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actualité | 13 Février 2018 | Tchad | Urgence

Trajectoires de bénéficiaires, du camp de Gaoui à la province tchadienne

Suite aux violences qui ont éclaté en Centrafrique en 2014, beaucoup de Tchadiens qui s’y étaient installés ont fui le pays, et vivent depuis dans le site de transit de Gaoui, à côté de la capitale N’Djaména. Le site de Gaoui devait être temporaire. Pourtant, presque quatre ans plus tard, les familles sont toujours là, en exil dans leur propre pays, ne disposant pas des documents et des moyens économiques nécessaires à leur réinsertion dans la société.

ACTED, avec le soutien du département d’aide humanitaire et protection civile de la Commission européenne (ECHO), intervient depuis mars 2017 au soutien de la réinsertion socio-économique des retournés de Gaoui. En 2017, ACTED a appuyé 950 de ces familles dans leurs démarches pour obtenir des papiers, un logement digne, et dans la reconstruction de leurs moyens d’existence.

La majorité des familles a choisi de s’installer dans la capitale, mais certains ont préféré s’établir en province : ACTED les a accompagnés dans cette démarche. Au total, 950 familles ont bénéficié d’un soutien financier.En novembre, Djimbaye faisait partie de l’équipe ACTED qui a accompagné certaines de ces familles à Moundou, dans le sud du pays. Avec ses co-équipiers, ils ont suivi le parcours de ces familles, et ont vécu avec eux les départs et les longs trajets qui allaient les mener du site de Gaoui à leur nouvelle vie. Entre l’émotion de quitter les relations nouées dans le site, et l’excitation de ce nouveau départ, Djimbaye et ses co-équipiers ont pu partager la trajectoire de ces familles et écouter leurs témoignages.

En route vers Moundou, Abéché et Sarh

Zara, étudiante de 20 ans originaire du Chari-Baguirmi, vivait à Karno, en Centrafrique. À Gaoui, elle était seule et subvenait à ses besoins en vendant des condiments et du jus d’oseille. Elle a choisi de se réinstaller à Moundou pour se rapprocher de ses oncles et de ses cousins, mais aussi pour les conditions économiques, plus faciles qu’à N’Djaména. Avec l’appui d’ACTED et de l’UNHCR, Zara a réussi à obtenir son acte de naissance. Elle a également bénéficié d’un soutien financier grâce auquel elle compte trouver un logement, développer son commerce, et, à terme, créer sa propre entreprise de transformation de produits agricoles.

Halimé, 67 ans, est parmi les rares qui n’ont pas pris la direction du sud, mais celle d’Abéché. Elle a vécu à Gaoui ces quatre dernières années avec ses filles, où elle vendait des pâtisseries. Du haut de ses 18 ans, Arafa, l’aînée des quatre filles d’Halimé, était coiffeuse à Gaoui. Aujourdh’ui, avec l’appui d’ACTED, la famille pu se réinstaller à Abéché, où l’époux d’Arafa a trouvé un emploi. À Abéché, mère et fille souhaitent développer leur activité professionnelle respective, dans l’espoir d’ouvrir la cafétéria dont elles rêvent ensemble, et laisser ainsi définitivement derrière elles le souvenir de Gaoui.

À 25 ans, Noural a quatre enfants à sa charge. Elle vivait à Bangui avant le début de la guerre civile. À Gaoui, elle vendait de la farine et du riz. Aujourd’hui, elle souhaite rejoindre sa famille à Sarh. Avec l’appui financier d’ACTED, elle espère trouver un logement où élever ses enfants, et développer son commerce pour couvrir les besoins de sa famille. En s’installant à Sarh, Noural espère aussi concrétiser son objectif professionnel : devenir un jour transitaire entre le Cameroun et le Tchad.

 

Ce document couvre les activités d'aide humanitaire mises en œuvre avec l'aide financière de l'Union européenne. Les opinions exprimées ici ne devraient pas être prises pour refléter l'opinion officielle de l'Union européenne et la Commission européenne n'est pas responsable de l'utilisation éventuelle des informations qu'elle contient.