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actualité | 10 Mars 2016 | Tchad | Développement

Promouvoir l’autonomisation des agricultrices au Tchad

@ACTED Tchad / 2016 - Formation pour transformer les aliments en nouveaux produits.

Mariam est une agricultrice de 40 ans vivant à Chorane. Elle veille sur son foyer grâce à sa production de céréales et à ses quelques chèvres, autrefois suffisant pour subvenir aux besoins quotidiens de la famille. Cependant, depuis une dizaine d’années, la production domestique ne suffit plus, pour Mariam comme pour de nombreuses autres agricultrices au Tchad.

Trouver des alternatives dans un environnement changeant

De fait, au cours des dix dernières années, le rendement de ses parcelles de terre a diminué, en raison de l’irrégularité des précipitations d’une part et la multiplication des parasites ravageant ses cultures d’autre part. Mariam a donc dû lutter pour nourrir sa famille, et a été forcée de vendre ses stocks pour avoir un peu d’argent. Pour avoir de la nourriture, son mari quitte le foyer six mois chaque année pour aller moissonner dans des régions moins affectées par les sécheresses récurrentes. Il reçoit un paiement en nature pour son travail, et, les moissons terminées, retourne alors dans leur village avec quelques sacs de céréales servant à nourrir la famille jusqu’à la prochaine moisson.

« Avant, j’arrivais à constituer des réserves pour les périodes de sécheresse », raconte Mariam, « mais ces solutions d’urgence sont devenues une habitude, et aujourd’hui mes réserves sont vides ».

Des formations pour plus d’indépendance, résilience et sécurité alimentaire

Beaucoup de femmes ont du mal à faire face à la saison maigre, toujours plus longue, et dépendent de crédits alimentaires. Pour contrer cette situation, ACTED a commencé à développer des activités pour renforcer les moyens de subsistance de ces femmes en encourageant la création d’activités génératrices de revenus. Des femmes comme Mariam sont formées à transformer des produits locaux en de nouveaux plats, comme des beignets, de la viande séchée ou des jus de fruits, pour pouvoir les vendre sur les marchés locaux. ACTED a également organisé des formations aux techniques de marketing et de comptabilité, pour permettre à ces femmes d’être plus indépendantes et de s’assurer des repas quotidiens sur le long terme.

« Grâce à ACTED, maintenant ma famille peut faire trois repas par jour », explique Mariam.

Le fait que les femmes se soient organisées en groupes leur a permis de collaborer pour faire face aux difficultés, preuve d’une résilience accrue dans cet environnement changeant.

Depuis 2014, ACTED a soutenu 40 organisations de femmes à Oum Hadjer et Ngouri, dont les près de 800 membres sont des femmes vulnérables affectées par les périodes de soudure et la crise alimentaire et nutritionnelle au Sahel.