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actualité | 29 Mai 2017 | Irak | Urgence

Renforcer la résilience des agriculteurs grâce à une agriculture durable

En Irak, plus de 3 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire. Quand le combat devient trop intense et que rester dans leur maison est trop risqué, les femmes et les enfants ont souvent qu’une seule option, fuir vers un lieu plus sûr, où ils peuvent recevoir de l’aide. En effet, au lendemain du déplacement, recevoir des rations alimentaires, le plus souvent prêtes à manger, est une priorité. Cependant, ce dont les personnes touchées ont besoin, c’est de la restauration de leurs moyens de subsistance, particulièrement quand ils peuvent rentrer chez eux, et qu’ils ont une famille à s’occuper. C’est pourquoi ACTED, avec le soutien financier de la Fondation Carrefour aide 80 fermiers à Diyala en renforçant leur expertise agricole et leur résilience.

La sécurité alimentaire demeure l’un des besoins les plus importants pour les populations retournées à Diyala

Le gouvernorat de Diyala, situé au centre-est de l’Irak, abrite un nombre élevé de retournés – le terme technique utilisé par la communauté humanitaire pour désigner des personnes qui étaient auparavant déplacés à l’intérieur de leur pays et récemment revenus chez eux. Rentrer chez soi n’est pas chose facile : lorsqu’ils fuient, ces personnes doivent interrompre leurs activités génératrices de revenus, et donc devenir extrêmement vulnérables et dépendants de l’aide.

Avant le conflit, beaucoup de personnes à Diyala se sont appuyées sur l’agriculture comme principale source de revenus. En effet, dans cette région, la capacité agricole est traditionnellement élevée, avec de l’orge, du blé, des concombres, des tomates et d’autres cultures qui poussent naturellement.

Cependant, le conflit a profondément affecté le secteur agricole : les terres sont endommagées, les cycles de culture et les systèmes d’irrigation ont été perturbés, la disponibilité du matériel agricole a baissé, et la plupart des machines et outils sont endommagés. En raison de la destruction des infrastructures rurales et de la réduction de la productivité de la terre, le revenu des agriculteurs a diminué, parfois jusqu’à 50%, et ils font face à l’insécurité alimentaire.

Un pas en avant : le principe des écoles pratiques d’agriculture de terrain

Afin d’aider les personnes vulnérables à Diyala à rétablir et à restaurer la sécurité pour elles et leur famille, ACTED fournit des opportunités de moyens de subsistance à 80 agriculteurs et à leur famille dans le district de Khanaqin dans le cadre du principe des écoles pratiques d’agriculture de terrain. Les agriculteurs reçoivent du matériel agricole qu’ils cultivent avant le déplacement, comme des semences de concombre, de tomate, de niébé, d’aubergine et de pastèque et reçoivent une formation sur des plantes et des récoltes durables et productives.

Dans le cadre de l’approche des écoles pratiques d’agriculture de terrain, les agriculteurs travaillent ensemble dans un jardin partagé de démonstration, où ils prennent part à des démonstrations participatives sur l’utilisation des semences et des engrais naturels, et de connaitre les techniques agricoles respectueuses de l’environnement. En fournissant une formation pratique et une supervision régulière ce principe d’école pratique d’agriculture de terrain a la valeur ajoutée d’enseigner aux agriculteurs de nouvelles techniques agricoles respectueuses de l’environnement, qui a leur tour garantissent que les terres sont utilisées de manière durable. À la suite de projet, non seulement les agriculteurs rétablissent la sécurité alimentaire à court terme pour eux-mêmes et leur famille, mais ils deviennent aussi autosuffisant à long terme.

Amélioration de la consommation alimentaire et des ventes d’excédent pour 80 agriculteurs

Comme l’a souligné Qasim, le responsable du projet, « les agriculteurs ont montré un véritable intérêt et une passion dans le projet et s’engagent à apprendre autant qu’ils le peuvent sur les techniques de culture durable. Depuis le début de la formation, leur connaissance de l’agriculture, des engrais et des pesticides a augmenté et ils ont appliqué tout ce qu’ils ont appris ».

Le succès de ce projet repose sur le fait qu’il s’appuie sur la demande de cultures produites localement pour créer des possibilités de moyens de subsistance durables pour les agriculteurs dans un district où la capacité agricole reste élevée même après le conflit. La formation et la possibilité de pratiquer ce qu’ils ont appris dans le jardin de démonstration ont été extrêmement bénéfiques pour les agriculteurs et leur permet de récupérer des moyens de subsistance. En cultivant un large éventail de cultures, les familles peuvent non seulement répondre aux besoins alimentaires de leurs familles tout en assurant une diversité alimentaire, mais aussi vendre l’excédent sur les marchés locaux, restaurant ainsi leurs sources de revenu et améliorant leur autosuffisance.

Malgré les difficultés rencontrées par les personnes qui retournent chez eux après un déplacement grâce à la mise en œuvre de projets comme celui-ci, ACTED facilite la réhabilitation et s’assure de pouvoir la fournir sur le long-terme.