Côte d'Ivoire
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Depuis décembre 2010, la Côte d’Ivoire traverse une crise grave. A l’origine un affrontement électoral, la situation a dégénéré avec des violences ayant entraîné, à ce jour, 462 morts selon l’ONUCI, et des violations des droits de l’Homme. L’accès aux services de base est mis à mal par une crise qui dure et qui affecte la santé, l’éducation, l’agriculture et l’économie, avec des conséquences humanitaires importantes sur les populations.
Abidjan, la capitale économique du pays, a été le théâtre d’affrontements violents entre partisans politiques, mais le calme revient doucement, en particulier depuis le 11 avril, date de la chute du président sortant. Après des semaines de crise et de violences, les populations d’Abidjan doivent encore composer avec des pénuries persistantes aggravées par le mouvement de retours de ceux qui avaient fui les combats. L’augmentation exponentielle des prix limite l’accès des familles aux denrées alimentaires de base, certains biens de première nécessité et notamment les médicaments manquent, les banques viennent juste de rouvrir, et l’insécurité contribue à freiner le retour à la normale. Ce sont les familles restées dans ou à proximité d’Abidjan qui sont aujourd’hui les principales victimes de l’insécurité alimentaire selon les résultats d’enquêtes menées par l’Agence des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) courant avril.
Une vulnérabilité croissante
Depuis le début de la crise, ACTED suit attentivement l’évolution de la situation, des déplacements et les besoins des populations confrontées à des semaines de violence. Une équipe d’urgence ACTED est présente dans le pays et notamment à Abidjan depuis le début du mois d’avril. Elle a notamment pu se rendre compte de la situation sur place et identifier les priorités humanitaires dans les quartiers de communes de la capitale ayant connu des affrontements et donc des déplacements importants, ainsi que dans les lieux d’accueil des populations déplacées.
Dans ces quartiers, ce sont près de 65% des habitants qui ont fui leurs habitations. Celles-ci ont pour la plupart été saccagées ou détruites. Les populations qui reviennent se retrouvent sans toit, sans moyens de subsistance et ont du mal à trouver les aliments de base comme le manioc ou la farine sur les marchés, même si les petits commerces ont redémarré leur activité depuis quelques jours. Sans ressources, ces familles sont contraintes de faire appel à la solidarité familiale, de revendre leurs moyens de production ou d’emprunter de quoi se nourrir.
Répondre à l’insécurité alimentaire
Forte de sa capacité de réponse d’urgence sur des situations similaires, au niveau régional mais aussi global, ACTED est mobilisée afin d’apporter une aide aux populations touchées par la crise, et de contribuer au retour à une situation normale dans la ville d’Abidjan. L’objectif est d’éviter que la situation de vulnérabilité extrême des plus fragiles ne se transforme en isolement et en appauvrissement définitif, et d’aider les communautés à se reconstruire.
Les équipes d’ACTED suivent l’évolution de la problématique d’insécurité alimentaire afin de proposer des interventions adaptées aux besoins des populations victimes des violences en Côte d’Ivoire, et leur permettre de retrouver des conditions de vie et de subsistance minimum. ACTED est aujourd’hui présente dans la zone d’Abidjan, mais nos équipes sont également mobilisées dans d’autres régions impactées par la crise en région, notamment dans le Moyen Cavally, afin d’envisager une réponse humanitaire multisectorielle, multi-zone et durable.








