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actualité | 01 Août 2012 | RDC | Développement

OXUS passe à l’heure africaine

OXUS a débuté ses activités de microfinance en RDC.

Le Groupe OXUS a été créé en 2005 par ACTED dans le but de combattre la pauvreté en fournissant un accès aux services financiers aux plus pauvres. Forte de son expérience en Afghanistan, au Tadjikistan et au Kirghizistan, OXUS ouvre en septembre un nouveau bureau en République Démocratique du Congo (RDC). Créée en 2005 par ACTED, OXUS a pour vocation de combattre la pauvreté en fournissant un accès aux services financiers aux plus pauvres à travers des activités de microfinance. Rencontre avec Xavier Desmoulins, Responsable des opérations et Charlotte Billoir, Directrice Financière d’OXUS RDC.

Pourquoi avoir choisi d’ouvrir en RDC ?

Xavier Desmoulins : A la base, ACTED menait un projet de microfinance dans l’est du pays ; OXUS a donc voulu poursuivre dans cette direction. La RDC fait partie des pays choisis par OXUS d’une part pour son contexte compliqué, mais aussi parce que le marché de la microfinance y est assez peu fourni. A Kinshasa, la capitale de la RDC, il existe plusieurs instituts de microfinance mais dès que l’on quitte la capitale, l’offre en micro finance reste faible. De plus, ouvrir en RDC permet à OXUS de changer de continent puisqu’OXUS est principalement basée en Asie. Cette ouverture nous permet de créer un modèle de fonctionnement applicable à l’avenir dans de nouveaux pays. Elle va aussi permettre un accès facilité à des services financiers (microcrédits, épargne etc.) pour des populations qui peuvent et veulent développer une activité économique, au-delà de la subsistance, mais qui ne peuvent accéder aux services bancaires traditionnels.

Charlotte Billoir : C’est aussi une mission pilote afin de préparer de nouvelles potentielles ouvertures d’OXUS en Afrique francophone.

Quelles sont les différentes étapes nécessaires pour ouvrir un bureau OXUS en RDC ?

CB : Ouvrir un bureau OXUS, c’est comme une ouverture de mission chez ACTED. Tout d’abord, il faut se renseigner sur la législation du pays puis déposer un dossier administratif à la fois en RDC et en France. Ensuite vient l’étape de l’étude de marché avec l’identification des contraintes réglementaires et légales qui permettent de savoir où OXUS va s’installer et proposer ses services. Une fois l’emplacement choisi, il faut trouver un local puis attendre l’agrément de la part de la Banque centrale du Congo pour débuter les projets. En ce qui nous concerne, nous avons reçu l’agrément en mai dernier et les projets débuteront en septembre.

XD : En l’occurrence, la première équipe OXUS en RDC est arrivée sur place en janvier dernier. Elle a recruté des personnes pour faire cette étude de marché, ce qui nous a permis de nous centrer sur le quartier de Bandalungwa. C’est un quartier plutôt central, très commerçant et peu d’institutions de microfinance sont présentes dans la zone.

« Notre objectif, c’est d’ouvrir une quinzaine d’agences d’ici 5 ans et de toucher 20 000 personnes. »

Quels sont les défis que vous avez dû affronter au cours de l’ouverture ?

CB : Une des étapes les plus difficiles pour nous a été de trouver un local dans le quartier de Bandalungwa. Il nous fallait un local libre, grand et bien situé. La bonne localisation de l’agence est primordiale puisqu’il faut qu’elle soit accessible à tous. Or c’est compliqué de réunir toutes ces conditions. De plus, même si de nombreux efforts sont faits, la microfinance en RDC traverse une période de transition qui demande beaucoup d’assimilation de nouveaux éléments avant de pouvoir ouvrir un bureau.

XD : Oui, car l’ouverture d’une agence OXUS est basée sur des conditions qui sont mises en place par tout le groupe OXUS. Il faut donc s’adapter à ces conditions. Il faut par exemple construire des guichets, des bureaux mais aussi un coffre fort. Et cela demande beaucoup de logistique et de financements.

Comment voyez-vous l’avenir d’OXUS en RDC ?

XD : Notre objectif, c’est d’ouvrir une quinzaine d’agences d’ici 5 ans et de toucher 20 000 personnes. Les premières activités mises en place seront des activités de crédit et d’épargne. On va aussi essayer de se déployer dans tout le pays et particulièrement à l’est, zone d’intervention d’ACTED. Le fait qu’ACTED soit présente dans le pays est un avantage pour nous puisqu’elle connaît le terrain et le contexte et peut ainsi nous aider à mieux nous déployer et à offrir des services adaptés aux besoins de développement du pays.

Le secteur financier en RDC : 1,4 millions de comptes ouverts dans le pays pour 70 millions d’habitants. A la fin de l’année 2011, 143 coopératives d’épargne et de crédit (COOPEC), 19 institutions de microfinance, 5 banques commerciales ciblaient le secteur des MPME (micros, petite et moyenne entreprises) sur l’ensemble du pays, mais 78% de ces acteurs sont installés à Kinshasa, dans le Nord Kivu et dans le Sud Kivu.

Plus d'information sur OXUS en RDC

OXUS RD Congo va démarrer ses activités en septembre 2012 après avoir reçu l’agrément de la Banque Centrale du Congo en mai 2012. Cette institution de microfinance « greenfield », est un investissement d’OXUS Holding, Proparco, Incofin et I&P. Le projet est également soutenu par des subventions de l’AFD et de l’Union Européenne à travers le programme ACP/EU Microfinance. L’implantation d’OXUS en RDC s’inscrit dans la volonté stratégique du groupe d’étendre ses activités en Afrique mais également par la présence historique d’ACTED en RDC dans les provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu, du Maniema, de l’Equateur et de la Province Orientale.

www.oxusnetwork.org