Skip to Content

actualité | 27 Janvier 2012 | Côte d'Ivoire | Réhabilitation

Déscolarisation : inquiétude à Abidjan

Des milliers d’enfants ivoiriens sont déscolarisés suite aux pillages et destructions d’écoles, dont une majorité dans la capitale économique Abidjan. Dans un contexte socioéconomique encore très perturbé, ACTED a lancé un appel pour la réhabilitation des infrastructures scolaires afin d’aider les enfants à reprendre le chemin de l’école.

Sur les 224 attaques menées contre des écoles pendant la crise postélectorale en Côte d’Ivoire au début de l’année 2011, plus de la moitié ont eu lieu à Abidjan. Les écoles n’ont en effet pas échappé aux affrontements et ont subi pillages et destructions, causées par des balles perdues, des tirs d’obus ou des incendies. Souvent, dans les zones de fortes tensions, elles ont été occupées par les forces armées, le matériel détérioré et les classes saccagées. Pendant des mois, un grand nombre d’écoles à travers le pays se sont ainsi retrouvées fermées du fait de la crise.

L’UNICEF a mené une évaluation des dégâts école par école dans tout le pays en 2011, ainsi qu’une évaluation des taux de retour des élèves dans les écoles. Ces études soulignent que certaines régions sont toujours très fortement touchées par la déscolarisation ; c’est le cas en particulier de l’ouest du pays et de la ville d’Abidjan où les combats ont été les plus violents. Dans ces zones, les dégâts très importants causés par les affrontements armés et les pillages ont fortement affecté les écoles et retardent encore aujourd’hui la rentrée scolaire, pourtant prévue le 24 octobre dernier : ce sont des milliers d’enfants qui ne vont toujours pas à l’école des mois après la fin des violences.

La pauvreté, cause et conséquence de la déscolarisation

Mais au-delà des dégâts matériels, la cause principale de la déscolarisation, en particulier à Abidjan, reste le manque de moyens financiers. D’après une évaluation récemment réalisée par ACTED à Abidjan, dans les communes de Yopougon, Abobo et Attécoubé très affectées par la crise, plus des deux tiers des ménages affirment ne pas pouvoir couvrir les besoins de base de leur famille pour les six prochains mois. Le contexte socio-économique est en effet encore très perturbé : les habitants ont perdu leurs emplois et leurs petits commerces, les nombreuses victimes de pillages peinent à reconstituer leur stock de nourriture et leur équipement de base et les familles ne peuvent donc faire face aux dépenses scolaires.

Les écoles primaires publiques sont gratuites en Côte d’Ivoire, mais la scolarisation des enfants a néanmoins un coût pour les familles. Les fournitures scolaires sont à la charge des parents, ainsi que l’achat de certains livres, l’obtention de divers documents administratifs payants et de photos d’identités nécessaires à l’inscription, sans oublier le coût de l’uniforme, obligatoire depuis 2011.

Malgré leur vulnérabilité extrême et leur situation précaire, les parents s’inquiètent néanmoins des conséquences de la déscolarisation massive de leurs enfants. Conscients de l’enjeu que représente l’accès à l’éducation primaire, ils sont mobilisés pour permettre à leurs enfants de retourner à l’école dès que possible mais manquent encore des moyens financiers pour le faire.

ACTED souhaite proposer des solutions intégrées pour répondre à l’appel lancé par ces familles : les infrastructures scolaires doivent être réhabilitées, et certaines écoles équipées pour remplacer le matériel volé. Les familles les plus pauvres devront également être aidées pour faire face aux frais scolaires de base. Quelques mois après la crise qui a choqué tour un pays, le retour à la normale passe aujourd’hui également par le retour sur les bancs de l’école de tous les enfants.