Une approche multisectorielle pour répondre aux besoins des populations touchées par le choléra
Les équipes d’ACTED sont présentes en Haïti depuis 2004. Elles se sont considérablement renforcées suite au tremblement de terre de janvier 2010 et se sont mobilisées rapidement pour faire face à la crise du choléra qui touche le pays depuis le 19 octobre. En l’espace de quatre semaines, on recense plus de 1500 décès et 25 000 hospitalisations dans les régions touchées par l’épidémie.
La région de l’Artibonite a été parmi les premières zones touchées par l’épidémie de choléra. Cette région est bien connue des équipes d’ACTED qui travaillent sur différents projets auprès des communautés locales depuis des années. En s’appuyant sur son expérience et sa connaissance de la zone affectée, ACTED a été l’une des premières ONG à démarrer des opérations en réponse à cette crise humanitaire, en travaillant en lien étroit avec ses partenaires, le Service d'aide humanitaire de la Commission européenne, et les autres organisations présentes sur place afin d’offrir une réponse immédiate et coordonnée à cette crise sanitaire; ce qui a permis de prévenir une diffusion rapide de l’épidémie à l’ensemble du pays.
Maintenir l’accès à l’eau pour tous dans l’Artibonite
Pour Amandine Dampierre, la Coordinatrice des activités d’ACTED dans la zone du Bas Artibonite, le rétablissement des moyens d’accès à une eau potable est une priorité afin de « limiter le nombre de personnes affectées car sans accès à une source d’eau potable». Les équipes sur place ont commencé les distributions aux communautés dès le 21 octobre. « Notre objectif était de couvrir le plus rapidement possible l’ensemble des familles de la zone affectée avec des pastilles de purification d’eau, des sels de réhydratation à dispenser aux personnes affectées, du savon, des kits d’hygiène et de rétablir au plus vite des points d’eau potable contrôlés » détaille Amandine.
L’essentiel a été d’éviter une rupture dans la chaîne d’approvisionnement en eau potable pour les populations: 4 stations de potabilisation de l’eau ont été mises en place et des réservoirs d’eau souples (des « bladders ») pouvant contenir jusqu’à 10 000 litres d’eau ont été installés et sont réapprovisionnés régulièrement. Dans les semaines et jours à venir, ACTED a prévu d’installer dans la zone de Saint-Marc, la principale ville de l’Artibonite, trois nouvelles stations de potabilisation ainsi que 12 bladders.
« La capacité d’intervention d’ACTED a été rapide car nous travaillons depuis plusieurs années avec des partenaires locaux dans le domaine de l’eau. Ceux-ci sont mobilisés à nos côtés depuis le début de la crise dans la phase d’évaluation et d’intervention rapide dans l’Artibonite. Par ailleurs, la coordination sur le terrain se passe très bien avec l’ensemble des partenaires qui se sont spontanément adressés à nous pour distribuer des stocks, nous soutenir dans certaines zones ou encore compléter certaines activités en cours. On a ainsi travaillé avec l’UNICEF, l’Organisation internationale pour les migrations, le PAM, Médecins Sans Frontières et Concern Worldwide qui ont fourni du matériel à distribuer. Notre entrepôt est devenu un hub logistique pour la réception et l’expédition. »
Sensibiliser les populations aux bonnes pratiques d’hygiène pour stopper l’épidémie de choléra
Outre l’accès à l’eau potable, les conditions sanitaires et d’hygiène des populations sont un élément clef pour prévenir la propagation de l’épidémie et l’apparition de nouveaux cas, notamment dans la capitale de Port-au-Prince, où près de 36 000 familles vivant dans 42 rassemblements spontanés ont bénéficié de formations aux bonnes pratiques d’hygiène : «il faut se protéger à tout instant en respectant les consignes qui sont données à la radio et par le personnel de santé sur place» insiste le personnel d’ACTED. Les équipes d’ACTED procèdent également à des distributions de savon et à l’installation de points de lavage des mains pour permettre aux populations vivant dans des conditions précaires suite au tremblement de terre de bénéficier de conditions d’hygiène améliorées. Dans la région de Saint-Marc, les mêmes activités sont en cours : distributions de savons, de sels de réhydratation orale et de tablettes de purification de l’eau.
Impact de l’ouragan Tomas
Alors que l’épidémie de choléra pèse sur la situation des populations déjà fragilisées depuis le séisme de janvier dernier, l’ouragan Tomas, qui est passé au large des côtes haïtiennes début novembre, a contribué à aggraver une situation déjà précaire. Si des dégâts majeurs ont été évités, les pluies et vents violents qui se sont abattus sur Haïti ont provoqué des inondations et l’évacuation de centaines de familles. Les organisations humanitaires et les autorités se sont organisées pour que les populations touchées aient un accès à l’eau potable et que les conditions d’hygiène minimales ne se dégradent pas alors que l’épidémie de choléra continue sa progression.
L’aggravation de l’insécurité alimentaire
Les infrastructures agricoles ont été durement endommagées par le passage de l’ouragan Tomas, notamment dans la zone de l’Artibonite. Les récoltes de riz, de tomates et de bananes ont été détruites et, alors que le pois est en pleine floraison, les bourrasques ont emporté bourgeons et fleurs. A cela s’ajoute la perte de nombreuses têtes de bétail et animaux de basse-cour qui se sont noyés au cours des inondations.
L’épidémie de choléra affecte également la main d’œuvre disponible pour les activités agricoles : les travailleurs journaliers craignent de contracter la maladie dans les champs et ne travaillent plus. Ce manque de main d’œuvre agricole risque de peser sur le volume de production de cette saison: à court terme, une période de soudure très difficile est à prévoir et si l’épidémie perdure une crise alimentaire est à craindre.
La situation alimentaire et économique demeure particulièrement préoccupante dans les zones touchées par l’épidémie de choléra et par Tomas. Aujourd’hui, comme hier, nos équipes se mobilisent pour améliorer les conditions de vie et sanitaires des Haïtiens et pour soutenir les moyens de subsistance des populations afin de leur permettre d’accéder à un revenu pour nourrir leur famille.
- Plus de 100 000 barres de savon ont été distribuées. Les distributions se poursuivent dans 55 camps à Port-au-Prince.
- Plus de 20 millions de litres d’eau ont été traités grâce aux pastilles de purification d’eau.
- Près de 133 000 sachets de sels de réhydratation orale ont été distribués.
- Les opérations se poursuivent :
- dans l’Artibonite, la zone au cœur de l’épidémie,
- dans la capitale de Port-au-Prince où vivent encore des centaines de milliers de personnes sous des tentes ou dans des abris précaires,
- à Léogane, l’épicentre du séisme de janvier dernier, où le risque de développement de maladies hydriques ou vectorielles est réel avec l’accumulation de facteurs à risques : manque d’eau potable, manque de latrines, faiblesse des infrastructures de santé, présence accrue d’eau stagnante et insalubrité.
Dernières actualités Haïti
- Haïti : trois ans après
- Haïti : la réponse à l’ouragan Sandy s’organise
- Pour un approvisionnement durable en eau potable
- Tenons les engagements pris en faveur d'Haïti
- Haïti : pour une sécurité alimentaire renforcée
- Deux ans après Haïti a besoin de nous
- « Epi, tounen la kay » Enfin le retour à la maison









