Jordanie Acted

Se reconstruire à Za’atari

Pendant des années, la vie dans le camp de réfugiés de Za’atari, au nord de la Jordanie, a été synonyme d’attente et d’incertitude pour Aisha*, une réfugiée syrienne de 32 ans et mère de quatre enfants. Son mari étant dans l’incapacité de travailler pour des raisons de santé, elle portait à elle seule tout le poids de l’avenir financier de sa famille. Tout a changé lorsqu’elle a rejoint les Centres Oasis, mis en place par Acted en partenariat avec ONU Femmes.

Les Centres Oasis offrent des services intégrés articulés autour de trois piliers : les moyens de subsistance, la protection et le leadership. Les réfugiées syriennes et les femmes jordaniennes vulnérables y reçoivent une formation aux compétences essentielles telles que la garde d’enfants, la couture, l’agriculture, l’artisanat et les services de beauté. Le centre propose des services de garde d’enfants et des programmes périscolaires pour favoriser la pleine participation des femmes, tandis que des services d’aide à l’emploi, tels que la formation à la création d’entreprise et la rédaction de CV, permettent aux participantes de se tourner vers des moyens de subsistance durables. Les centres Oasis ont permis à Aisha de suivre une formation en perlage, en art de la résine et en découpage. Grâce à ces compétences, Aisha a non seulement subvenu aux besoins de sa famille, mais elle a également trouvé l’indépendance, l’espoir et un nouveau sens à sa vie au cœur du camp.

Aisha vit dans le camp de Za’atari depuis 13 ans. Avant d’être déplacée, elle se consacrait à ses études en Syrie et n’avait jamais travaillé. En Jordanie, les problèmes de santé de son mari l’ont laissée seule responsable du foyer, et ses multiples candidatures à des emplois se sont soldées par des refus. Après avoir dû assumer les responsabilités du foyer et essuyé des refus à ses candidatures répétées, elle a rejoint les Centres Oasis dans le cadre du programme Oasis de l’ONU Femmes. Grâce à ce programme, elle a suivi une formation en perlage, en art de la résine et en découpage. Elle a finalement choisi de se concentrer sur le perlage, car cette technique ne nécessitait que très peu de matériel, ce qui lui a permis de commencer rapidement à produire et à vendre des articles, et lui a offert un moyen concret de gagner un revenu indépendant. En dotant les femmes de compétences pratiques, de possibilités de revenus et de confiance en elles, le projet aide les participantes à retrouver leur indépendance, à améliorer leurs moyens de subsistance et à se construire un avenir meilleur au sein du camp.

Apprendre, créer et gagner sa vie

Aisha a rejoint la formation dispensée dans les centres Oasis du programme Oasis de l’ONU Femmes, mis en œuvre par Acted, afin d’apprendre des techniques artisanales qui pourraient l’aider à gagner sa vie. En deux mois, elle a maîtrisé le travail des perles, l’art de la résine et le découpage, transformant de vieux plateaux en objets décoratifs et fabriquant des colliers et des bracelets. La formation comprenait des compétences en marketing, telles que la promotion des produits sur WhatsApp et la vente dans les bazars locaux. Grâce à des kits d’outils, des moules et des conseils personnalisés de la part des formateurs, Aisha a acquis à la fois des compétences pratiques et la confiance nécessaire pour transformer sa créativité en revenus, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives d’indépendance et d’autonomie.

Grandir ensemble : famille et ambition

Gérer les tâches ménagères tout en suivant la formation Oasis a été un défi pour Aisha, mais les services de garde d’enfants du projet lui ont permis d’y parvenir. Ses quatre enfants ont participé à des activités éducatives et récréatives au centre, ce qui a renforcé leur confiance en eux et leurs compétences sociales. Son fils, qui a suivi des cours de soutien scolaire, est devenu plus sociable et s’est fait de nouveaux amis. Pour Aisha, la formation a offert bien plus qu’un simple renforcement des compétences : elle est devenue un espace sûr où surmonter sa timidité, partager des idées et tisser des liens avec les autres. Elle a appris à organiser son temps efficacement, en conciliant les besoins de sa famille tout en poursuivant ses ambitions et en se construisant un avenir meilleur.

De l’apprentissage au leadership

Après avoir terminé la formation, Aisha a commencé à vendre des bracelets en perles et d’autres objets artisanaux. Elle a choisi le travail des perles car il nécessite peu de matériel et lui permet de se lancer rapidement dans la production et la vente. Bien que le coût des matériaux limite sa production, elle continue à créer et à vendre petit à petit, encouragée par ses amis et ses voisins. La formation lui a non seulement apporté des compétences pratiques, mais a également renforcé sa confiance en elle, ses liens d’amitié et son espoir en l’avenir. Aisha se concentre actuellement sur le développement de son activité artisanale au camp de Za’atari, car le traitement de son mari n’est ni disponible ni abordable en Syrie, mais elle rêve d’ouvrir un jour une petite boutique — soit à Za’atari, soit éventuellement en Syrie — où elle pourra développer son activité. Elle encourage désormais d’autres femmes à rejoindre de tels programmes, les qualifiant de « formidable opportunité d’apprendre, de gagner sa vie et de s’épanouir ».

Le programme Oasis d’ONU Femmes, mis en œuvre par Acted, a transformé la vie d’Aisha, lui permettant de contribuer aux revenus de sa famille et de surmonter des années d’incertitude. Au-delà du soutien financier, le programme a favorisé la résilience, la créativité et les liens sociaux. Grâce à un accompagnement continu et à l’accès à des ressources, des femmes comme Aisha peuvent transformer de modestes débuts en entreprises durables, créant ainsi un changement positif et durable pour leurs familles et leurs communautés. L’impact continu du projet promet d’autonomiser davantage de femmes, de favoriser l’indépendance et de renforcer le tissu social et économique du camp de réfugiés de Za’atari.

*Le nom a été modifié afin de protéger la vie privée de la personne.