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actualité | 16 Mars 2017 | Myanmar | Urgence

Préserver la mangrove pour réduire les risques de catastrophes

Les équipes MAP et ACTED enseignent à la communauté locale de construire une clôture qui empêchera le bétail de manger de jeunes pousses de mangrove - ACTED Myanmar, 2017

Le Myanmar, et notamment l’État d’Arakan, fait partie des régions les plus touchées par les catastrophes naturelles dans le monde en termes de fréquence, d’ampleur et de gravité, et est particulièrement affecté par les cyclones tropicaux et les inondations. En 2015, le cyclone Komen a touché le nord de l’État d’Arakan, entraînant des inondations et des glissements de terrain d’ampleur exceptionnelle, aggravant ainsi l’impact des inondations habituellement causées par la mousson. Problèmes de développement, conflits récurrents et faible capacité de résilience contribuent en plus à rendre la population de l’État d’Arakan extrêmement vulnérable aux changements des régimes climatiques, et souvent mal préparée à absorber les impacts des catastrophes. Le renforcement de la résilience des populations face aux catastrophes naturelles est ainsi l’une des priorités d’ACTED au Myanmar.

Une méthode pour atténuer les risques de catastrophes naturelles est de préserver l’écosystème des mangroves et d’en assurer la régénération. La mangrove constitue une protection essentielle contre les effets des aléas naturels et de l’érosion, faisant office de tampon contre les vents forts, les tempêtes et les tsunamis. Au-delà de ce rôle de protection, la mangrove abrite des dizaines d’espèces de poissons, d’oiseaux et de petits animaux, en plus d’être une source de nourriture et de moyens de subsistance pour les pêcheurs et les communautés locales.

L’État d’Arakan fait cependant face à des défis importants en matière de conservation de la mangrove. Les forêts de mangrove ne sont pas protégées juridiquement et sont souvent exploitées par les communautés locales pour le bois de chauffage et pour nourrir le bétail, entraînant la dégradation de cet écosystème. En effet, selon une étude menée en novembre 2015 par REACH, partenaire d’ACTED, la densité de la mangrove a diminué de 23% entre 2000 et 2015 dans l’ensemble de l’État d’Arakan. En conséquence, la vulnérabilité des communautés locales augmente.

Informer sur les techniques de régénération de la mangrove et la réduction des risques de catastrophes

Compte tenu du contexte actuel dans la capitale de l’État d’Arakan, Sittwe, et afin de former les communautés locales et les organisations communautaires sur la nécessité de préserver la mangrove, ACTED et son partenaire Mangrove Action Project (MAP) ont organisé des formations CBEMR (Community-Based Ecological Mangrove Restoration) pour la régénération écologique de la mangrove à impulsion communautaire. Le CBEMR est une technique alternative de restauration de la mangrove qui consiste à encourager les communautés locales à favoriser sa régénération naturelle en rétablissant et en améliorant l’hydrologie et la topographie locales. Représentants des autorités locales, d’organisations non-gouvernementales locales et d’organisations de la société civile ont participé à ces formations et à la restauration de deux parcelles de démonstration pour mettre en pratique l’apprentissage des formations.

Ces parcelles de formation et de démonstration du CBEMR ont été mises en place dans le cadre d’un projet en cours d’ACTED en partenariat avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à Sittwe. Ce programme d’amélioration de la gestion des catastrophes et de la résilience dans l’État d’Arakan attache une importance particulière à la gestion des risques de catastrophe, à la résilience et au rôle important de la mangrove dans l’atténuation des catastrophes naturelles.