Ukraine Communiqué

Ukraine : une crise humanitaire aux portes de l’Union Européenne

Le 14 mars 2019, un consortium d'ONG s'est réuni lors d'une conférence à Paris, réunissant des décideurs européens, ukrainiens, français afin de discuter de la situation dans le Donbass. De cet échange, plusieurs messages clés et recommandations ont émergé.

5 ans
13 000 morts
30 000 blessés
3,5 millions de personnes dans le besoin

Aperçu du conflit en Ukraine 

La guerre du Donbass est le seul conflit armé actif en Europe. En 5 ans, 13 000 personnes sont mortes, 30 000 ont été blessées et près de 3,5 millions, dont 30% de plus de 60 ans, sont en détresse humanitaire. La ligne de front, longue de 450 kilomètres et également appelée « ligne de contact », a divisé les régions industrielles, urbanisées et densément peuplées de Donetsk et de Louhansk. Près de 2,2 millions de personnes vivent aujourd’hui dans les territoires sous contrôle gouvernemental (TCG) et 3,2 millions dans les territoires non contrôlés par le gouvernement (TNCG). C’est cette coupure artificielle qui  amplifie aujourd’hui les besoins humanitaires.

En plus de l’insécurité physique permanente, des restrictions sont régulièrement imposées aux droits fondamentaux telle que la liberté de circulation. Il est aussi question du droit à une pension de retraite, des dommages causés aux logements ou aux infrastructures de base (eau, électricité, chauffage) et, enfin, de la contamination par les mines et autres restes explosifs de guerre.

Les financements restent insuffisants alors que les besoins humanitaires perdurent. Les enjeux  sont importants compte tenu du blocage complet du processus de paix. Les accords de cessez-le-feu illustrent parfaitement la situation : malgré les importants efforts effectués pour les réactiver régulièrement, les engagements ne tiennent que peu de temps.

Nos recommandations à la France

 

Les sujets abordés pendant la conférence ont mis en lumière les actions qui peuvent être entreprises par la France afin d’améliorer la situation humanitaire dans la zone touchée par le conflit :

1. Maintenir son engagement quant aux négociations, afin de parvenir à un cessez-le-feu durable, en utilisant la diplomatie humanitaire comme point d’entrée qui peut créer une confiance pouvant ensuite servir d’autres domaines.

2. Supporter financièrement la compagnie des eaux Voda Donbasa, en coopération avec les autres bailleurs de fonds internationaux, pour que des millions de personnes des deux côtés de la ligne de front puissent avoir accès à un bien de première nécessité tel que l’eau.

3. Plaider pour la reconnaissance d’un statut spécial à la compagnie Voda Donbasa auprès des autorités ukrainiennes, afin de lui permettre de travailler en TNCG en sécurité et sans enfreindre les lois ukrainiennes.

4. Plaider pour que des mesures soient prises dans les plus brefs délais afin d‘améliorer les conditions de passage à travers la ligne de contact. Cela inclut l’ouverture d’au moins un poste de contrôle supplémentaire (Zolote, dans la région de Louhansk), ainsi que l’officialisation et la simplification des procédures de passage.

5. Plaider auprès du gouvernement ukrainien pour qu’il modifie les lois sur la santé sexuelle et reproductive, sur la santé mentale et le support psychosocial, et sur la violence de genre, ainsi que le budget alloué à la santé. L’objectif étant d’améliorer la prise en charge sanitaire des personnes touchées par le conflit des deux côtés de la ligne de contact.

6. Poursuivre, promouvoir et soutenir les investissements dans la région du Donbas, pour un impact positif de long terme. Au regard de l’exemple donné pour la ville de Marioupol, il est nécessaire que les investissements engagés se rapprochent au maximum de la ligne de contact et qu’ils permettent d’appuyer les acteurs étatiques dans ce processus. Cela permettra des créer des institutions qui, sur le long terme, pourraient s’atteler aux grands défis que la région présente, en prenant en compte les besoins des populations dont les repères étaient situés, avant le conflit, en TNCG.

7. Veiller à ce que les initiatives pour le développement et l’assistance humanitaire soient coordonnées efficacement dans le cadre du nexus humanitaire-développement.

8. Continuer et contribuer d’avantage à l’action humanitaire, avec :

  • Des financements alloués à l’action humanitaire, y compris le Fonds de financement commun pour les pays qui vient d’être lancés par le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA Country-Based Pool Fund) ;
  • Des appels aux autorités de-facto pour la levée des restrictions imposées à l’aide humanitaire dans la zone sous contrôle non-gouvernemental, conformément aux dispositions du droit international humanitaire.

 

 

Ukraine_Conférence Paris 2019_Compte-Rendu_complet
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Ukraine Statement

Privé : Ukraine : une crise humanitaire aux portes de l’Union Européenne

La guerre du Donbass, dernier conflit armé actif en Europe 

La guerre du Donbass est le seul conflit armé actif en Europe. En 5 ans, 13 000 personnes sont mortes, 30 000 ont été blessées et près de 3,5 millions, dont 30% de plus de 60 ans, sont en détresse humanitaire. La ligne de front, longue de 450 kilomètres et également appelée « ligne de contact », a divisé les régions industrielles, urbanisées et densément peuplées de Donetsk et de Louhansk. Près de 2,2 millions de personnes vivent aujourd’hui dans les territoires sous contrôle gouvernemental (TCG) et 3,2 millions dans les territoires non contrôlés par le gouvernement (TNCG). C’est cette coupure artificielle qui  amplifie aujourd’hui les besoins humanitaires.

En plus de l’insécurité physique permanente, des restrictions sont régulièrement imposées aux droits fondamentaux telle que la liberté de circulation. Il est aussi question du droit à une pension de retraite, des dommages causés aux logements ou aux infrastructures de base (eau, électricité, chauffage) et, enfin, de la contamination par les mines et autres restes explosifs de guerre.

Les financements restent insuffisants alors que les besoins humanitaires perdurent. Les enjeux  sont importants compte tenu du blocage complet du processus de paix. Les accords de cessez-le-feu illustrent parfaitement la situation : malgré les importants efforts effectués pour les réactiver régulièrement, les engagements ne tiennent que peu de temps.

Nos recommandations à la France

 

Les sujets abordés pendant la conférence ont mis en lumière les actions qui peuvent être entreprises par la France afin d’améliorer la situation humanitaire dans la zone touchée par le conflit :

1. Maintenir son engagement quant aux négociations, afin de parvenir à un cessez-le-feu durable, en utilisant la diplomatie humanitaire comme point d’entrée qui peut créer une confiance pouvant ensuite servir d’autres domaines.

2. Supporter financièrement la compagnie des eaux Voda Donbasa, en coopération avec les autres bailleurs de fonds internationaux, pour que des millions de personnes des deux côtés de la ligne de front puissent avoir accès à un bien de première nécessité tel que l’eau.

3. Plaider pour la reconnaissance d’un statut spécial à la compagnie Voda Donbasa auprès des autorités ukrainiennes, afin de lui permettre de travailler en TNCG en sécurité et sans enfreindre les lois ukrainiennes.

4. Plaider pour que des mesures soient prises dans les plus brefs délais afin d‘améliorer les conditions de passage à travers la ligne de contact. Cela inclut l’ouverture d’au moins un poste de contrôle supplémentaire (Zolote, dans la région de Louhansk), ainsi que l’officialisation et la simplification des procédures de passage.

5. Plaider auprès du gouvernement ukrainien pour qu’il modifie les lois sur la santé sexuelle et reproductive, sur la santé mentale et le support psychosocial, et sur la violence de genre, ainsi que le budget alloué à la santé. L’objectif étant d’améliorer la prise en charge sanitaire des personnes touchées par le conflit des deux côtés de la ligne de contact.

6. Poursuivre, promouvoir et soutenir les investissements dans la région du Donbas, pour un impact positif de long terme. Au regard de l’exemple donné pour la ville de Marioupol, il est nécessaire que les investissements engagés se rapprochent au maximum de la ligne de contact et qu’ils permettent d’appuyer les acteurs étatiques dans ce processus. Cela permettra des créer des institutions qui, sur le long terme, pourraient s’atteler aux grands défis que la région présente, en prenant en compte les besoins des populations dont les repères étaient situés, avant le conflit, en TNCG.

7. Veiller à ce que les initiatives pour le développement et l’assistance humanitaire soient coordonnées efficacement dans le cadre du nexus humanitaire-développement.

8. Continuer et contribuer d’avantage à l’action humanitaire, avec :

  • Des financements alloués à l’action humanitaire, y compris le Fonds de financement commun pour les pays qui vient d’être lancés par le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA Country-Based Pool Fund) ;
  • Des appels aux autorités de-facto pour la levée des restrictions imposées à l’aide humanitaire dans la zone sous contrôle non-gouvernemental, conformément aux dispositions du droit international humanitaire.

 

 

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