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actualité | 13 Avril 2010 | Centrafrique | Développement

Réouverture de route dans l’ouest de la RCA : les espoirs de toute une région enclavée

@ ACTED 2010

Le 27 janvier 2010 s’est tenue la cérémonie de lancement du projet mené par ACTED, en partenariat avec l’ONG CRS, en présence des autorités centrafricaines et de l’ambassadeur des Etats Unis, et des représentants d’USAID, témoignant de l’importance de la réouverture de la route régionale n°8 pour la population et l’économie de la région. La réouverture de cette route a en effet des enjeux considérables : il s’agit de permettre à nouveau la circulation des personnes et des véhicules sur un axe routier de 145 kilomètres, reliant Bossangoa à Bozoum, les deux chefs-lieux de l’Ouham et de l’Ouham Pendé, qui sont les deux préfectures les plus peuplées du pays, après la ville de Bangui.

Entretenue pour la dernière fois en 1988, la route régionale n°8 entre Bozoum et Bossangoa constituait un axe commercial majeur : elle permettait, depuis cette zone considérée comme le « grenier à blé » de la Centrafrique, l’écoulement des produits de la culture du coton ou des grandes cultures vivrières (manioc, arachides, sorgho) vers le reste du pays, mais aussi vers le Cameroun et le Tchad.

Les troubles politiques et sécuritaires qui ont touché le pays au cours des deux dernières décennies, et particulièrement les régions du Nord, ont conduit à un affaiblissement de l’Etat et à enclavement de la zone située entre Bozoum et Bossangoa. Cette dégradation de la situation sécuritaire, et donc de la route, a eu pour conséquence une dégradation des conditions de vie des populations, et l’abandon et la déliquescence progressive des infrastructures communautaires (greniers, écoles et centres de santé détruits, forages et puits non entretenus).

L’enclavement de la zone a favorisé la présence de groupes « zaraguinas » (bandes armées de coupeurs de route) et des braconniers, obligeant les populations de la zone à fuir en brousse. A la faveur d’une stabilisation de la zone, où la population s’est organisée afin de pouvoir faire face aux différents groupes armés, la réhabilitation de la route avec la méthode HIMO (Haute Intensité de Main d’œuvre consistant à rémunérer, sur un principe de rotation, les personnes issues des villages situés le long de l’axe), permettra donc de désenclaver et de favoriser l’ouverture économique de la zone.

Au terme du projet, qui verra la réhabilitation de 137 kilomètres de piste et de 44 ponts et dalots, l’accessibilité de la route sera garantie toute l’année pour les camions jusqu’à 12 tonnes, et elle facilitera l’écoulement des productions locales et l’importation de produits dans les marchés des villages. Le projet permettra ainsi de désenclaver la zone et d’ouvrir l’espace humanitaire aux ONG, qui pourront accéder et répondre aux besoins essentiels des quelques 13 000 personnes vivant le long de la route.

Un partenariat ACTED / Catholic Relief Service (CRS)

Le projet est mis en œuvre conjointement par ACTED (conduite des études techniques et réalisation de la mise en œuvre de la réhabilitation) et l’ONG Catholic Relief Service (chargé des activités de sensibilisation sur la préservation de la faune et de la flore, et des activités de mitigation environnementale).