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actualité | 28 Septembre 2011 | Haïti | Réhabilitation

Un nouveau départ pour 404 familles sinistrées

Une bénéficiaire a installé un petit commerce devant son abri. © ACTED 2011

Dix-huit mois après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, 634 000 personnes vivent encore dans des sites ou camps de déplacés, qui s’élèvent partout à Port-au-Prince. Parmi ceux-ci, on retrouve le camp de Dortoir Universitaire, où les familles vivent dans des conditions critiques et sous menace constante d’expulsion. ACTED a pu offrir aux plus vulnérables 404 abris transitoires dans une commune voisine, Croix-des-Bouquets

 

Les équipes ACTED dirigent la construction des abris.« Banm mato a epi kote klou yo ? » (« Passe moi le marteau, et où sont les clous ? ») crie Sergo, l’un des charpentiers qui défie les lois de la pesanteur en travaillant à la construction du toit d’un abri. Sous un soleil de plomb, ce bénéficiaire de l’activité de Travail contre Paiement se dit fier d’avoir contribué à la construction de ces 404 abris qui vont améliorer les conditions de vie de plus de 2000 personnes. Parmi le bruit des marteaux sur le bois et les éclats de voix on distingue celle de Pierre, conducteur de travaux d’ACTED, qui dirige des équipes comprenant plus de 350 personnes.

Quatre semaines plus tard, les résultats sont frappants : le terrain Rony Collin, qui s’étend sur plus de 31 000 m2, a tout l’aspect d’un petit quartier, animé par des petits commerces et la vie quotidienne de ses habitants. Avec le soutien de la Croix Rouge Américaine, ACTED a pu ainsi construire 404 abris transitionnels pour les familles les plus vulnérables du camp de Dortoir Universitaire, situé dans la commune de Tabarre.

Coralie, assise dans son fauteuil roulant, contente de pouvoir enfin dessiner tranquillement.Ce camp souffre des inondations fréquentes, et les menaces d’éviction constantes pesaient sur la population qui avait trouvé refuge dans cette précarité. Coralie, une petite fille qui a perdu ses deux jambes au moment du tremblement de terre, confie : « Je n’aimais pas du tout l’endroit où nous vivions avant : il était sale, la pluie nous en faisait voir de toutes les couleurs, en plus sous la tente il faisait horriblement chaud. Je vais maintenant pouvoir dessiner tranquillement ! » Wilanda, jeune maman de deux enfants, abonde dans le même sens : « Chaque fois que je devais m’endormir, j’avais la sensation qu’on allait venir frapper à la porte pour nous jeter dehors. Cette maison, même si transitionnelle, me permet de dormir tranquille. »

« Je vais enfin sortir de ce calvaire… »

Après des enquêtes menées auprès de la population de Dortoir Universitaire, les équipes d’ACTED ont ciblé les familles qui répondaient aux critères de vulnérabilité identifiés. Il s’agissait notamment de ménages aux revenus très faibles (moins de 12 dollars US par mois) sans autre abri que la tente où ils vivaient, depuis le séisme. D’autres catégories particulièrement vulnérables (femmes vivant seules avec des enfants, familles avec des membres en situation de handicap et personnes âgées) ont aussi été sélectionnées en priorité. C’est le cas pour Clarens, un orphelin du 12 janvier qui a encore du mal à croire à sa chance : « Quand j’ai su que je faisais partie des gens qui allaient partir, je ne parvenais pas à croire à ma bonne étoile. Ici, nous ne vivons pas, nous existons. Savoir que ma sœur et moi allons enfin bénéficier d’un vrai toit me comble de joie et de bonheur… Je vais enfin sortir de ce calvaire ! »

D’après Kendy, l’assistant technique du programme, trouver un terrain constructible relève d’une volonté de fer. « La recherche de terrains constructibles ne peut passer que par deux voies. Dans la première, on passe par les autorités locales, dont les prises de décisions sont souvent lentes, ce qui retarde considérablement le travail. La deuxième voie consiste à convaincre un propriétaire de prêter son terrain pour une période de 2 à 3 ans, ce qui relève du miracle, » avoue Kendy.

Recommencer une vie

Les familles ont déjà pris possession de leurs abris transitionnels sur le terrain à Rony Colin.Travaillant en étroite collaboration avec les mairies de Tabarre, de Croix-des-Bouquets et avec l’Organisation Internationale des Migrations (OIM), ACTED a finalement obtenu les accords nécessaires pour reloger les populations vulnérables sélectionnées sur le terrain Rony Colin. Ce terrain a été donné par la Fondation Aristide à la Mairie de Tabarre pour reloger les personnes déplacées pour une durée de trois ans, et, de cette façon, libérer l’espace du camp de Dortoir Universitaire. ACTED, OIM, Chemonics et Mentor Initiative ont uni leurs forces pour apporter une aide rapide, efficace et coordonnée en relocalisant au plus vite les familles bénéficiaires les plus vulnérables, et en les accompagnant dans le déménagement. Ces familles étaient quelques jours plus tôt menacées d’expulsion, d’inondations et de maladies.

Matthieu, heureux papa d’un nourrisson mais qui avait perdu son travail lors du tremblement de terre, explique : « Je ne savais pas comment j’allais faire pour quitter le camp, je n’aurais pas pu payer un nouveau loyer, au vu des prix si élevés du marché. Nous sommes très contents d’avoir l’opportunité de recommencer notre vie au sein d’un vrai abri. »