Reprise de la pêche dans la Bande de Gaza
Activité ancestrale du vieux port de la ville de Gaza, l’industrie de la pêche tient une place prépondérante dans la Bande de Gaza. Cependant, le secteur a considérablement souffert depuis 2000 et la reprise des combats. La règle interdisant aux bateaux palestiniens de naviguer au delà de cinq kilomètres des côtes et le blocus économique depuis 2007 limitent l’importation des matériels nécessaires à la pêche. ACTED a entamé en novembre 2009 un projet visant à restaurer les moyens de subsistance des pêcheurs, avec le soutien financier de Cités Unies France.
Le camp de réfugiés de la plage de Gaza est un quartier dense, situé entre la ville de Gaza et la mer Méditerranée. Le taux de chômage y est très élevé et les conditions de vie difficiles. Etabli en 1948, le lotissement du camp de la plage devait initialement être temporaire. Aujourd’hui, malgré un coucher de soleil radieux sur la corniche de Gaza, les maisons s’y entassent, s’enchevêtrant dans un labyrinthe de ruelles encombrées de sable, d’ordures et d’eaux usées.
Comme beaucoup d’habitants, Hani Al Amoudi, 51 ans, a toujours été pêcheur. Il n’a toutefois pas connu d’activité constante depuis que son bateau a été endommagé sur une plage rocheuse il y a 20 ans. Alors qu’il nous montre son lieu de résidence, Hani semble dépité. Il soupire et secoue la tête.
« Nous sommes onze personnes à vivre dans une seule pièce ; vous pouvez facilement imaginer nos conditions de vie ». Sa famille est contrainte de partager une petite maison avec les familles de cinq proches. La maison a subi de lourds dégâts lors des récents combats qui ont laissé de larges fissures dans les murs, l’exposant aux vents et aux pluies de l’hiver.
Hani explique que la situation du secteur de la pêche n’a fait qu’empirer depuis le blocus économique en 2007. « Depuis que le blocus a commencé et que les zones de pêche ont été réduites à 5 kilomètres, contre 20 kilomètres précédemment, l’activité est devenue tellement précaire que certains jours je ne peux pas nourrir ma famille. » Il a cherché du travail dans d’autres domaines, en vain. « Lorsque j’ai entendu qu’ACTED voulait soutenir la réparation de mon bateau, endommagé depuis 20 ans », nous raconte-t-il, « j’étais heureux ».
Sur le rivage, Hani marche en direction de son vieux bateau. Il est l’un des 35 propriétaires de bateaux pauvres dont l’embarcation est en cours de réparation par ACTED. Par ailleurs, dans le cadre de ce projet, 120 pêcheurs au chômage sont embauchés pour aider aux réparations et 800 autres pêcheurs recevront des filets de pêche neufs ou réparés.
Le modeste bateau de Hani reste rudimentaire, fait de bois et de fibre de verre. Mais avec les matériaux fournis et la participation des travailleurs, il ne reste plus aujourd’hui qu’à apposer quelques touches finales avant que le pêcheur ne puisse reprendre la mer. « C’est le soutien le plus important dont j’ai jamais bénéficié. Je vais désormais retourner pêcher afin de nourrir mes enfants. Après des années de tristesse, je veux les rendre heureux et leur offrir une vie décente».
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