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actualité | 27 Mars 2017 | Somalie | Urgence

Survivre à la sécheresse en Somalie : témoignage

La sécheresse qui persiste en Somalie entraîne des défis croissants sur le plan humanitaire, tandis que les communautés ont du mal à faire face à ses effets dévastateurs. À mesure que la sécheresse s’aggrave et que la saison sèche culmine, les maladies d’origine hydrique deviennent de plus en plus fréquentes en raison du manque d’eau potable, de mauvaises pratiques d’hygiène et du manque d’assainissement. Le nombre de personnes touchées par les maladies hydriques, comme la diarrhée aqueuse aigüe ou le choléra, a augmenté depuis fin de 2016 et continue de croitre.

Depuis plusieurs mois, l’accès à de l’eau potable est devenu un défi de taille pour les familles, et une question de survie. Dans le village de Busle, au nord de Baidoa, Mama Habiba, une femme de 65 ans, raconte qu’elle a souffert de diarrhée aqueuse aigüe durant trois semaines. N’ayant pas de médicaments, elle a dû recourir à des remèdes maison, un mélange de sel et de sucre, qui ne l’a pas soignée. Après trois jours continus de diarrhée, son fils a réussi à trouver une infirmière dans la ville de Baidoa, qui l’a soignée et lui a administré un médicament pour traiter ses symptômes. « J’ai été soignée et la diarrhée s’est arrêtée, mais je n’arrive pas à me lever et à marcher parce que je manque d’énergie », raconte Mama Habiba, assise par terre sur un tapis élimé.

Mama Habiba vit dans une maison avec un toit en paille dont la famille s’est servie pour nourrir les animaux. Pendant cette période d’insécurité alimentaire sévère, le fils unique de Mama Habiba, avec déjà sa famille à charge, n’a pas les moyens de subvenir aux besoins en nourriture et en médicaments de sa mère. Avant, son fils et ses petits-enfants prenaient soin d’elle, et lui apportaient de la nourriture en abondance, produite sur leurs terres. Aujourd’hui, tous tentent de survivre.

La maison de Mama Habiba manque de draps, de couvertures ou d’oreillers. Elle dort dans un lit constitué de baguettes tenues ensemble par des cordes et des peaux d’animaux vieillies. « Ces baguettes ont laissé des marques sur mes côtes et me font tellement mal quand je m’allonge », dit-elle.

En mars 2017, Mama Habiba a été identifiée par les équipes d’ACTED pour bénéficier d’un programme de transfert monétaire inconditionnel. Elle se sent soulagée, et appelle à un soutien urgent pour contrer les effets ravageurs de la sécheresse dans son pays.

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