La pêche, qu’il pleuve, vente ou neige
A la suite des fêtes à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement début juin, ACTED suit de près l’impact du changement climatique sur les moyens de subsistance des pêcheurs qui participent aux projets à Niass.
Le vaste archipel indonésien de plus de 17 000 îles s’étend sur 5000 kilomètres d’Est en Ouest, avec une biodiversité des plus riches. L’impact du changement climatique en Indonésie ne concerne pas que ses populations, sa flore et sa faune, mais également l’ensemble de l’Asie du Sud-Est et le monde entier, au vu de l’impact potentiel du pays sur les ressources communes telles que l’air et les océans. Dans les prochaines décennies, l’Indonésie va faire face aux conséquences du changement climatique, mais aura également l’opportunité de contribuer à l’anticipation et l’adaptation à l’impact de ce changement climatique au travers des choix en matière de reforestation, de conservation maritime et de politique environnementale. Depuis le début des interventions d’ACTED en Indonésie en 2005, on note en effet de nets changements dans les niveaux de précipitations, les cycles saisonniers, avec plusieurs épisodes climatiques extrêmes. Les communautés ayant bénéficié des programmes d’urgence post-tsunami d’ACTED (et où l’heure est aux problématiques de développement) font face aux conséquences du changement climatique aussi bien sur leur environnement de vie que sur leurs moyens de subsistance.
2 ou 3 heures pour atteindre les zones de pêche
L’océan est particulièrement vulnérable aux changements environnementaux et naturels, avec une menace directe pour les pêcheurs vivant sur les côtes des zones d’intervention d’ACTED de l’île de Niass qui risquent de perdre les moyens de subvenir à leurs besoins, si ce n’est plus. Selon Amrin, un membre d’un groupe d’entraide (GEA) formé et assisté dans le cadre du projet post-séisme de recouvrement des moyens de subsistance, les pêcheurs pouvaient « facilement lire la mer jusque là. De janvier à juin, la météo permettait d’aller en mer, et de juillet à décembre, c’était la saison orageuse. Maintenant, les orages peuvent survenir à tout moment et il n’y a plus de saisons. » Atteindre les zones de pêche de choix de l’Océan Indien autour de Niass nécessite actuellement en moyenne deux à trois heures de voyage avec un bateau à moteur. Auparavant, les pêcheurs pouvaient utiliser leurs barques traditionnelles pour prendre le large, mais aujourd’hui ils n’osent plus défier la météo avec ces frêles embarcations. Les pêcheurs qui le peuvent s’offrent des moteurs pour réduire le temps de retour à la côte en cas d’orage puissant et imprévisible, de plus en plus fréquents.
Les profits vont au fonds de développement du village
Lors de la première phase du projet de recouvrement des moyens de subsistance, ACTED a fourni 100 bateaux adaptés à la pêche en haute mer dans les conditions actuelles, pour remplacer les barques perdues dans le tsunami et le séisme de 2004 et 2005. « Le bateau qui a été fourni à notre groupe par ACTED est très précieux. C’est une nette amélioration, puisque notre revenu a augmenté et au moins 10% des profits réalisés sur une prise avec ce bateau sont reversés au GEA et une autre part de 10% vont vers le fonds de développement du village, » nous explique Arianus, responsable du GEA Turenela, du sous-district de Lahewa, au Nord de Niass. Mais même avec des bateaux de qualité, les pêcheurs de Niass font face à de nouveaux défis à cause du changement climatique et de la dégradation de l’environnement. Syaifudin, membre d’un GEA, décrit cette situation difficile :
« Avant, nous pouvions prévoir les saisons de pêche. Les poissons migraient, et passaient par nos zones de pêche une fois tous les trois mois. Mais, l’anticipation de ces passages est très difficile maintenant. Nous devons rentrer avec au moins de quoi nourrir la famille, mais il n’est pas rare de revenir sans assez de poisson, surtout en cas d’orage. »
La dernière phase de l’intervention en faveur des moyens de subsistance d’ACTED à Niass comprendra des petites subventions qui permettront aux GEA d’acquérir du matériel comme des moteurs pour renforcer la capacité de leurs bateaux à moteur, mais aussi une partie de formation à l’établissement de business plans post-récolte qui les aidera à optimiser leur revenu face au déclin des stocks de poisson et à l’impact du changement climatique.
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