Au Somaliland, les sécheresses récurrentes et les chocs climatiques ont fortement perturbé les moyens de subsistance, fragilisant les revenus et la sécurité alimentaire des communautés agro-pastorales.
À Burao, face à ces défis, des femmes ont choisi d’agir collectivement : se réunir, épargner ensemble et reconstruire progressivement leurs activités.
Acted, en consortium avec Welthungerhilfe (WHH) et Candlelight, a mis en œuvre un projet de 30 mois intitulé « Renforcement systémique de la résilience au changement climatique pour la sécurité alimentaire, fourragère et hydrique des communautés vulnérables à Burao, Somaliland », de novembre 2023 à mai 2026, dans le cadre du programme BREACH (Boosting Resilience and Adaptation to Climate Change) financé par l’Union européenne.
Le projet visait à renforcer la résilience des écosystèmes du district de Burao en soutenant la gestion durable des terres, l’adoption de pratiques agro-pastorales intelligentes face au climat et l’amélioration de l’accès à l’eau. Dans le cadre du consortium, Acted a soutenu 435 ménages (2 610 personnes) dans les villages de Booraamo, Kabadheere et Qoyta, situés dans le district de Burao, région de Togdheer.
Grâce au programme BREACH financé par l’Union européenne, le projet a rassemblé des femmes au sein de groupes d’entraide (Self-Help Groups), les a formées à l’alphabétisation ainsi qu’aux compétences commerciales et financières, et a soutenu des activités de restauration des terres. Il a ainsi fourni aux familles agro-pastorales des outils concrets pour produire davantage de nourriture, épargner de l’argent et mieux planifier leur avenir.

Depuis des années, les familles de la région de Togdheer, à Burao, vivent sous le poids de sécheresses récurrentes. Saison après saison, l’absence de pluies a privé les communautés agro-pastorales de leur bétail, de leurs récoltes et de leur capacité à se projeter. À la fin de l’année 2025, le Somaliland a déclaré une urgence nationale liée à la sécheresse, appelant à l’aide pour un million de personnes. Dans le Togdheer, les sources d’eau se sont taries et les terres de pâturage ont disparu. Début 2026, le nombre de Somaliens confrontés à une insécurité alimentaire de niveau crise a presque doublé pour atteindre 6,5 millions de personnes, les communautés agro-pastorales étant parmi les plus touchées. Les femmes cheffes de foyer ont porté la charge la plus lourde.
Les groupes d’entraide (Self-Help Groups – SHG) constituent un mécanisme d’épargne culturellement reconnu, qui favorise l’indépendance financière, la résilience et l’entraide. Chaque groupe définit un montant à épargner chaque semaine. Dans les contextes somaliens et du Somaliland, les SHG s’inscrivent dans la continuité de systèmes traditionnels d’entraide communautaire tels que l’Ayuto, une pratique d’épargne rotative fondée sur la confiance, les liens sociaux et la responsabilité collective. Cette proximité culturelle renforce leur efficacité : plutôt que d’introduire un modèle extérieur, le programme s’appuie sur des normes existantes de coopération et de solidarité déjà pratiquées et comprises par les communautés.
À travers le programme BREACH financé par l’Union européenne, Acted a mis en place trois groupes d’entraide dans le district de Burao, réunissant 60 femmes, soit 20 par groupe, sélectionnées selon des critères précis ciblant les ménages agro-pastoraux les plus vulnérables. Pendant six mois, les équipes d’Acted ont animé deux modules de formation structurés : le renforcement des capacités des groupes d’entraide féminins et les bases de la gestion financière et de la génération de revenus. Des enseignant·es locaux, formé·es par des consultant·es externes selon le curriculum de Caritas, ont conduit les sessions sur le terrain. Les femmes ont épargné collectivement chaque semaine, en mutualisant leurs contributions au sein de caisses de groupe et de comptes communautaires, développant non seulement des compétences, mais aussi des habitudes financières et des mécanismes de responsabilisation mutuelle capables de perdurer au-delà du projet.

Avant la mise en œuvre du programme à Booramo, les ménages faisaient face à des saisons agricoles de plus en plus incertaines, marquées par le manque de pluies, la diminution du bétail et des perspectives économiques limitées. Sans épargne ni compétences formelles, les options restaient restreintes pour sécuriser les moyens de subsistance.
L’intégration au groupe d’entraide a permis de renforcer progressivement les capacités : participation régulière, apprentissage de la gestion financière, suivi des dépenses et mise en place d’une épargne collective avec les membres de la communauté. Au fil du programme, une amélioration tangible s’est opérée, à la fois en termes de gestion financière et de confiance en soi.
À l’issue de la formation, une subvention de démarrage a permis de développer une activité génératrice de revenus. Aujourd’hui, cette initiative se traduit par la gestion d’une petite boutique à Booramo, offrant une source de revenus stable et autonome.
Votre engagement nous a permis de nous autonomiser, de renforcer notre confiance et de créer un changement durable. En tant que première initiative de groupe d’entraide dans notre communauté, elle a été profondément transformatrice.
Grâce au soutien de la Commission européenne via le programme BREACH, Acted a accompagné 60 femmes dans trois villages du district de Burao en renforçant leurs compétences financières et entrepreneuriales. Aujourd’hui, les membres des groupes d’entraide épargnent, planifient et se soutiennent mutuellement au sein d’un réseau de femmes entrepreneures.