Des vivres pour soutenir la scolarisation des enfants
En Côte d’Ivoire, le taux de scolarisation au primaire est de 60%, et seulement 55% des 15 à 24 ans savent lire et écrire. Ces chiffres alarmants de l’Institut National de la Statistique détonnent avec le niveau de développement du pays. A Abidjan, 2700 personnes très vulnérables affectées par la crise post-électorale dans les quartiers de Yopougon et Abobo bénéficient d’un soutien alimentaire.
Le quartier précaire d’Abobo Plaque est très animé. 30 familles très vulnérables et affectées par la crise post-électorale y ont été identifiées pour bénéficier d’un appui alimentaire et sanitaire. La veille, ACTED a remis des coupons aux chefs des ménages qui ont été priés de se présenter, ce matin-là, munis de ces coupons pour recevoir les articles. Cela explique cette ambiance inhabituelle qui règne sur l’estrade du magasin de M. Traore, le boutiquier du quartier.
Fatou est mère d’une famille de 10 personnes, parmi lesquelles les enfants orphelins de ses frères, décédés durant le conflit. La plupart des enfants de sa famille n’ont pas été scolarisés cette année ou ont dû abandonner l’école, faute de moyens. « Un enfant qui a faim peut-il aller à l’école ? Et pourquoi dépenser dans l’école et mourir de faim ? Le peu d’argent qu’on gagne sert à nourrir la famille… », nous dit-elle avec émotion. Après les vérifications d’usage, elle peut recevoir ses articles : du riz, de l’huile, de la poudre de lait, des œufs, du savon etc. « Dès ce midi mes enfants et moi nous allons bien manger et ce pendant au moins un mois. Je suis très contente ! »
ACTED a mis en œuvre un projet de soutien à la scolarisation des enfants des familles vulnérables et affectées par la crise post-électorale à travers des distributions d’articles alimentaires et non alimentaires, en partenariat avec la Coopération Japonaise (JICA). Dans ces quartiers, plus de 2 ménages sur 3 ne parvenaient pas à subvenir à leurs besoins essentiels et développaient des stratégies de survie, comme la non-scolarisation de leurs enfants, qui pouvaient s’avérer négatives.
Priorité à l’alimentation
Dans ce contexte, scolariser les enfants est un véritable luxe pour ces familles vulnérables, leurs ressources étant affectées essentiellement à l’alimentation. De nombreux enfants se sont ainsi retrouvés privés de leur droit à la scolarisation et sont parfois contraints de réaliser des travaux dangereux afin de soutenir leurs familles. Une enquête réalisée en novembre 2011 par les équipes d’ACTED révèle que sur 3732 ménages enquêtés dans ces mêmes communes, 47% n’avaient pas scolarisé leurs enfants faute de moyens financiers. Dans le même temps, ACTED met aussi en oeuvre la réhabilitation d’écoles, le soutien à la relance des activités génératrices de revenus des ménages et la distribution de kits scolaires avant la rentrée.
La rentrée approche
Un mois plus tard, les écoles Plaque 3 et 4, réhabilitées par le projet, sont inaugurées en présence des représentants de la mairie d’Abobo, de l’Inspection de l’Education nationale, du Comité de gestion et du directeur des établissements. Devant les habitants du quartier, parmi lesquels on distingue les bénéficiaires du travail contre paiement visiblement très fiers de leur nouvelle école, l’Adjoint au maire d’Abobo conclue : « Il est temps de se prendre en main et de poursuivre l’approche participative qu’ACTED a initié chez nous ! »








