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Des acteurs économiques au service de leurs communautés

Djindé et Daouda sont Agents Prestataires de Service dans la région de Matam (nord du Sénégal). Ils racontent leur histoire au service de leur communauté.

Un engagement pour le développement communautaire

Mariée et mère de famille, Djindé est une femme très engagée dans des activités de développement communautaire. Daouda est père de famille, il est rentré dans son village natal après quelques années passées à l’étranger. Depuis son retour, il s’est engagé au service du développement de sa communauté.

Djindé et Daouda vivent dans la région de Matam, une région du nord du pays parmi les plus touchées par les aléas climatiques, avec des terres qui se dégradent et l’épuisement des ressources hydriques. Leurs villages sont isolés, loin des villes, loin des axes routiers. Pour les habitants, l’accès aux semences et intrants agricoles est un vrai défi, tout comme l’accès aux marchés où trouver les aliments qu’ils ne peuvent produire eux-mêmes, et à des prix raisonnables.

Les Agents Prestataires de Services sont des commerçants dont le rôle est de fournir du matériel subventionné de qualité aux bénéficiaires du projet, souvent éloignés des grands centres. Ainsi, ces acteurs peuvent connecter les bénéficiaires des villages isolés avec le matériel et les semences dont ils ont besoin, pour que l’accès à ces intrants ne constitue plus un frein au développement des activités agricoles.

45
Agents Prestataires de Services (APS)

engagés dans la région de Matam

3300
Familles

ont pu se ravitailler en intrants et semences subventionnés

Djindé a participé à un projet de renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, piloté par ACTED entre 2016 et 2019 avec le soutien financer de l’Union européenne. Elle a pu acquérir des connaissances sur les techniques d’agriculture biologique et sur la gestion des microentreprises, et a reçu de quoi ravitailler sa communauté en intrants agricoles. En particulier, cela a permis aux plus vulnérables de profiter de subventions.

Des groupements de femmes pour renforcer l’accès aux semences

La pratique d’activités de développement par des femmes ne date pas d’aujourd’hui : « Je suis engagée dans les activités communautaires depuis longtemps, » raconte Djindé, « mais elles ont connu plus de rayonnement avec l’appui d’ACTED et de la FAFD ces deux dernières années. »

Dans des régions où les réalités culturelles cantonnent le rôle des femmes au soin de leur foyer, la pratique de telles activités n’est pas chose facile. « C’est le genre d’activité où on est sollicitées à tout moment. Heureusement, mes sœurs et ma belle-famille m’aident souvent avec les tâches ménagères, ce qui me permet de remplir mes obligations liées à l’activité. C’est un véritable engagement », poursuit Djindé.

Cette activité ne lui donne pas seulement la satisfaction de servir sa communauté, elle lui rapporte aussi des revenus. « Grâce à mon activité d’Agent Prestataire de Services, j’ai pu ouvrir un compte épargne. J’ai investi mes économies dans des produits alimentaires que je commercialise, ce qui me permet de diversifier mes sources de revenu. »

D’après Djindé, l’engagement des femmes est gage de bonnes relations entre les Agents Prestataires de Services et leurs communautés. « Nous sommes à une période où on parle de développement, et les femmes ne peuvent pas en rester à l’écart. Cet engagement des femmes, à travers les groupements féminins qui existent dans pratiquement tous les villages, nous est d’une grande aide. Je prends l’exemple du maraîchage où lorsque vient la saison froide, c’est nous qui leur vendons des semences de qualité, les appuyons techniquement sur le compostage, sur comment faire les pépinières, etc. Tout cela vient renforcer la confiance et la fidélisation des communautés envers les Agents Prestataires de Service ».

 

De nos jours, l’engagement des femmes dans les activités de développement est une nécessité. Autrefois, on reprochait aux femmes un manque d’organisation. Mais aujourd’hui il y’a l’émergence de groupements dans tous les villages. Si je prends l’exemple du village d’où je viens, il y’a quelques années il n’existait que 15 groupements de femmes, aujourd’hui nous en sommes à 35. Ce sont des groupes autonomes qui fonctionnent grâce aux cotisations de leurs membres. Ils s’occupent de la transformation d’aliments et de la confection d’aliments nutritionnels. Ces groupements constituent un moyen rapide et efficace pour soutenir les femmes de la région

Djindé

Renforcer le tissu économique local

Daouda est originaire de la commune d’Ogo, où il est revenu après un temps passé à l’étranger. Le retour n’a pas été facile pour lui : « Au début, la situation était assez compliquée. J’ai commencé à me consacrer à des activités de Volontaire Nutrition Communautaire, où j’étais chargé d’informer ma communauté sur les pratiques nutritionnelles saines. Je ne gagnais pas beaucoup, mais le plus important pour moi c’était les opportunités de formation. Je souhaitais vraiment renforcer mon expérience et mes capacités. Aujourd’hui, j’arrive à subvenir aux besoins de ma famille, nous vivons comme il faut et je n’ai plus besoin d’aller chercher fortune ailleurs. J’ai aussi la reconnaissance de ma communauté, et de bonnes relations avec les associations et groupements de la commune. Tout ça, c’est grâce à mon activité d’Agent Prestataire de Service ».

Daouda fait également partie d’un Groupement d’Intérêt Économique appelé Kawral, constitué en mars 2019 par les Agents Prestataires de Service de Matam et Ranérou qui ont participé au projet. Il pense que son histoire pourrait servir d’exemple à de nombreux jeunes de son village. « Beaucoup de jeunes de mon village ont compris qu’il y a des opportunités au niveau local. Ces jeunes sont prêts à saisir les opportunités qui leur seront offertes. Il suffit juste d’en créer. Notre Groupement d’intérêt Economique est là pour contribuer à réduire le chômage des jeunes. »

« Le Groupement d’Intérêt Économique est un regroupement d’acteurs de développement issus de plusieurs communes et départements. Il s’agit d’une structure qui, si elle est bien encadrée et bien gérée, est capable de porter le développement de toutes les communes qui composent les départements de Matam et Ranérou. »

Amadou, Secrétaire général du groupement, en fait une brève présentation : « Notre GIE se nomme « Kawral des APS de Ranérou et Matam » et regroupe 45 APS membres. Il s’agit de femmes et d’hommes qui forment une famille unie pour un but commun et une volonté de travailler davantage. C’est une structure reconnue par la loi sénégalaise, avec un statut juridique ainsi qu’une bonne structuration.

Ayant bénéficié d’un fonds de roulement de la part de l’Union européenne, le Groupement d’Intérêt Économique compte mettre en place un système de crédit destiné à dynamiser les activités de ses membres, ce qui leur permettra de gagner en autonomie et de renforcer leur structure, au grand bonheur des producteurs agricoles de la zone.

L’engagement des femmes dans les groupements d’Épargne Pour l’Investissement contribue à renforcer le secteur économique local et à ‘retenir’ les jeunes dans leurs localités

Daouda

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