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actualité | 31 Janvier 2017 | Sénégal |

Renforcer la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sénégal

Des initiatives déjà en marche : carré maraîcher au sein de l'école élémentaire de Ranérou, Matam - ACTED Sénégal, 2017

Marie-Elodie, Volontaire de l'aide de l'Union européenne avec ACTED au Sénégal depuis décembre 2016, est en charge de projets de sécurité alimentaire. Elle témoigne de la situation alimentaire et nutritionnelle dans la région de Matam et de solutions mises en place par ACETD pour y faire face.

Une insécurité alimentaire chronique dans la région de Matam

Le Sénégal fait face à une crise nutritionnelle avérée depuis 2012, caractérisée par des vulnérabilités chroniques et des risques saisonniers. Parmi les régions les plus touchées, on retrouve Matam, située dans le nord-est du pays, où les taux de malnutrition aigüe dépassent régulièrement le seuil d’alerte. C’est pourquoi ACTED intervient régulièrement dans la zone depuis 2014, afin de mettre en place des filets sociaux saisonniers, permettant aux ménages les plus vulnérables de combler leurs besoins alimentaires de base pendant la période de soudure. Cette période, s’étendant généralement de juin à septembre, est en effet particulièrement difficile pour ces ménages qui ont épuisé leurs stocks issus de la récolte précédente mais n’ont pas encore accès aux produits de la suivante. Afin de diminuer leur dépendance de cet appui saisonnier, ACTED, grâce au financement du Fonds Fiduciaire d’Urgence de l’Union Européenne, est sur le point de lancer un projet de renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages très pauvres de la région de Matam.

Lier agriculture et nutrition

Ce projet concernera plus précisément les zones du Diéri et du Ferlo, les plus éloignées du fleuve Sénégal, où les populations sont très vulnérables, et où l’accès aux services et aux marchés est particulièrement difficile.

ACTED va y développer un réseau d’Agents Prestataires de Services (APS) dont le rôle est de fournir du matériel agricole de qualité, fortement subventionné, à proximité des lieux de vie des agriculteurs. Cette activité sera complétée par des formations sur les bonnes pratiques culturales et de maraîchage. Des initiatives villageoises augmentant la disponibilité en aliments nutritifs seront aussi appuyées et le développement du petit maraîchage de case renforcera la diversité alimentaire des ménages très pauvres et la disponibilité en nourriture, hors saison agricole. De plus, des actions de sensibilisations en nutrition, visant particulièrement les acteurs agricoles, devraient permettre le développement des projets d’agriculture à portée nutritionnelle.

Se concerter pour mieux avancer

Un des principaux défis pour la bonne mise en œuvre de ce projet sera la mobilisation et une communication efficace de la part des différents acteurs de la sécurité alimentaire et nutritionnelle de la zone. En effet, de nombreux projets sont en cours dans la région et il est essentiel de pouvoir échanger sur les expériences respectives pour se renforcer mutuellement, d’identifier les possibilités de synergie entre programmes et de réfléchir ensemble sur les thématiques liées à la sécurité alimentaires. Ceci commence dès à présent, avant même le début des activités, en rencontrant les acteurs étatiques, les services techniques, les chefs de projets ou programmes des ONG et organisations internationales présents dans la zone.