Rep. Congo
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Entre urgence et développement
Pays à revenus moyens, la République du Congo fait cependant face à de multiples enjeux humanitaires, nécessitant à la fois des actions d’urgence de couverture des besoins vitaux dans les zones accueillant des réfugiés de la République Démocratique du Congo, des programmes de réhabilitation post-guerre civile et des projets de développement de long terme. En 2010, ACTED Congo est intervenue pour répondre à ces divers besoins, apportant un soutien à plus de 39 000 personnes.
La réponse à l’urgence suite aux déplacements de populations
Depuis les violents conflits ethniques qui se sont déroulés à partir de septembre 2009 dans la province de l’Equateur en RDC, à la frontière de la République du Congo, l’afflux de réfugiés n’a pas cessé et leur nombre s’élève à plus de 116 000 (selon le recensement de décembre 2010). Les réfugiés, arrivés massivement en l’espace de 3 mois, n’ont pas accès aux terres ni aux ressources de la pêche. Ils manquent donc de vivres, mais leur présence exerce également une pression importante sur la population, et notamment sur les familles d’accueil qui doivent partager leur ration quotidienne avec les réfugiés, sur l’accès limité à l’eau propre, et sur les terres arables disponibles.
ACTED a couvert les besoins en biens non-alimentaires, vivres et accès à l’eau pour les réfugiés de la zone cible, soit environ 36 000 personnes. Cette intervention d’urgence a été combinée à une action de responsabilisation des populations cibles (participation à la construction des hangars de distribution, constitution de comités représentatifs, apport partiel d’agrégats) afin de différencier une action de couverture des besoins vitaux, au cœur de l’approche d’ACTED, d’une intervention d’assistanat.
Le soutien au développement communautaire et à la gouvernance locale
En parallèle de ses interventions d’urgence, ACTED a poursuivi ses programmes de développement dans le sud du pays. Depuis le début des conflits en 1997, ACTED a maintenu une présence dans le Pool avec une base à Mindouli, région particulièrement touchée par les conflits et encore instable aujourd’hui.
En janvier 2010, ACTED a commencé un projet de deux ans visant à améliorer la gouvernance locale d’une manière participative et inclusive et à augmenter les revenus dérivés des activités de production agricole, contribuant ainsi à l’amélioration des conditions de vie dans la zone cible. A la fin 2010, le projet a permis le renforcement de 50 organisations communautaires et la rédaction de plans de développement communautaires, ainsi que la formation et l’équipement de 40 groupements agricoles, 20 parcelles de démonstration et 7 fermes semencières. En parallèle, ACTED a aussi mené des projets d’amélioration de l’accès à l’eau.
Dans le cadre de ces programmes, ACTED renforce les capacités des populations cibles, faisant de ses bénéficiaires des partenaires dans la mise en œuvre du projet (élection de comités représentatifs, définition communautaire participative des besoins, mise en place de plateformes de discussion, formation à l’accès au microcrédit) afin de donner une autonomie plus importante aux initiatives de développement dans la zone.
Le renforcement des ONGs locales et le maintien d’une intervention allant de l’urgence au développement
ACTED poursuit ses interventions d’urgence au nord, notamment en eau, hygiène et assainissement et distribution générale de vivres, et de développement au Sud. Deux nouveaux programmes lancés en zone urbaine (Brazzaville et Pointe Noire), visent d'une part une réponse d’urgence à l’épidémie de poliomyélite ayant touché le pays fin 2010, l’autre à sensibiliser la population et les autorités au phénomène migratoire et à appuyer la réinsertion professionnelle des migrants retournés. ACTED participe également au développement du pays en mettant en œuvre des projets de réhabilitation et construction d’infrastructures de grande échelle.
En parallèle, ACTED développe des projets de gouvernance et de protection de l’environnement, thématique centrale au Congo, où le secteur forestier représente 5,6 % du PIB et est le plus grand pourvoyeur d’emplois en dehors des zones urbaines. Ces projets visent à soutenir le processus de certification du bois congolais tout en assurant le respect des droits des populations locales, notamment semi-nomades.
Enfin, ACTED continue ses actions de renforcement des ONG congolaises, par la multiplication des partenariats locaux, la consolidation des capacités de suivi programmatique et technique des projets et des formations sur les procédures financières et logistiques. Ce volet permet d’améliorer les programmes proposés par les acteurs congolais pour les populations congolaises.









