Haïti ACTED

Comment limiter l’impact des catastrophes dans un pays à indice de risque très élevé ?

12/01/2010, 16h5310s : un tremblement de terre de magnitude 7,3 sur l’échelle de Richter frappe Haïti. Bilan : plus de 280 000 morts, 300 000 blessés et 1,5 million de personnes sinistrées.

11 ans plus tard, et malgré les avancées significatives du système national de gestion des catastrophes, le niveau de risque et de vulnérabilité restent élevés, aggravés par la pauvreté qui concerne près de 80% des Haïtiens , les crises socio-politiques chroniques qui perturbent l'accès aux services de bases déjà très limités, et les aléas naturels toujours plus violents et imprévisibles sous les effets du changement climatique à l’œuvre.

ACTED travaille main dans la main avec les communautés haïtiennes pour les aider à mieux prévenir, maîtriser et gérer les risques pour faire face aux catastrophes futures. ACTED s’efforce ainsi de trouver des solutions durables de reconstruction, de protection des populations et de prévention des catastrophes. Ces mesures permettent d’en atténuer les impacts et de renforcer durablement la résilience des plus vulnérables.

Des plans de contingence pour un déploiement rapide et coordonné en cas de catastrophe

ACTED développe des plans de contingence déployés pendant la saison cyclonique. Ces plans permettent de pré-positionner des stocks de matériel d’abris d’urgence, de fournitures scolaires et d’équipements d’hygiène (toilettes mobiles, points d’eau) dans les zones les plus à risque, et notamment celles qui risquent d’être coupées en cas de catastrophe.

De par son relief montagneux, de très nombreux villages situés dans les Mornes, l’intérieur des terres, se retrouvent complètement isolés en cas de tempête, d’inondation ou glissement de terrain. Les côtes, quant à elles, sont ravagées par la violence des aléas météorologiques, et coupées des routes d’approvisionnement. Les stocks de contingence permettent de réagir et intervenir rapidement en cas de crise et de sauver des vies.

En parallèle, ACTED organise également des simulations de mise en œuvre de ces plans de contingences dans les communes situées dans les zones les plus à risque, en lien avec les autorités locales et les plans de réponse nationale. Ces simulations contribuent à une bonne préparation pour la mise en œuvre organisée, coordonnée et rationalisée des mesures d’urgence en cas de catastrophes – des mesures qui permettent de sauver des vies, de préserver les infrastructures essentielles et de rebondir rapidement.

Reconstruire mieux pour protéger contre les impacts des catastrophes

La question de la reconstruction après le séisme a posé un défi colossal : reloger plus d’1,5 million de sinistrés dans un contexte de casse-tête cadastral et de constructions traditionnelles qui ne tiennent pas le choc face à l’intensité des vents et des eaux.

Les équipes d’ACTED favorisent la reconstruction de logements selon les techniques dites de « Build Back Safer » et au respect des normes parasismiques et para-cycloniques, tout en respectant le patrimoine culturel local. ACTED s’appuie sur le savoir-faire et la main d’œuvre recrutée au niveau local, et a ainsi formé des travailleurs locaux du bâtiment à ces techniques de construction améliorées, une approche qui garantit une appropriation de ces meilleures pratiques sur le long terme.

Renforcer la résilience, une étape clé de la prévention des risques de catastrophes

L’aide humanitaire d’urgence reste indispensable, vitale pour venir en aide aux victimes de catastrophes. Si on ne peut empêcher les catastrophes d’arriver, la prévention et la préparation aux catastrophes, maîtrisée et gérée à tout niveau, communautaire, local et national, permet d’en réduire durablement l’impact, et de minimiser les effets terribles sur des populations déjà très pauvres.

Haïti continuera de vivre des catastrophes. Le pays, placé au cinquième rang des pays les plus exposés aux risques de catastrophe par le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques (UNISDR), se situe sur la trajectoire des cyclones tropicaux, ouragans et autres tempêtes touchant le bassin caribéen, et au-dessus de la faille qui sépare la plaque nord-américaine de celle des Caraïbes. Haïti subit également de plein fouet les effets du changement climatique, qui causent des inondations et sécheresses intenses, et aggravent les risques et les impacts des catastrophes.

Entre 1999 et 2018, Haïti a été l’un des pays les plus touchés par des événements météorologiques extrêmes dans le monde (Global Climate Risk Index 2020).

La situation de grande précarité qui règne dans le pays ne fait qu’exacerber les prédispositions du pays à subir les impacts terribles des catastrophes naturelles – qui à leur tour fragilisent davantage les conditions de vie déjà très vulnérables de millions d’Haïtiens.

L’indice de vulnérabilité (World Risk Index, WRI) est calculé en fonction de l’exposition d’un pays ou territoire à des risques naturels, la prédisposition de ce pays ou territoire à subir des conséquences lourdes, la capacité du pays ou territoire à faire face à ces risques, et les stratégies d’adaptation en place pour réagir et se relever, compte tenu des différents facteurs sociaux, économiques, politiques et environnementaux.

ACTED est présente en Haïti depuis 2004 au soutien des populations les plus vulnérables. Les équipes sont intervenues en réponse aux catastrophes qui ont touché le pays depuis 2004, avec une forte mobilisation suite au séisme du 12 janvier 2010 et à l’ouragan Matthew du 4 octobre 2016 notamment.

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