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actualité | 17 Mars 2017 | Liban | Développement

Des solutions innovantes pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle en milieu urbain

Au Liban, la crise syrienne a un impact important sur la sécurité alimentaire : plus de 1,5 millions de personnes auraient besoin d’une aide alimentaire, d’après les estimations du Lebanon Crisis Response Plan (LCRP). L’aide alimentaire au Liban a déjà été réduite des suites de la baisse des financements et des ressources limitées. Les communautés du gouvernorat du Mont-Liban, ont du mal à se procurer des aliments nutritifs et de qualité, et à accéder à une alimentation diversifiée. ACTED vient en aide aux communautés libanaises et syriennes défavorisées avec deux projets novateurs de promotion de la sécurité alimentaire pour la création de jardins communautaires dans la communauté Ghoberi (district de Baabda) et dans un centre pour enfants et jeunes défavorisés dans le district de Metn.

Des jardins verticaux pour contrer l’insécurité alimentaire dans les zones urbaines

Dans les espaces où il n’y a pas de surfaces agricoles disponibles, les jardins verticaux constituent une solution efficace pour améliorer l’accès des populations urbaines à des aliments frais et à un régime alimentaire diversifié, et améliorer leur autonomie. Le concept de jardin vertical permet de cultiver en milieu urbain à faible coût en tenant compte des contraintes spatiales et de ressources de chaque quartier concerné. La technique consiste à faire pousser des plantes le long des murs si l’espace nécessaire n’est pas disponible au sol. Ces jardins verticaux sont adaptés aux surfaces comme toits, balcons, fenêtres, et les cultures choisies tiennent compte du climat et des choix des habitants. ACTED a conçu des jardins verticaux au domicile de 200 familles et dans huit espaces communautaires, et a organisé des formations pour assurer l’entretien de ces jardins dans la durée.

La grande majorité de la communauté de Ghoberi, un regroupement de villages du district de Baabda, dans le gouvernorat du Mont-Liban, a du mal à s’en sortir avec les dépenses quotidiennes en biens essentiels. ACTED a lancé un projet de création d’un jardin vertical pour améliorer l’accès de la population à des aliments frais, et pour renforcer l’autonomie de la communauté, avec le soutien d’OCHA et en coordination étroite avec les autorités locales pour une intervention plus efficace. S’il a initialement été difficile de trouver un espace adéquat pour installer le jardin, les discussions avec les autorités et les communautés locales ont finalement permis d’identifier le toit du centre de santé publique d’Al Hoda. Après cette première étape, ACTED a organisé une visite dans le quartier dans le but de mettre en place un comité et d’en identifier les membres. Ce comité est chargé de faire le lien avec la communauté, de l’informer sur l’existence du jardin, et d’assurer son bon entretien et une son exploitation durable. Un consultant a ensuite été embauché pour concevoir le jardin, qui réutilise des déchets et des mécanismes innovants de collecte de l’eau de pluie. « Cet espace avait été complètement délaissé, il y avait des déchets partout. Avec ce jardin, cette zone est aujourd’hui beaucoup plus verte, et toute la communauté pourra bénéficier des légumes frais qui y sont cultivés », raconte Hakima.

Grâce au comité et au personnel du centre de santé publique d’Al Hoda, ACTED organise des formations pour la gestion et l’entretien du jardin. Une série d’évènements devrait bientôt être organisée avec la participation de réfugiés et de la communauté d’accueil de la zone, dont l’un sera consacré à la cueillette et au partage des récoltes.

Améliorer les conditions nutritionnelles des jeunes, améliorer la cohésion sociale

ACTED a également apporté son soutien à des enfants et jeunes défavorisés du district de Metn (gouvernorat du Mont-Liban), dans un projet en collaboration avec Le Foyer de la Providence (FPAO) et avec le soutien d’OCHA.

Le Foyer de la Providence est un pensionnat technique gratuit ayant comme mission principale depuis 1964 de soutenir les enfants et les adolescents défavorisés des communautés vulnérables en leur fournissant une éducation et des qualifications techniques. Le Foyer de la Providence s’occupe également depuis 2004 de la réinsertion et de l’éducation des mineurs en conflit avec la loi dans la prison centrale de Roomieh, avec des programmes éducatifs passant par l’art-thérapie, le sport, l’apprentissage technique et académique, ou encore un appui juridique et du conseil pour la réinsertion socioprofessionnelle des jeunes après leur sortie de prison.

Dans le district de Metn, ACTED et le Foyer de la Providence ont ajouté une nouvelle compétence à ces programmes d’apprentissage en créant un jardin communautaire. Grâce à ce jardin, les enfants et les adolescents pensionnaires du foyer auront la possibilité d’avoir chaque jour des aliments frais et de diversifier leur régime alimentaire, tout en apprenant à cultiver.

Lorsqu’ils ont appris que le foyer serait bientôt doté d’un jardin, Ali, 15 ans, et Medhi, 14 ans, deux adolescents libanais qui résident dans le foyer pendant la semaine, sont tous deux très enthousiastes à l’idée d’apprendre quelque chose de nouveau. « Je n’ai jamais cultivé quoi que ce soit avant », dit Medhi, « dans le village de mon grand-père, j’ai déjà vu comment on cultive le coton. J’aime beaucoup voir les plantes fleurir et grandir. Ce que j’aime vraiment, c’est le parfum. Ce jardin sent vraiment bon. »

Une formation au compostage et au rôle des insectes dans l’agriculture seront également organisées. Medhi est passionné par les insectes. Il aime expliquer à quoi sert le compost et combien les vers sont bénéfiques à la terre. Il adore les radis et est heureux de pouvoir en cultiver : « Je suis content qu’on ait ce jardin. J’aime les papillons et les abeilles, j’apprendrai à bien m’occuper du jardin. » Ali se joint alors la conversation. Lui, ce qu’il aime le plus, ce sont les tomates, surtout accompagnées de labne, son fromage préféré. Les garçons discutent de leur idée de cultiver tous leurs légumes préférés, et se réjouissent à l’idée de pouvoir cueillir des légumes frais dans leur propre jardin.

Pascale, la directrice du centre, raconte qu’ils sont impatients de pouvoir augmenter la valeur nutritive de leurs aliments. Des efforts sont déjà déployés pour donner aux enfants et adolescents résidant dans le centre des repas plus équilibrés. « Nous sommes actuellement en mesure de nourrir 30 enfants qui résident ici au centre avec trois repas par jour, plus ceux qui rentrent chez eux ensuite. Pour moi, ce projet est vraiment bénéfique : en termes de satisfaction des besoins alimentaires, mais aussi en termes de thérapie, car il permet d’établir un lien entre les jeunes et la nature ».

Le Foyer de la Providence mobilise aussi l’Université libanaise pour fabriquer du compost qui enrichisse le sol, pour une valeur nutritive améliorée.