sur l’égalité des sexes et la protection des femmes.

Préserver l'espoir grâce au soutien des organisations de proximité qui fournissent une assistance de première ligne

Pour répondre au manque de soutien de ces femmes, ACTED a lancé en 2018 le projet « Promouvoir les droits des femmes par le biais d’une protection renforcée et de l’auto-emploi », qui a apporté une aide indispensable aux centres Rahmdilik et Oydin Nur. L’Union européenne a également joué un rôle central dans l’octroi d’un soutien financier.

Ces centres, avec le soutien d’un groupe d’organisations locales, offrent des abris temporaires et des formations permettant le renforcement des capacités des femmes ayant survécut aux violences sexistes. ACTED encourage également les organisations de femmes à les utiliser comme points centraux pour leurs activités de sensibilisation et de plaidoyer. L’objectif est d’influencer la prise de décision et de promouvoir les droits des femmes aux niveaux régional et national.

Afin de créer une plateforme nationale reliant les organisations de femmes de la société civile, ACTED a travaillé avec les OSC existantes pour créer une plateforme nationale pour l’égalité des genres lancée en 2018. La plateforme facilitera les efforts futurs pour forger des partenariats, partager l’information et sensibiliser les gens à la violence faite aux femmes et aux filles.

Un espace sûr où vivre et construire un plan pour l'avenir

Les deux centres accueillent aujourd’hui un grand nombre de femmes : leur fournissent de la nourriture, un logement, des espaces pour les enfants et un programme complet de consultations (médicales, sociales, psychologiques et juridiques).

Chaque fois que je visite les refuges, je suis vraiment émue. La dernière fois, j'ai rencontré une femme qui a subi des attaques répétées à son domicile et qui luttait pour conserver la garde de sa fille après avoir fui son conjoint. De toute évidence, elle avait grand besoin d'un soutien juridique et psychologique. J'ai vraiment ressenti sa douleur en écoutant son histoire.

Farzona Khashimova, Coordinatrice Nationale Genre, ACTED

Les résidentes s’impliquent personnellement dans le projet en participant à des formations sur le travail, l’entrepreneuriat et l’autonomie fonctionnelle, ainsi qu’à des événements bénévoles au sein des associations. Leur courage et leur volonté d’aller de l’avant se manifestent dans leur choix de participer au programme entrepreneurial d’ACTED. Beaucoup d’entre elles ont même rapidement présenté leurs propres Business plans, traçant ainsi leurs propres voies vers l’indépendance économique future. ACTED travaille actuellement à l’octroi de petites subventions d’un montant maximum de 2 000 dollars US pour soutenir la réalisation de chaque Business plan sélectionné.

L’engagement du gouvernement contre les violences basées sur le genre s’est renforcé, en partie grâce à l’influence positive du Comité des femmes qui dialogue avec ACTED et les décideurs de haut niveau. Des travaux sont actuellement en cours pour permettre l’ouverture de nouveaux centres de réadaptation sociale supervisés par le Comité de femmes.

L'histoire de Orzigul, Assistante médicale

En 2018, le Comité des femmes du district de Nurabad a redirigé une femme vers notre refuge. Elle venait juste d'être chassée de chez elle par son mari, après des mois d'insultes et d'agressions continues. Elle a subi tout cela alors qu'elle était enceinte !

Bibisora Aripova, directrice de l'ONG "Rahmdillik"

Cette femme, prénommée Orzigul, a pu rester au centre pendant un an avec son nouveau-né. Avec l’aide des travailleurs sociaux et des psychologues, elle a commencé, semaine après semaine, à reprendre confiance en elle, à interagir davantage et même à parler de l’avenir. La consultation juridique qu’elle a reçue lui a permis de demander le divorce et d’enregistrer sa nouvelle adresse au refuge. Elle a ensuite trouvé un emploi dans l’hôpital local et obtenu un logement social auprès du gouvernement. Le mois dernier, elle a déposé son projet de création d’entreprise sociale à ACTED après avoir suivi une formation en entrepreneuriat.

Je peux penser à ma vie maintenant, et mon rêve est d'aider le refuge en mettant en place un service de blanchisserie qui peut créer des emplois pour les femmes vulnérables

Orzigul, Assistante Médicale

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