Une autre forme de reconstruction pour Haïti
Limiter l’impact des désastres et lutter contre
l’insécurité alimentaire dans les campagnes
Le tremblement de terre haïtien du 12 janvier 2010 a été perçu comme une catastrophe principalement urbaine. S’il est vrai que les destructions les plus massives ont été observées dans les villes de Port-au-Prince, Carrefour, Léogâne ou Jacmel, le séisme a également eu un fort impact sur le monde rural. De gigantesques mouvements de populations depuis la capitale vers les campagnes ont été enregistrés, déstabilisant profondément un monde paysan chroniquement fragilisé depuis 2008 par le passage des violents ouragans Gustav, Hannah, Ike et Jeanne et par l’envolée des prix des biens alimentaires.
La reconstruction à la ville comme aux champs
ACTED s’est engagée durablement en Haïti dans le processus de reconstruction du pays, en ville comme à la campagne, par la construction d’abris temporaires et la réparation de maisons endommagées. La reconstruction d’Haïti passe également par un soutien au monde rural qui représente 60 % de la population du pays et qui a subi de plein fouet l’impact des déplacements de populations à la suite du séisme, l’épidémie de choléra et les destructions causées par l’ouragan Tomas. A Léogâne, les forts vents et pluies de l’ouragan ont anéanti les cultures de pois et de banane qui constituent l’alimentation de base des paysans des zones montagneuses.
Un programme de Travail contre Paiement a été lancé afin d’injecter des liquidités rapidement dans les communautés affectées. La spécificité de ces chantiers a été de travailler à la conservation des sols. En effet, du fait de la pauvreté chronique du monde rural et des fortes pressions démographiques qui voient les campagnes haïtiennes afficher des densités de populations de l’ordre de 250 à 350 habitants par kilomètre carré, des milliers d’hectares de terres, parfois impropres à l’agriculture, sont déboisées et cultivées. Dès lors, à l’occasion de fortes pluies ou de passages d’ouragans comme Tomas, les sols de mornes appauvris n’ont pas la capacité de retenir les eaux et sont presque instantanément purgés et lessivés. La terre arable fertile est entrainée dans les rivières dont les crues massives inondent les zones en aval. Les glissements de terrain sont également fréquents, faisant disparaitre les terres agricoles et coupant les voies de communication.
L’entretien des terres est primordial
La conservation des sols est cependant une pratique simple et peu coûteuse à mettre en place : en creusant des canaux sur les terres agricoles parallèlement à la pente et en plantant des bandes vivantes telles que des roseaux ou des vétivers, les sols retrouvent rapidement leur fertilité et l’impact dramatique des fortes pluies est considérablement limité. En effet, les eaux sont canalisées, les éléments nutritifs demeurent donc dans les sols, stabilisés par la couverture végétale, et empêche les terres agricoles de montagnes de s’effondrer.
Sensibiliser les populations aux risques
Au même titre qu’un ouragan, un séisme est une catastrophe naturelle dont il est possible de limiter l’impact par la prévention et l’éducation. Dans les zones montagneuses de Léogâne, les habitants ont eu à vivre ces deux évènements dramatiques en 2010 mais de nombreuses pertes humaines et matérielles auraient pu être évitées avec une meilleure compréhension de ces phénomènes et à de plus amples connaissances sur les moyens existants pour s’en protéger. C’est dans ce but qu’ACTED poursuit actuellement le travail dans ces régions par un programme de sensibilisation et de formations à la réduction des risques. De manière participative, les bénéficiaires de ce programme apprennent pourquoi et comment les cyclones se forment, ce qu’est un tremblement de terre, comment il est possible de se protéger contre les catastrophes avant qu’elles surviennent, les reflexes à avoir quand elles apparaissent et les moyens durables de lutter contre leurs conséquences négatives. Des cartes de chaque village sont en outre dessinées par les habitants pour identifier les risques réels et potentiels.
En renforçant les capacités de réponse et de réactivité des populations les plus vulnérables, ACTED utilise tous les moyens à sa disposition pour faire de 2010 une expérience qui ne se reproduira plus. La reconstruction d’Haïti passe également par là.
Dernières actualités Haïti
- Tenons les engagements pris en faveur d'Haïti
- Haïti : pour une sécurité alimentaire renforcée
- Deux ans après Haïti a besoin de nous
- « Epi, tounen la kay » Enfin le retour à la maison
- Un nouveau départ pour 404 familles sinistrées
- ACTED en Haïti prête à faire face à la tempête Emily
- L’endettement des familles sinistrées menace la reconstruction d’Haïti








