Opérations d’aide alimentaire en Haïti : évaluation de l’impact
Après chaque distribution alimentaire, les équipes d’ACTED vérifient l’efficacité de l’aide en sillonnant les quartiers bénéficiaires. Travailler en concertation avec la population et les responsables communautaires pour s’assurer de l’impact de l’aide est une action aussi importante que les distributions alimentaires elles-mêmes.
Chaque matin, une fois la distribution alimentaire quotidienne du stade Sylvio Cator de Port-au-Prince terminée, Björn, le responsable de ces opérations, continue le travail pour préparer la distribution du lendemain. Après la distribution des coupons alimentaires aux responsables des communautés, les équipes d’ACTED sillonnent les rues de la ville pour faire du « monitoring ».
Derrière ce mot, se cache une action toute simple, au cœur du travail des humanitaires. Faire un « monitoring » c’est aller sur le terrain après une opération pour vérifier, enquêter, s’assurer de l’impact qu’elle a eu sur la population.
Ce matin, Björn se rend dans les quartiers de Larraque et de Ruèl Plus au sud de Port-au-Prince, sa zone de distribution. Avec son équipe, il y mène une évaluation pour vérifier que les bénéficiaires désignés pour recevoir les sacs de riz de la distribution de la veille les ont effectivement reçus. La mission : s’assurer que les coupons qui donnent droit à 25 kilos de riz, n’ont pas étés revendus au marché noir et sont bien allés aux bénéficiaires qui avaient été désignés.
Les membres de l’équipe passent de maison en maison, de tente en tente, avec toujours la même question : « Avez-vous bien reçu les sacs de riz à la distribution hier? ». Ce matin, les résultats sont probants. « Les bénéficiaires sont très satisfaits et le taux de réussite de la distribution est très positif pour la suite », constate Jean Louis, un membre de l’équipe chargée ce matin du « monitoring ».
Travailler avec la population
En fonction du quartier, l’approche de l’équipe diffère. Dans le quartier de Bolosse, Björn balaie du regard la tente de fortune d’une famille à la recherche d’une trace des sacs de riz. Soulagé, il montre du doigt à son équipe un sac posé dans un coin. Un peu plus loin dans la ruelle, les équipes se dispersent pour aller interroger les habitants. « On se rend rapidement compte de la manière dont le retour de la distribution s’est passé, si il y a eut des tensions, des problèmes dans la répartition », souligne Jean-Louis. Ensuite, il s’agit chaque jour d’être inventif et de trouver de nouveaux moyens pour réduire le taux de perte. Il faut pour cela définir de nouvelles stratégies de distribution adaptées aux quartiers et à la population. « Nous expliquons aux responsables communautaires chargés de distribuer les coupons alimentaires comment procéder afin que les populations ciblées soient en priorité les familles les plus vulnérables. Cela n’est pas évident, mais la stratégie de responsabilisation fonctionne et chaque jour les progrès sont remarquables », estime Björn. Le travail auprès des responsables des communautés, véritables relais entre les ONG et la population, est fondamental pour améliorer l’efficacité de l’aide. « Le simple fait de se rendre dans les communautés pour expliquer la démarche et de vérifier les résultats a des répercussions majeures », constate le responsable des opérations.
Ce travail a également une dimension préventive. Les personnes relais au sein des communautés peuvent exposer aux équipes d’ACTED les difficultés qu’ils rencontrent et proposer les solutions qui leur semblent mieux adaptées. Les visites au sein des communautés, en réunissant tous les acteurs du programme (bénéficiaires, responsables communautaires et membres d’ACTED), permettent des échanges constructifs qui améliorent sensiblement l’efficacité du programme.
La plupart du temps, les équipes d’ACTED repartent, satisfaites du résultat. « Les progrès sont rapides et l’efficacité des distributions commence à être très intéressante », se réjouit Björn. Cependant des difficultés surviennent parfois et doivent être résolues : « Ce qui est frustrant, c’est que ça ne peut pas toujours être efficace à 100%, mais ça fait partie des désagréments de notre boulot et c’est à nous de trouver des solutions pour remédier à ces problèmes ».
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