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actualité | 23 Novembre 2016 | Côte d'Ivoire | Urgence

Travailler ensemble pour un assainissement durable en Côte d’Ivoire

ACTED Côte d'Ivoire - 2016

Dans le district d’Abidjan, ACTED a lancé en 2013 avec l'Union européenne un projet d’accès à l’assainissement pour lutter contre les maladies liées à l’insalubrité dans trois quartiers de la ville et améliorer les conditions de vie de leurs habitants.

Combler le manque d’infrastructures d’assainissement

Les insuffisances en matière d’infrastructures d’assainissement dans les quartiers précaires d’Abidjan sont responsables de la propagation de nombreuses maladies d’origine hydrique telles que le choléra, la fièvre jaune ou le paludisme. Depuis 2013, ACTED en Côte d’Ivoire intervient pour répondre à cette crise sanitaire en aidant les ménages vulnérables des quartiers précaires d’Abidjan à avoir accès à des conditions minimales d’assainissement, avec le soutien de l’Union européenne, du Fonds SUEZ Initiatives et de la Fondation Altadis. D’après Jérémy Lescot, Directeur pays d’ACTED en Côte d’Ivoire, « ce projet est né du constat par nos équipes présentes sur le terrain de problèmes graves liés à l’assainissement et à la santé dans les quartiers précaires. Il faut savoir que sur les 5 millions d’habitants du district d’Abidjan, dont au moins 2 millions vit dans ces quartiers, seuls 30% sont reliés aux réseaux d’égout. Pour la majorité, il est d’usage d’utiliser la rue pour déverser les eaux ménagères, mais aussi comme toilettes, avec des conséquences désastreuses sur l’hygiène, la salubrité et l’environnement. En Côte d’Ivoire en 2011, le nombre de décès liés aux maladies hydriques était de plus de 400 pour 100 000 habitants, contre 100 à 200 au Ghana, par exemple. »*

Le projet comportait trois volets d’intervention : l’assainissement, la collecte des déchets et la sensibilisation des populations aux bonnes pratiques d’hygiène. En particulier, ACTED a travaillé à la construction d’ouvrages d’assainissement tels que des latrines écologiques, des réseaux d’égouts à faible diamètre et des lavoirs, pour contribuer à améliorer les conditions sanitaires et environnementales de ces quartiers.

Une vision sur le long terme pour rendre les populations plus autonomes

Au manque ou à la mauvaise qualité des infrastructures s’ajoute la méconnaissance d’une partie de la population des bonnes pratiques en matière d’hygiène, autre élément qui favorise la propagation de ces maladies. C’est pourquoi ACTED s’est particulièrement efforcée d’impliquer la communauté et de transférer progressivement la gestion de l’assainissement aux communautés des zones d’intervention afin de garantir la pérennité du projet et son impact positif sur le long terme. Les équipes se sont en outre mobilisées pour sensibiliser et former les populations à l’utilisation de ces ouvrages et à l’hygiène en général grâce à des campagnes de sensibilisation, l’organisation de théâtres-forums (des scénettes jouées dans la rue autour du thème de l’hygiène) et des visites mensuelles à domiciles. En effet, précise Jérémy, « il s’agit bien évidemment d’améliorer les conditions sanitaires de ces populations mais aussi, et surtout, de les rendre autonomes pour qu’elles bénéficient d’un accès à l’assainissement qui soit véritablement durable. »

Afin d’inscrire son action dans la durée, ACTED a constitué et accompagné vers l’indépendance trois très petites entreprises (TPE) et trois comités d’hygiène et d’assainissement. Les TPE ont trois tâches principales qui permettent leur financement et donc la pérennité des activités du projet. Elles procèdent à la collecte et à la revente des bidons de sous-produits issus des déjetions humaines auprès des filières agricoles locales, entretiennent les réseaux d’égouts à faible diamètre et assurent la pré-collecte des ordures grâce aux cotisations de la population locale. La mise en place de ces TPE et des comités d’hygiène permet de veiller à ce que les infrastructures et les activités mises en œuvre par le projet perdurent. Au terme du projet, « un quartier est parfaitement autonome et un autre en passe de l’être. Ce n’est pas du 100%, mais c’est déjà une belle réussite », conclut Jérémy.

 

*Jérémy Lescot, Directeur pays d’ACTED en Côte d’Ivoire, interviewé par le Fonds SUEZ Initiatives.

Retrouver l’intégralité du témoignage de Jérémy Lescot sur le site du Fonds SUEZ Initiatives.