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actualité | 30 Novembre 2012 | | Emergency

Les déracinés d'Al-Za'atari

Orange est la couleur du camp de Al-Za’atari : dans une chaleur étouffante, le vent léger mais constant souffle dans le désert et balaie la poussière partout dans le camp et dans les tentes. Pour les résidents du camp, la poussière et la chaleur sont des problèmes majeurs qui rendent les conditions de vie difficiles. « Le sable recouvre nos tentes, nos vêtements et nos corps tout le temps, » explique Khaled, un refugié syrien à Al-Za’atari, en nous montrant sa chemise orange pleine de poussière. La femme de Khaled rajoute que plusieurs de ses enfants souffrent de difficultés respiratoires, d’asthme et d’allergies du fait de la poussière.

Les camps sont surpeuplés et l’ambiance est tendue. Selon Ludovic, responsable de projet, la première image qui vient à l’esprit est « la poussière, omniprésente et suffocante. Les conditions de vie sont rudes, non pas seulement du fait que le camp se trouve au milieu du désert jordanien, mais parce que les familles vivent dans des conditions exiguës. »

« Nous ne pouvons pas quitter le camp et nous ne pouvons pas acheter les produits de base sur les marchés locaux, » explique Umm Ahmad, partie de Dera’a, dans le sud de la Syrie, avec ses 11 enfants. « Nos enfants ne peuvent pas aller à l’école et nous ne pouvons pas travailler. C’est une situation extrêmement frustrante. Nous sommes coupés du monde extérieur et nous n’avons aucun moyen de savoir ce qui se passe dans notre pays d’origine. »

Le problème majeur est le manque de place pour accueillir ceux qui veulent quitter leur logement envahi par la poussière. Ces conditions de vie difficiles créent des frustrations significatives et les manifestations font partie de la vie quotidienne du camp.

Nasra est arrivée d’une région pauvre de Syrie il y a une semaine avec cinq de ses quinze enfants. Elle se dit contente d’être à l’abri des violences et d’avoir accès à l’eau et à la nourriture ou encore à des produits ménagers de base. Beaucoup de refugiés comme Nasra sont soulagés par le soutien apporté par les ONG, même si de nombreux besoins n’ont toujours pas pu être satisfaits. L’urgence demeure quant à l’amélioration des conditions de vie et le retour à la liberté aux refugiés. Afin de protéger les déplacés des conditions climatiques difficiles pendant les mois d’hiver, des abris préfabriqués seront mis à la disposition des réfugiés dans la mesure du possible. Les refugiés reçoivent chaque jour de l’eau et de la nourriture, mais il leur manque encore un bien non alimentaire essentiel : la liberté.