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actualité | 03 Avril 2018 | Sénégal | Développement

Valoriser l’agriculture, l’emploi et les opportunités locales pour lutter contre la migration au Sénégal

Les bénéficiaires sont appuyés dans le développement de leurs jardins de case qui leur permettent un meilleur approvisionnement en légumes, ACTED 2017

Le Sénégal est un pays confronté à de forts taux de migration : ceux-ci sont liés aux disparités territoriales au niveau national et international, à la dégradation des conditions environnementales et climatiques et à la recherche de travail. Du fait de ces multiples facteurs, le phénomène de la migration sénégalaise atteint donc une échelle nationale, régionale et internationale.

Le manque d’opportunités économiques est la première cause de migration à Matam

L’exode rural concerne une part non négligeable de la population sénégalaise, et entraine une concentration des migrants autour des centres urbains que sont les villes de Dakar, Diourbel et Thiès : la région de Dakar concentre à elle seule un quart de la population du pays.

La première destination des migrations sénégalaises, en dehors de l’Afrique, est l’Union européenne. Plus précisément, entre 2008 et 2013, la France (18%), l’Italie (14%) et l’Espagne (10%) étaient considérés comme les trois pays les plus attractifs.

En juillet 2017, dans le département de Matam, 40% des familles touchées par notre projet de renforcement de la sécurité alimentaire avaient des migrants dans leur famille. Dans la majorité des cas, ces migrants sont partis à la recherche d’emploi. Afin de promouvoir l’emploi local et de limiter la pauvreté, certaines activités du projet d’ACTED visent à valoriser les modèles économiques locaux.

Augmenter la production agricole pour assurer un meilleur revenu aux populations

Parmi les familles sur lesquelles nous avons fondé notre enquête, entre 50% (à Matam) et 75% (à Ranérou) avaient comme première source de revenu l’agriculture, sachant qu’une très grande majorité de leurs récoltes était aussi destinée à nourrir la famille qui l’avait cultivée. Cela laisse imaginer le levier que peut représenter ce secteur en termes d’opportunités économiques pour les populations locales !

Dans ce cadre, le projet d’ACTED, soutenu par l’Union européenne, a pour objectif d’augmenter les revenus des ménages, ou de limiter les dépenses qu’ils ont à faire pour se nourrir, en améliorant la production agricole. Pour cela, ACTED a développé le maraichage de case, en complément de l’agriculture en saison des pluies, pour augmenter la durée pendant laquelle les familles ont accès à de la nourriture. Nous avons aussi accordé des subventions de matériel agricole de qualité pour que les agriculteurs n’aient plus à s’endetter afin de pratiquer leur activité.

Cela s’est aussi fait en formant les populations en agriculture, maraichage et nutrition grâce aux relais communautaires qui les encadrent tout au long des campagnes culturales pour leur enseigner de meilleures pratiques. Enfin, le projet a soutenu 30 initiatives villageoises porteuses en termes de nutrition. Cela a permis de développer l’entreprenariat et de renforcer ces initiatives qui souffrent souvent d’un manque de technique ou de formation dans les domaines de la gestion. Ainsi, le projet espère aider ces initiatives à se développer afin de les rendre viables et rentables pour que leur modèle économique puisse servir d’exemple à d’autres initiatives similaires.

Développer des emplois durables à travers les Agents Prestataires de Service

La plupart des villages d'intervention sont très isolés, et donc ne sont pas desservis par les routes. Cet enclavement est un problème puisque les villages sont très éloignés des grands marchés, ce qui rend leur accès et leur approvisionnement en matériel agricole difficiles. Pour y remédier, le projet vise à mettre en place un réseau d’Agents Prestataires de Service, qui sont des agents mobiles dont le but est de vendre du matériel et des semences aux familles isolées pour désenclaver les villages. Ceci permet aux habitants d’avoir accès à du matériel de qualité, mais aussi de renforcer les compétences entrepreneuriales de ces agents.

En effet, le projet a permis aux APS de développer leurs compétences en agriculture et en gestion à travers des formations, d’obtenir une première clientèle grâce aux subventions, le temps de se faire connaître, et d’accéder à un accompagnement par les équipes du projet pour qu’ils finissent par être indépendants

Valoriser et diffuser les modèles économiques d’initiatives villageoises porteuses

La région de Matam est soumise à des crises alimentaires récurrentes depuis plusieurs années en raison de sécheresses chroniques qui fragilisent le climat, et, par conséquent, l’agriculture.

Le soutien du projet à 30 initiatives villageoises porteuses en termes de nutrition a un double objectif. En premier lieu, il vise à favoriser ces initiatives qui ont le potentiel d’améliorer la situation nutritionnelle des populations, afin de lutter contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Ensuite, cet appui pourra développer l’entreprenariat, et renforcer les capacités de ces initiatives qui souffrent souvent d’un manque de technicité ou de formation dans les domaines de la gestion.

Ainsi, le projet espère aider ces initiatives à se développer et les rendre viables et rentables pour que leur modèle économique puisse servir d’exemple à d’autres initiatives similaires souhaitant se développer.

Promouvoir l’agriculture comme moyen de lutte contre la malnutrition

Ainsi, ce projet de renforcement de sécurité alimentaire présente des synergies intéressantes à la fois dans la lutte contre la malnutrition et d’insécurité alimentaire, mais s’attaque aussi aux causes profondes de l’immigration illégale en dynamisant les savoir-faire et l’emploi au niveau local.

Ce projet est financé par le Fond fiduciaire d’urgence de l’Union européenne. Le contenu de ce document relève de la seule responsabilité d'ACTED et ne peut aucunement être considéré comme reflétant le point de vue de l’Union européenne.