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actualité | 03 Février 2011 | RDC | Urgence

Une approche multisectorielle à Shabunda

Place centrale de Shabunda © ACTED 2010 / Vincent Tremeau

Depuis 1996, date du début des conflits à l’Est du Congo, le réseau routier de la République Démocratique du Congo s’est progressivement dégradé, à l’instar de l’ensemble des infrastructures élémentaires. Face à l’immensité du territoire congolais, les obstacles logistiques sont considérables et les infrastructures routières limitées. Cette situation est d’autant plus préoccupante dans le Sud Kivu, une région faite de successions de collines et de vallées, que de nombreuses localités sont totalement isolées, comme Shabunda.

 

La situation humanitaire dans le territoire de Shabunda est critique dans tous les secteurs. Les infrastructures scolaires et sanitaires sont quasiment inexistantes. Seuls 3% de la population disposent d’un accès à l’eau potable, entrainant un nombre important de maladies liées à l’eau.

Conséquence directe d’une agriculture peu diversifiée et peu développée, où on ne cultive essentiellement que le manioc, le riz, et l’arachide, la malnutrition des populations est très importante. Par ailleurs, bien que l’agriculture constitue l’activité principale des populations du territoire, de plus en plus de jeunes ont progressivement abandonné les champs pour aller travailler dans les mines des alentours. Mais avec la nouvelle loi sur l’interdiction de l’exploitation des mines dans la région, de nombreux jeunes se retrouvent aujourd’hui désœuvrés et au chômage.

Pour compliquer le tout, en juillet et août derniers, les attaques des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda) dans les localités autour de Shabunda ont provoqué de nouveaux déplacements de population fuyant les combats. Au total, 27 800 personnes déplacées se retrouvent dans une situation d’extrême vulnérabilité, dans l’attente de pouvoir retourner chez elles. Cet afflux de population à Shabunda exerce une pression sur les ressources existantes, notamment hydriques, et accroît les besoins en eau potable, assainissement et hygiène de la population.

Le 20ème rapport sur l'indice du développement humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) classe la République Démocratique du Congo (RDC) au 168ème rang sur 169 pays, avec une espérance de vie de 48 ans.

ACTED est présente à Shabunda depuis juin 2010 afin de répondre aux besoins des populations locales. Nos équipes interviennent avec le soutien du Service d’aide humanitaire de la Commission européenne, dans les localités de Shabunda et de Matili dans le Sud Kivu, dans le cadre d’un projet d’amélioration sanitaire et de renforcement de la sécurité alimentaire des plus vulnérables. A ce jour, des blocs de douches et de latrines ont été construits dans deux centres de santé et d’autres installations sanitaires sont actuellement mises en place dans 4 écoles. En outre, 450 sanitaires familiaux vont être construits. Des activités de sensibilisation aux bonnes pratiques d’hygiène ont été organisées afin de toucher le plus de gens possible : des émissions de radio sur les maladies hydriques, des sketchs radio sur le VIH/SIDA, des chlorations de sites et des formations en images sur le VIH et les maladies hydriques dans les aires de santé.