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actualité | 18 Août 2016 | Tchad | Urgence

Soutenir les siens : témoignages du Tchad, de la pauvreté à l'espoir

ACTED Tchad, 2016

A l'occasion de la journée mondiale de l'aide humanitaire, ce 19 août 2016, ACTED publie des témoignages d'employés de ses missions de par le monde, pour célébrer l'engagement de toutes les femmes et les hommes qui contribuent à soutenir les plus vulnérables en situation de crise. Ci-dessous les témoignages d'Heppa, Degaulle et Léon, employés d'ACTED au Tchad.

Heppa, chef d'équipe de distribution à ACTED Tchad, travaille depuis plus de quatre ans dans l'humanitaire. Voici son histoire :

« Au départ, j’ai toujours rêvé de ressembler à mon père qui a passé presque toute sa carrière dans l’humanitaire. Néanmoins, ce qui a réellement déterminé mon choix, c’est la crise traversée par mon pays, le Tchad, en février 2008. J’ai moi-même été refugiée à Kousseri au Cameroun pendant plusieurs jours. C’est une situation qui m’a touchée et bouleversée. J’ai vécu la souffrance de ne pas être chez soi, de dormir à la pleine lune dans le froid et la poussière, de ne pas avoir à manger ou à boire, de ne pas avoir de quoi se soigner ou se vêtir… Ce qui me motive au quotidien c’est le sourire, la joie qui se lit sur les visages des bénéficiaires après chaque distribution de vivres, même si l’aide fournie est minime. Cette lueur d’espoir qui s’affiche sur les visages m’amène à me dire intérieurement que petit à petit ces personnes pourront se reconstruire, si je continue à être à leur service. Et là je me réveille chaque matin avec toujours plus de forces et d’optimisme. »

Degaulle travaille dans l’humanitaire depuis près de 6 ans au poste de responsable de suivi et évaluation national pour ACTED Tchad.

« Je suis issu d’une famille ayant l’agriculture comme principale source de revenu. J’ai vécu les effets négatifs des mauvaises productions, des catastrophes naturelles... Je sais ce que cela signifie d’avoir faim ! Je connais la faiblesse et le désespoir qui envahissent une personne quand celle-ci a faim. Je m’en voudrais de rester indifférent quand une communauté meurt de faim autour de moi. C’est ça qui m’a poussé à travailler dans l’humanitaire.

Ingénieur de développement rural que je suis, je suis comblé quand j’agis en faveur d’une communauté (dont je fais par ailleurs partie) affectée par une crise alimentaire. Les paroles des bénéficiaires et des chefs traditionnels après réception des distributions de cash ou de vivres menées par ACTED pendant les périodes les plus dures, comme les périodes de soudure, me laissent souvent sans voix. Ce sont des moments forts qui me redonnent la force et le courage de poursuivre ma carrière dans l’humanitaire. L’analyse des situations des zones en crise me motive à consacrer toutes mes connaissances et compétences à réduire les souffrances des personnes en détresse et à préserver leur droit à la vie. »

Léon est chef d’équipe Agriculture, Elevage et Environnement. Il travaille chez ACTED depuis 4 ans.

« J’ai été attiré par le travail humanitaire depuis mon jeune âge car je voulais aider des personnes à lutter contre la pauvreté. Déjà au collège et au lycée, je m’intéressais au travail de jeune volontaire dans ma ville natale, où je travaillais aux cotés des associations d’aide aux personnes vulnérables. Dans ma communauté, beaucoup de personnes vivent sous le poids de la pauvreté. Beaucoup n’arrivent pas à assurer la couverture alimentaire à cause de faible revenu, la sécheresse et le manque de moyens de production agricole.

Ma mémoire retient deux moments forts de ma carrière d’humanitaire avec l’ONG ACTED dans le Batha, au centre du pays. Le premier est en juillet 2013, lorsque j’ai participé à la réalisation des activités de distribution de vivres aux personnes vulnérables affectées par la crise alimentaire. Je me levais tôt et faisais de dizaines de kilomètre en pick-up pour distribuer des vivres aux veuves, enfants et personnes âgées. Je rentrais toujours tard chez moi à la fin des journées de travail mais j’étais si fier d’avoir été utile aux personnes vulnérables, en particulier les femmes et enfants. Et le second est en mai 2015 : j’avais été très touché par le témoignage des bénéficiaires des villages d’Affanine Massalat et Itéchanie qui, en présence de toute l’équipe ACTED, ont témoigné de l’augmentation de leur revenu grâce à l’appui d’ACTED en matériel agricole et de ses programmes de renforcement des capacités dont ils ont bénéficié et dont j’en suis l’animateur et le chef d’équipe. Par la suite, les femmes de ces villages ont esquissé des pas de danse folklorique en guise de reconnaissance à ACTED et ses techniciens agricoles.

Ce qui me motive au quotidien est de continuer à aider les personnes vulnérables dans la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire. Je suis toujours motivé pour un geste, une action en faveur des personnes dans le besoin. »