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actualité | 21 Août 2017 | Irak |

Une journée sur le terrain en Irak : rencontres

Les membres des organisations communautaires de protection de l'enfance des camps de Domiz 1 et Domiz 2, dans le gouvernorat de Dohuk

Medeya contribue à la gestion des dossiers au sein d’une unité mobile de protection de l'enfance

« En 2012, à la fin du lycée, j'ai fui mon pays, la Syrie, pour me réfugier dans un camp au Kurdistan irakien avec mon frère. Je me suis rapidement engagée bénévolement pour donner des cours. Puis, en 2013, j'ai rejoint ACTED pour enseigner dans le cadre d’espaces de protection des enfants et des jeunes gérés par l’ONG. J’ai enseigné, mais aussi formé des jeunes à l'organisation d'activités pour enfants. Aujourd’hui, ces jeunes que j'ai formés à l'époque sont très impliqués dans les activités pour les enfants dans le camp. C’est incroyable ! J'ai vu un changement en eux, ils ont continué leurs études et sont diplômés de l'université, réalisant le rêve qui était le mien quand j’étais adolescente. Après quelques années en tant que mobilisatrice communautaire, en 2017 j’ai commencé à travailler dans un espace de protection de l'enfance : mon travail consiste à soutenir les enfants avec des vulnérabilités physiques et psychosociales avec une gestion de cas spécialisée. Le principal défi est de travailler avec différentes communautés, qui parlent différentes langues et ont des traditions culturelles différentes. J’ai peu à peu gagné la confiance des gens et pu soutenir les parents et les enfants. Voir ces enfants sourire est la plus belle des récompenses. »

« Je sais ce que fuir sans rien veut dire, alors je comprends ce que les gens ressentent. Je sais que tout ce que nous pouvons donner fait la différence » - Mustafa, responsable du programme de transfert de liquidités

« C’est en 1991 que j’ai fait du bénévolat humanitaire pour la première fois. Je distribuais de la nourriture et aidait les ONG en matière de traduction du kurde vers l’anglais. J’ai longtemps vécu à l’étranger, fuyant l’insécurité, et suis finalement revenu en 2012. J'ai rejoint une ONG locale, et c’est là que j’ai connu ACTED, au cours de la construction d’un camp de réfugiés dans le gouvernorat d'Erbil dans lequel l’ONG était impliquée. J’ai commencé à travailler pour ACTED en 2014 en tant qu’assistant de distribution. Je distribuais de la nourriture, des biens non alimentaires… Aujourd’hui, je suis responsable du programme pour un projet de transfert de liquidités dans quatre camps de personnes déplacées dans le gouvernorat d'Erbil. Moi aussi un jour j’ai dû fuir ma maison aussi, sans rien. Je sais ce que les gens ressentent, et que tout ce que nous donnons contribue à les aider. C'est pourquoi je suis heureux d'aider et j'adore ce métier. »

Rizgar, Responsable sécurité : « Même si je n’agis pas directement, je planifie la journée pour tout puisse être mis en œuvre, en garantissant que les conditions de sécurité soient adaptées et qu’ACTED soit acceptée dans la zone »

« Je suis né dans un tout petit village du gouvernorat de Dohuk. Après le lycée, j'ai commencé à travailler dans une entreprise de sécurité : ça a été le début de ma carrière dans ce domaine. J’ai rejoint ACTED l’année dernière en tant que chargé de la sécurité. Mon travail quotidien consiste à surveiller tous les mouvements du personnel d'ACTED, en particulier dans les zones à risque, à effectuer des évaluations pour assurer l'accès aux endroits où ACTED prévoit d'apporter de l'aide humanitaire, informer et conseiller les équipes de programme sur la sécurité et l'accès, mettre à jour les plans d'urgence et de sécurité. J'ai choisi ce travail parce que j'aime régler les problèmes. Et je fais quelque chose pour l'humanité. Même si je ne mets pas directement en œuvre les projets, je leur ouvre la voie, en garantissant que les conditions de sécurité soient viables pour l'aide humanitaire. C'est ce qui m’anime le plus. »

Les membres des organisations communautaires de protection de l'enfance des camps de Domiz 1 et Domiz 2, dans le gouvernorat de Dohuk, ont souhaité témoigner à l'occasion de la Journée mondiale de l'aide humanitaire. Voici leur histoire :

« Le conflit qui ébranle la Syrie a amené beaucoup de personnes à se réfugier dans les pays voisins. C’est la région du Kurdistan irakien qui nous a accueillis. Les acteurs humanitaires, comme ACTED, sont mobilisés pour apporter leur soutien. ACTED nous a soutenus depuis le début de la crise syrienne, en particulier en créant des unités de protection de l'enfance, des équipes de mobilisation communautaire et des espaces de protection dédiés aux enfants et aux jeunes.

À Domiz 1 et Domiz 2, ACTED met en œuvre des projets de soutien psychosocial, d'activités récréatives, d'éducation non formelle et de formation professionnelle pour tous les enfants réfugiés. ACTED nous aide à renforcer notre capacité de développement, d'évaluation, de suivi et d'évaluation des projets, finance, logistique, ressources humaines et audit. Cela nous permettra de prendre en main les espaces de protection dédiés aux enfants et aux jeunes, et de continuer à les gérer à l'avenir. En plus de cela, nous avons participé à l'organisation de séances d'information et de sensibilisation aux problématiques de protection de l'enfance.

Pour assurer le bien-être des enfants dans le camp, les membres des OSC vont tout faire pour continuer à soutenir les enfants et les jeunes, avec un soutien psychosocial, en impliquant les participants dans de nombreuses activités visant à fournir un environnement sécuritaire et protecteur aux enfants et aux jeunes, en contribuant à rétablir un sentiment de normalité, à développer leurs compétences sociales et à renforcer l’amitié. Nous sommes optimistes ! »

« Une journée type au sein du département logistique d’ACTED en Irak ? 15 demandes d'achat, 37 déplacements en véhicule, 10 opérations de gestion des stocks, 30 courriels par heure, 3 réunions, 77 messages Skype et 65 papiers à signer » - Farah, responsable de la logistique pour ACTED en Irak

« Cela fait quatre ans que je travaille dans le secteur de la logistique humanitaire et de la gestion des approvisionnements, dont les trois dernières avec ACTED. Au début, j’ai occupé un poste d’assistante achats dans un camp de réfugiés en Jordanie. Depuis, j’ai contribué à la réponse à la crise des réfugiés syriens dans trois pays différents de la région MENA avec ACTED : Jordanie, Syrie et Irak. Je suis actuellement responsable de la logistique pour l’Irak et soutient 38 projets d'urgence dans cinq secteurs différents. J’ai toujours voulu faire de la logistique humanitaire : elle combine compréhension, planification et mise en œuvre en situation de crise. Dans le secteur humanitaire, les procédures logistiques sont très différentes quand il s’agit de gestion du système et de protocoles : nous sommes amenés à gérer des demandes instables et des entrepôts dépourvus de technologies standardisées, nous sommes confrontés à des situations imprévisibles dans un système très complexe. Mais, en fin de compte, la priorité pour un logisticien humanitaire sont les bénéficiaires, et non les clients. Et c'est ce que j'aime le plus, faire partie d'une longue chaîne dont le but ultime est de travailler pour assurer la dignité humanitaire aux plus vulnérables. »

Noora, responsable du projet WASH dans le gouvernorat de Ninive

« Il y a dix ans, j'ai échappé à la violence et à l'insécurité dans ma ville à Ninive. Le soutien de ma famille et de mes professeurs d'école a été essentiel pour traverser ce moment difficile, et je me suis promis que j'aurais utilisé toute mon énergie, mon temps et mes connaissances pour aider les personnes qui en ont vraiment besoin. J'avais souvent entendu parler d'ACTED et ai finalement rejoint l’ONG l’année dernière en tant que chargée de programmes WASH et abris. J'ai commencé à travailler pour un projet en soutien aux personnes vulnérables à Mossoul avec l'approvisionnement en eau et la distribution d'abris. Le plus dur était d’approvisionner l’est de Mossoul en eau, en raison des conditions de sécurité incertaines et de la difficulté de trouver des sources d'eau propres et sûres. Mais nous avons réussi, et avons pu fournir de l'eau à plus de 90 000 habitants. Après Mossoul, nous avons construit une infrastructure d’accès à l’eau dans le camp de Salamiyah 1, ce qui nous a permis d’assurer l'approvisionnement en eau potable de ses résidents, et ainsi de répondre à des besoins en eau particulièrement élevés pendant l'été. Je suis fière de participer à ce projet : ensemble, nous surmontons toutes les difficultés ! »