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actualité | 03 Décembre 2009 (Toute la journée) | Tchad | Urgence

Ouré Cassoni : La question environnementale, un élément clé de la pérennité du camp

Photos: ACTED / Gwenn Dubourthoumieu 2009

La présence continue des réfugiés n’est pas sans peser sur l’équilibre écologique de cette région saharienne dont les ressources naturelles sont déjà très limitées, en particulier en bois de chauffe, entraînant une accélération du processus de désertification. Les dunes qui entourent le camp se rapprochent considérablement des habitations des réfugiés.

ACTED a débuté cet automne un ambitieux programme de fixation de dunes. De nombreux plants développés dans la pépinière d’ACTED seront plantés sur une zone de 600 mètres de long et 300 mètres de large, permettant de protéger le camp de l’avancée du désert. Près de 70 000 arbres ont déjà été plantés, dont une grande partie dans les concessions des bénéficiaires, permettant le renouvellement du couvert boisé du camp. De nombreux ménages disposent déjà d’arbustes, tandis qu’une zone de reboisement devrait permettre à terme la création d’un petit bois entre le camp et le désert. Les plants sont actuellement en cours de croissance. Par ailleurs, ACTED a également planté des arbres en faveur des populations hôtes afin de leur garantir un accès aux ressources ligneuses. Le bois est en effet au cœur des tensions entre les populations locales et les réfugiés. ACTED a dès lors fait le choix de réduire à son minimum l’impact écologique des réfugiés, à travers la poursuite et l’intensification de la diffusion au sein du camp de moyens de chauffage et de cuisson à faible consommation d’énergie, ainsi qu’au travers de la sensibilisation à l’utilisation optimale des ressources distribuées (bois et pétrole).

Un nouveau départ pour les réfugiés ?

Le camp d’Ouré Cassoni a été créé dans un contexte d’urgence, qui persiste. Il a permis à plus de 28 000 personnes de bénéficier d’une assistance humanitaire indispensable, dont elles ne peuvent aujourd’hui encore s’affranchir. Fuyant les conflits, les réfugiés restent au cœur des tensions entre le Soudan et le Tchad, et sont donc sujets au moindre regain de violence. Dans un tel contexte, le gouvernement tchadien a aujourd’hui décidé la relocalisation du camp dans une zone plus éloignée de la frontière ; une mesure longtemps demandée par les humanitaires. Assurément, cette relocalisation représenterait de nouvelles opportunités pour les réfugiés. Néanmoins, afin de se dérouler dans les meilleures conditions possibles, elle nécessite à la fois planification, moyens et coordination ; elle demeure toutefois une solution de moyen terme. Que ce soit à Ouré Cassoni ou ailleurs, les besoins resteront substantiels, poussant ainsi ACTED, en coopération avec les autres acteurs humanitaires dans la zone, à continuer d’apporter aux réfugiés soudanais le soutien essentiel à des conditions de vie suffisantes et dignes, tout en tentant de favoriser leur autonomisation et la création de nouvelles perspectives d’avenir.

Depuis 2004 près de 28 000 réfugiés ayant fui le conflit du Darfour vivent dans le camp d’Ouré Cassoni, le camp de réfugiés soudanais situé le plus au nord de la partie est du Tchad. ACTED accompagne les réfugiés depuis leur installation. Cinq ans plus tard, la situation d’urgence demeure quasi inchangée. L’autonomisation des réfugiés semble illusoire. Pourtant ACTED, en partenariat avec le Service d’aide humanitaire de la Commission européenne et le HCR, a fait le pari de développer des perspectives d’avenir pour ceux qui, jusque là, n’en avaient aucune.

Lire au sujet de l'intervention d'ACTED à Ouré Cassoni:

Cinq ans au cœur du désert