Kenya Acted

Une bouée de sauvetage dans la région de Tana River : les familles confrontées à la sécheresse retrouvent l’espoir grâce à une aide financière

Dans le comté de Tana River, au Kenya, les communautés sont confrontées à des conditions climatiques de plus en plus imprévisibles qui affectent leur accès aux moyens de subsistance et aux ressources essentielles. Les sécheresses récurrentes, combinées aux inondations saisonnières, mettent à rude épreuve les systèmes pastoraux et agricoles, rendant plus difficile pour les ménages de maintenir des sources de revenus stables et de subvenir à leurs besoins fondamentaux.

Alors que la sécheresse persiste, le Kenya Cash Consortium, dirigé par Acted et soutenu par le Fonds humanitaire du Kenya (géré par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies), vient en aide aux ménages vulnérables des comtés de Tana River et de Samburu confrontés à l’insécurité alimentaire. Grâce à une aide en espèces, plus de 75 000 personnes pourront subvenir à leurs besoins immédiats en fonction de leurs priorités, tout en conservant leur flexibilité et leur dignité.

Abdi avec son bétail à Dayate, dans le comté de Tana River. Photo de Leonard Odini

Avec deux épouses et six enfants, l’histoire d’Abdi* reflète les difficultés croissantes auxquelles sont confrontées de nombreuses familles dans les régions arides et semi-arides du Kenya, lorsque la sécheresse les prive de leurs moyens de subsistance et de tout espoir. Éleveur originaire de Dayate, dans le comté de Tana River, il a construit sa vie autour de l’élevage et de la garde de son bétail. Pendant des années, ce travail lui a permis de nourrir sa famille et de scolariser ses enfants. Mais à mesure que la sécheresse s’intensifiait, tout a changé.

La sécheresse nous a posé tant de difficultés, à moi et à ma famille. Nous avions plus de 50 têtes de bétail, mais aujourd’hui, il n’y a plus de pâturages, plus d’eau, et une partie de notre cheptel est morte.

Abdi

Depuis 2022, le comté de Tana River figure parmi les zones les plus durement touchées, confrontées à la fois à une sécheresse sévère et à des crues soudaines. Pour les familles de pasteurs comme celle d’Abdi, l’évolution des conditions météorologiques a détruit leur principale source de revenus.

Nous n’avons plus d’argent. Les bovins qui restent sont affaiblis, et j’ai dû les vendre à bas prix pour que ma famille puisse se nourrir et que mes enfants puissent continuer à aller à l’école. Nous ne pouvions plus vendre de lait, alors que c’est de cela que dépend ma famille. Il valait mieux vendre le bétail plutôt que de le voir mourir et de tout perdre.

Abdi

Alors que la crise s’aggravait, Abdi et ses épouses ont commencé à se rendre dans les villages voisins à la recherche de petits boulots dans les exploitations agricoles, dans l’espoir de gagner suffisamment pour nourrir leur famille.

J’ai dû continuer à chercher d’autres moyens de gagner de l’argent pour que mes enfants puissent manger, mais cela n’a pas beaucoup aidé.

Abdi

Photo de Leonard Odini

Les eaux de crue de la rivière Tana ont submergé les exploitations agricoles de Bondeni, dans le comté de Tana River, détruisant les récoltes et les moyens de subsistance des familles qui dépendent de l’agriculture pour survivre.

Près des rives de la rivière Tana se trouve le village de Bondeni, où Abdi et sa famille se rendent souvent pour chercher du travail à la ferme. Mais les habitants de ce village sont confrontés aux mêmes difficultés.

L’une d’entre elles est Halima*. Elle vit à Bondeni et, avec son mari, dépend de l’agriculture pour survivre. Mais la sécheresse et les inondations ont rendu même cela incertain.

Photo de Leonard Odini.

Halima contemple sa ferme endommagée par les inondations à Bondeni, dans le comté de Tana River. Le débordement de la rivière Tana a détruit les récoltes et bouleversé les moyens de subsistance des familles qui dépendent de l’agriculture pour survivre.

Nous cultivons du maïs, des légumineuses, des tomates et des pastèques pour gagner notre vie, mais avec la sécheresse, c’est devenu impossible. Les cultures se dessèchent, et quand les inondations surviennent, elles sont submergées.

Halima

Pour subvenir aux besoins de sa famille, Halima accepte tous les petits boulots qu’elle peut trouver. Elle fait la lessive et le ménage pour acheter de quoi manger, tandis que son mari cherche du travail occasionnel sur des chantiers de construction.

Parfois, il gagne entre 300 et 400 shillings kényans, et parfois il n’y a pas de travail du tout, alors nous nous couchons le ventre vide. Voilà à quoi ressemble notre vie aujourd’hui.

Halima

photo par Leonard Odini

Les familles du comté de Tana River sont confrontées au double impact du changement climatique, alors que la sécheresse prolongée et les inondations récurrentes se produisent simultanément. Ces chocs qui se superposent menacent les moyens de subsistance des ménages qui dépendent des cultures et de l’élevage.

Abdi et Halima font partie des milliers de ménages du comté de Tana River qui subissent les effets de la sécheresse. Alors que les familles luttent pour se nourrir et subvenir à leurs besoins fondamentaux, de nombreux enfants sont retirés de l’école pour aider leurs parents à survivre.
Les autorités locales constatent ces conséquences de près.

Timothy Ejilo, commissaire adjoint du sous-comté de Hola, comté de Tana River. Photo : Leonard Odini

Lorsqu’une grave sécheresse frappe, l’eau se fait rare et les familles doivent parcourir de longues distances à pied pour en trouver. Les enfants, qui devraient être à l’école, sont envoyés chercher de l’eau. Lorsque les conditions météorologiques deviennent difficiles, c’est ainsi que les familles tentent de survivre.

Timothy Ejilo, commissaire adjoint du comté.

Photo par leonard Odini

Salim se tient dans sa ferme à Wayu, dans le comté de Tana River, où une sécheresse prolongée a rendu stériles des terres autrefois productives. Acted.
Grâce à une aide financière vitale, le consortium aidera les ménages touchés à subvenir à leurs besoins alimentaires immédiats avec dignité et flexibilité.

Je suis reconnaissant envers Acted car cet argent m’aidera à nourrir ma famille.
J’utiliserai ce qui restera pour planter des cultures telles que le maïs, afin de pouvoir, à terme, continuer à subvenir aux besoins de mes enfants. Nous avons toujours dépendu de l’élevage, mais le changement climatique nous oblige à chercher d’autres moyens de gagner notre vie.

Abdi

Lorsque je recevrai l’aide en espèces, j’achèterai de la nourriture pour ma famille, je renverrai mes enfants à l’école et j’achèterai des semences pour que nous puissions continuer à cultiver, car l’agriculture est notre moyen de subsistance ici.

Halima

Pour des familles comme celles d’Abdi et d’Halima, l’aide en espèces est bien plus qu’un soulagement à court terme : c’est la différence entre la faim et un repas chaud, entre le décrochage scolaire des enfants et la possibilité de continuer à rêver d’un avenir meilleur. Dans la région de la rivière Tana, où la sécheresse et les inondations continuent de bouleverser des vies, ce soutien offre non seulement la survie, mais aussi l’espoir et la dignité dont les familles ont besoin pour repartir de zéro.

Les noms des bénéficiaires ont été changé pour protéger leur vie privée.