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"Le Soudan du Sud fait face au pire niveau d’insécurité alimentaire de son histoire", Michael Mangano, directeur pays Soudan du Sud

Comment décrieriez-vous la situation actuelle de crise alimentaire dans le pays ? 

Le pays fait face au pire niveau d’insécurité alimentaire de son histoire avec des taux d’insécurité alimentaire alarmants : 4 345 000 de personnes en niveau IPC3 soit un niveau de crise alimentaire, 1 685 000 personnes en niveau IPC4 soit un niveau d’urgence alimentaire et 45 000 personnes en situation de famine (IPC5). Cela signifie qu’il est prévu que pour les mois de juin et juillet 2017 le nombre de personnes souffrant de faim extrême soit de plus de 6 millions de personnes (environ 50% de la population totale du pays), ce chiffre était de 4,9 millions en janvier dernier quand le premier rapport IPC a été lancé, ce qui signifie que la situation s’est significativement aggravée. De plus, on s’attend à ce que la situation empire pour les plus vulnérables et touche notamment les personnes déplacées (environ 2 millions de personnes concernées). 

Quelles actions y menez-vous ?

ACTED met actuellement en place des programmes de lutte contre l’insécurité alimentaire dans les états du Jonglei, des Lacs, de Warrap, du Bahr el Ghazal Occidental et du Centre-Equateur où nous organisons des distributions de nourriture, d’argent liquide et de kits d’hygiène pour répondre aux besoins les plus pressants de populations. Mais en parallèle, nous mettons en œuvre des programmes de soutien aux moyens d’existence et à l’agriculture pour améliorer les pratiques agricoles, construire la résilience pour permettre aux populations de pouvoir faire face à la situation climatique et politique et pour diversifier leurs sources de revenus et créer de nouvelles opportunités.

Les Nations Unies ont déclarées la semaine dernière que la situation de famine était officiellement terminée au Soudan du Sud. Quelles sont les conséquences pour une organisation comme la vôtre ? Est-ce que cela a des impacts sur l’approvisionnement en nourriture ?

Les critères IPC pour l’insécurité alimentaire sont une standardisation pour classifier la gravité de l’insécurité alimentaire. Le dernier rapport IPC montre que les zones déclarées en situation de famine en février dernier ont connu une amélioration de leur situation. Cependant, cela ne signifie pas que la crise alimentaire est terminée. Comme expliqué plus haut, un plus grand nombre de personnes se retrouvent aujourd’hui en situation d’insécurité alimentaire. De plus, nous attendons de faibles récoltes pour cette année 2017, notamment à cause de l’impact des déplacements de populations, ces récoltes continueront à être faibles en 2018.  L’approvisionnement en nourriture va devenir de plus en plus difficile et nous risquons de voir de plus en plus de stratégies de survie destructrices au sein des familles comme par exemple ne manger qu’un repas par jour, se nourrir d’aliments moins nourrissants, vendre des biens. Les ONG auront besoin de continuer à travailler pour fournir des solutions de plus long terme tout en répondant aux besoins immédiats.

Quels sont les besoins prioritaires des ONG pour venir en aide aux populations au Soudan du Sud? 

Malgré les progrès effectués dans les provinces qui étaient déclarées en situation de famine, la crise alimentaire dans le pays n’est pas terminée. La situation dans les états voisins de l’état d’Unity où la famine a été déclarée s’est globalement aggravée illustrant le besoin de soutien des zones en situation de crises (IPC3) ou d’urgence (IPC4) pour prévenir une situation qui empire et le nombre de personnes touchées qui s’aggrave. Nous devons répondre aux besoins immédiats comme l’accès à la nourriture, à l’eau, aux soins, à l’assainissement tout en mettant en place des solutions de plus long terme comme la création de moyens d’existence, des formations agricoles qui permettront aux populations d’améliorer leur quotidien et de devenir plus résilient face à l’insécurité alimentaire.

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