Jordanie Acted

Agriculture et résilience en Jordanie

En Jordanie, l’agriculture est l’un des rares secteurs à offrir encore des revenus aux réfugiés syriens et aux Jordaniens vulnérables, mais ces revenus sont souvent instables, informels et exposés aux aléas climatiques. Grâce au projet GrowEconomy financé par l’AfD, Acted applique son approche des 3ZÉRO sur le terrain : Zéro pauvreté grâce à des moyens de subsistance plus solides, Zéro exclusion en élargissant l’accès aux femmes et aux travailleurs vulnérables, et Zéro carbone, en réduisant la pression sur l’environnement grâce à l’agriculture agroécologique. À travers Irbid, Ajloun, Balqa et Madaba, le projet contribue à faire de l’agriculture une voie vers la dignité, la résilience et les opportunités.

Zéro pauvreté : faire de l’agriculture une voie vers la stabilité économique

Le projet part d’un postulat clair : la pauvreté dans les zones rurales de Jordanie ne peut être réduite que si les populations peuvent tirer des revenus plus fiables de la terre et du travail qu’elle génère. C’est là que l’ambition 3ZÉRO d’Acted prend tout son sens. La pauvreté zéro signifie aider les petits agriculteurs et les ouvriers agricoles à dépasser les stratégies d’adaptation à court terme pour accéder à des revenus plus stables tout au long de l’année. En ce sens, le projet contribue directement à l’ODD 1 – Pas de pauvreté, car il considère les moyens de subsistance comme le fondement de la résilience plutôt que comme un filet de sécurité temporaire.

Pour les petits agriculteurs, cela commence par la productivité, mais ne s’arrête pas là. De nombreux ménages agricoles savent déjà cultiver. La question plus importante est de savoir si l’agriculture peut encore subvenir à leurs besoins. Le projet GrowEconomy aide 600 petits ménages agricoles vulnérables à améliorer leur productivité, à réduire les inefficacités, à diversifier leurs sources de revenus et à renforcer leur accès au marché grâce à l’agriculture agroécologique, au soutien au développement des entreprises et à l’intégration concrète dans les chaînes de valeur. L’objectif est de sécuriser les moyens de subsistance tout en aidant les agriculteurs à travailler avec les contraintes environnementales de la Jordanie plutôt que contre elles.

Zéro carbone : promouvoir une agriculture résiliente au changement climatique

Cette dimension environnementale est essentielle. En Jordanie, l’agriculture est soumise à de fortes pressions liées à la pénurie d’eau, à la hausse des coûts et à la variabilité climatique. Un projet qui augmenterait les revenus tout en épuisant les ressources naturelles ne ferait que repousser la crise. Le projet place donc le zéro carbone au cœur de son modèle économique en promouvant des pratiques agroécologiques, une production adaptée au climat et des approches agricoles plus régénératrices. La durabilité environnementale n’est pas considérée comme un simple supplément. Elle fait partie intégrante de ce qui rend les revenus durables en premier lieu.

Zéro exclusion : garantir des opportunités équitables et inclusives aux travailleurs agricoles

1500
travailleurs agricoles vulnérables bénéficiant d’une meilleure employabilité et d’opportunités de revenus tout au long de l’année grâce à la formation, aux liens avec les marchés, aux systèmes d’orientation et à l’accompagnement professionnel
600
femmes touchées par un soutien axé sur l’emploi
3 000
personnes sensibilisées aux normes du travail agricole

La même logique sous-tend le travail du projet auprès des travailleurs agricoles. Pour de nombreux travailleurs journaliers, en particulier les femmes, le problème ne se résume pas au simple chômage. Il s’agit d’être pris au piège dans des emplois saisonniers, mal protégés, sous-payés, voire difficiles d’accès. Le projet y répond en améliorant l’employabilité et l’accès aux revenus de 1 500 travailleurs agricoles grâce à la formation technique, aux liens avec le marché et à l’orientation professionnelle. C’est là que l’ODD 8 – Travail décent et croissance économique prend tout son sens. Le projet porte sur le travail, mais sur le travail décent : des conditions plus sûres, des compétences renforcées, un meilleur accès aux opportunités et des conditions de participation plus dignes dans le secteur.

Cet effort est également étroitement lié à Zéro exclusion. Dans l’agriculture, l’exclusion opère souvent en silence. Elle se manifeste dans l’accès à l’information, la possibilité de se déplacer pour travailler, la reconnaissance en tant que producteur, l’accès à la formation et l’attribution des rôles les moins bien rémunérés.

Les femmes sont confrontées à ces obstacles de manière particulièrement aiguë, alors même qu’elles jouent un rôle central dans la production agricole. En veillant à ce qu’au moins 600 femmes bénéficient d’un soutien axé sur l’emploi et en s’attaquant aux contraintes spécifiques qui limitent la participation économique des femmes, le projet GrowEconomy donne une expression concrète à l’ODD 5 – Égalité entre les sexes. L’égalité entre les sexes n’est pas ici présentée comme un objectif distinct et secondaire. Elle fait partie intégrante de la question de savoir si le secteur deviendra plus équitable.

La perspective d’inclusion du projet s’étend également aux réfugiés et, plus largement, aux Jordaniens vulnérables. Dans le contexte actuel de la Jordanie, les inégalités sont souvent renforcées par le fait de savoir qui a accès à la terre, aux emplois, aux marchés et aux systèmes de soutien, et qui n’y a pas accès. Le projet s’attaque à cette fracture en concevant un programme qui rassemble les deux communautés dans un même espace économique, en accordant une attention égale aux opportunités, aux droits et à la visibilité. C’est ainsi que le projet contribue à l’ODD 10 – Réduction des inégalités. Il s’efforce de réduire les inégalités non pas par des discours, mais en élargissant l’accès aux outils, aux services et aux connexions avec le marché qui permettent aux personnes de participer sur des bases plus solides. Pourtant, le revenu et l’accès ne suffisent pas à eux seuls à définir un secteur agricole juste. Les conditions comptent. Les droits comptent. La protection compte. Dans trop de cas, le travail agricole reste marqué par l’informalité, des normes de travail faibles et des risques qui pèsent le plus lourdement sur les plus vulnérables. C’est pourquoi le projet comprend un volet solide consacré au travail décent, sensibilisant 3 000 personnes aux normes du travail, aux conditions de travail et à la protection de l’enfance. Il investit également directement dans les enfants par le biais d’initiatives axées sur les compétences de vie et l’enfance. Cela est important car l’exploitation par le travail et la vulnérabilité des enfants ne sont pas des questions secondaires dans des contextes de difficultés économiques. Elles font souvent partie d’un même problème. Un programme de moyens de subsistance qui les ignorerait passerait à côté de la réalité vécue par les familles.

Le projet va également au-delà des individus pour s’intéresser aux systèmes qui les entourent. Le renforcement de 40 points focaux, le soutien aux organisations communautaires, la formation de champions de la défense des droits et l’organisation de forums de dialogue nationaux contribuent à faire passer l’agriculture d’un espace de lutte isolée à un espace de responsabilité partagée. Les agriculteurs, les ouvriers agricoles, les acteurs de la société civile et les institutions ont tous un rôle à jouer pour définir ce à quoi ressemble une agriculture décente, inclusive et durable en Jordanie. Ces efforts contribuent à ancrer les résultats du projet au-delà de la simple prestation de services, pour les inscrire dans le renforcement des capacités locales, la responsabilisation et l’appropriation.

Le projet Grow Economy vise donc à redéfinir la manière dont les opportunités sont créées dans un secteur dont dépendent de nombreuses familles vulnérables, mais sur lequel peu d’entre elles peuvent compter en toute confiance. Il considère les revenus, l’inclusion, les droits du travail et la durabilité environnementale comme faisant partie d’un même ensemble. C’est ce qui donne tout son sens à la vision 3ZERO d’Acted dans ce contexte. Elle se manifeste chez l’agricultrice qui tente de tirer un revenu de sa terre sans l’épuiser, chez l’ouvrier à la recherche d’un travail plus sûr et plus régulier, et chez la femme qui intègre une chaîne de valeur qui a trop souvent négligé sa contribution. À travers ce projet GrowEconomy, Acted œuvre pour rendre cet avenir plus accessible.