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actualité | 22 Avril 2014 | Yémen | Développement

Raviver l’esprit de coopérative pour contrer le cercle vicieux de la pauvreté

Cooperative dans le gouvernorat de Raymah, au Yémen.

L’agriculture est un secteur clé dans les régions d’intervention d’ACTED, où la sécurité alimentaire de beaucoup de gens dépend de la production et de la vente des récoltes. Les coopératives agricoles jouent un rôle crucial : elles permettent aux fermiers d’accéder à des services pour développer leurs compétences et renforcer leur capacité de production. En consolidant les capacités des coopératives agricoles, les équipes d’ACTED renforcent le soutien qu’elles apportent aux fermiers.

La catastrophe de la mineuse de tomate

Il y a 10 ans, une catastrophe s’est abattue sur Hodeidah, dans le district de Zabid : un insecte parasite a ravagé la récolte de tomate de l’année, sur laquelle les fermiers locaux comptent énormément. Au même moment, des pluies violentes et des inondations ont dévasté les sols, le bétail, les maisons, laissant les familles sans ressources.

A l’époque, les communautés ont travaillé ensemble pour reconstruire les maisons, et ont perçu une aide monétaire d’urgence du gouvernement. Mais les fermiers n’avaient droit à aucun soutien spécifique. Comme beaucoup d’autres mis à mal par de telles catastrophes (qui se reproduisent souvent chaque année), ces fermiers sont piégés à long terme sur une pente économique descendante qu’ils peinent depuis à remonter.

Pour les fermiers, un revenu moindre signifie moins de semences à planter pour la saison suivante, donc des récoltes moins importantes, un revenu encore plus bas l’année suivante, et ainsi de suite… Les équipes d’ACTED ont fourni des semis aux fermiers vulnérables pour les aider à briser ce cercle vicieux, tout en renforçant les capacités des coopératives agricoles locales, avec le soutien d’USAID/OFDA. En effet, ces coopératives aident à réduire l’impact de tels désastres avec leurs services de sensibilisation et de diffusion d’informations.

Raviver les coopératives

Au début de l’intervention, les équipes d’ACTED ont noté que le manque de ressources des coopératives et le manque de connaissances de leurs employés limitaient énormément les services mis à disposition de leurs membres. Les coopératives avaient par conséquent un taux très bas de participation locale.

Toutes les coopératives participantes au projet étaient donc impatientes d’identifier des moyens de mieux servir leurs communautés : elles souhaitent fonctionner comme des associations locales, et s’appuyer sur des membres actifs et vraiment impliqués. En échange d’un paiement mensuel symbolique, les membres pourront obtenir de l’aide tout au long du processus de production agricole, de l’élevage de leur bétail, et pourront participer à des formations professionnelles, notamment les femmes.

Encourager l’implication des femmes dans les coopératives

Tirant parti de la motivation des 6 coopératives participantes, ACTED a mis en place plusieurs programmes pour les aider à se renforcer. De nombreux membres des coopératives ont participé aux formations, dont beaucoup de femmes, indice de succès dans un contexte où les femmes ne participent pas habituellement à des activités similaires. Dans certains cours, il y avait même plus de femmes que d’hommes.

Pour encourager les coopératives à impliquer plus de femmes dans leur travail, les équipes d’ACTED sont entrées en contact avec le ministère yéménite en charge des formations professionnelles pour les femmes. Après avoir discuté avec les coopératives locales, un partenariat a été mis en place pour que les femmes puissent suivre des formations professionnelles.

Enfin, pour s’assurer que les coopératives maintiennent leurs efforts sur le long terme, des prêts de chacun 1500$ permettront aux coopératives de continuer de développer leurs capacités, et de prouver aux communautés locales les bénéfices de leurs services.

Un niveau d’initiative renforcé

L’esprit de coopérative a bien été ravivé depuis le début du projet : les employés des coopératives prennent désormais beaucoup plus d’initiatives. Depuis la fin des formations, chaque coopérative a adopté une stratégie pour atteindre et soutenir non seulement les fermiers mais aussi les femmes, via des formations professionnelles (dans l’artisanat par exemple). Plus d’opportunités d’emploi pour les femmes et d’autres personnes vulnérables, cela veut aussi dire une diversification de l’économie locale, et donc une augmentation des revenus locaux.

Pour ne pas être considérées seulement comme des coopératives agricoles et mettre en avant leur aspect communautaire, certaines coopératives ont même modifié leurs noms. Et ça ne s’arrête pas là. De leur propre initiative, chacune des 6 coopératives s’est récemment adressée à ACTED pour mettre en place des stratégies de développement de leurs moyens de subsistance, de l’élevage de lapins à la transformation des pommes de terre.

C’est bon signe pour l’avenir des activités génératrices de revenus soutenues par ces coopératives, et d’autres types de programmes sont à venir. Le prochain dans l’agenda est celui proposé par une coopérative du gouvernorat d’Hodeidah : des formations d’alphabétisation pour que ses employés, membres, et formateurs soient mieux qualifiés.