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actualité | 08 Mars 2011 | Cambodge | Développement

Prévention VIH : c'est parti

Une travailleuse du sexe reçoit un traitement contre sa MST

Le panneau à l’entrée indique que l’on y fait des massages, mais derrière le miroir se cachent en réalité des activités liées à la prostitution. On estimait en 2010 que plus de 22 000 femmes de Phnom Penh étaient employées directement ou indirectement dans l’industrie du sexe. Ce chiffre n’a cessé de croître, tout comme le risque de transmission de maladies sexuellement transmissibles (MST), et la menace du VIH.

L’équipe médicale mobile ACTED-PSF s’apprête à examiner les employées d’un bar à karaoké, et leur distribuer des préservatifs et autres outils de prévention dans établissement de divertissement coopérant.ACTED-PSF et d’autres organisations ont beaucoup accompli au cours de la dernière décennie dans la réduction de la transmission du VIH au Cambodge. Pourtant, de nombreuses femmes s’établissent dans les villes à la recherche d’un travail, mais de plus en plus d’entre elles sont attirées par les salaires élevés de l’industrie du divertissement.

Ces établissements peuvent ressembler à des salles de karaoké, des bars ou des salons de massage, mais ils ne sont qu’une vitrine pour des transactions sexuelles. La croissance de ce marché est un réel danger, aggravé par le manque d’éducation sexuelle auprès du grand public et le manque de connaissances sur l’accès aux services de soins. Le taux de prévalence des MST est supérieur à 27 % parmi les travailleuses du sexe, et la lutte contre la propagation du VIH demeure encore un réel défi dans le pays. Si des mécanismes de prévention ne sont pas mis en place rapidement, le pays pourrait faire face à une nouvelle épidémie du VIH.

Des services d’éducation et de consultation

Un travailleur social d’ACTED-PSF promeuvent l’utilisation des préservatifs auprès des travailleuses du divertissement.Des informations simples mais essentielles peuvent avoir un impact positif sur la vie de ces femmes vulnérables. Une des employées explique la valeur ajoutée des services d’ACTED-PSF à l’occasion d’une visite mobile dans un bar à karaoké de Phnom Penh :

« Si ces visites venaient à être supprimées, ce serait une très mauvaise nouvelle. Les consultations sont très importantes pour mes amies et moi. Nous sommes reconnaissantes pour les préservatifs distribués, et quand j’ai eu une MST, ACTED-PSF m’a reçu en consultation, a fait un diagnostic et m’a prescrit des médicaments qui m’ont aidée à guérir. On m’a même envoyée dans une autre clinique pour une session de conseil et de dépistage confidentiels et volontaires, où j’ai bénéficié d’un dépistage du VIH. »

Les équipes mobiles d’ACTED-PSF, composées de personnel médical et de travailleurs sociaux, sont mobilisées sur le terrain auprès des travailleuses du sexe de Phnom Penh pour leur apporter des conseils, les sensibiliser aux risques, et leur proposer des consultations. Afin d’atteindre ces femmes, les travailleurs sociaux entrent en contact avec les propriétaires des établissements, et font des visites régulières. Le volet social de l’activité vient combler le manque d’informations auquel étaient confrontées ces femmes sans véritables connaissances des manières de se protéger. ACTED-PSF travaille de cette façon avec plus de 250 établissements à travers la ville.