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actualité | 11 Juin 2017 | Mali, Niger | Urgence

Du Niger au Mali, ACTED coordonne l’appui aux Maliens déplacés par la crise

Distribution de kits de soutien au développement d'activités génératrices de revenu dans le secteur de l'embouche, Ansango (Mali) - © ACTED Mali, 2017

L’insécurité et l'instabilité politique frappant le Mali ont entraîné le déplacement massif de populations, avec plus de 130 000 Maliens réfugiés dans les pays voisins encore aujourd’hui (43,3% au Niger, 33,6% en Mauritanie et 23,1% au Burkina Faso). Les réfugiés maliens sont très présents au Niger, en particulier dans la région de Tillabéry, où ils ont été installés dans les trois camps de réfugiés de Tabareybarey, Abala et Mangaizé. Depuis la signature de l'Accord de paix en juin 2015, les mouvements de retour se poursuivent, soutenus par les accords tripartites entre le gouvernement malien, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés (UNHCR) et les trois principaux gouvernements accueillant des réfugiés du Mali. Pour l'année 2017, l’UNHCR prévoit un retour de 16 000 personnes en provenance des pays voisins.

Avec une approche transfrontalière entre les camps du Niger, et les zones de retour dans la région de Menaka et Gao au Mali, ACTED soutient les déplacés, enregistre les mouvements de population, et participe à leur intégration économique et sociale. Avec le soutien du Bureau pour la population, les réfugiés et les migrations (BPRM), ACTED met en place des activités génératrices de revenus et des formations professionnelles pour les personnes vulnérables afin d’encourager la relance économique des zones post conflit et de venir en aide aux ménages déplacés et retournés.

Au Mali, ACTED a ainsi formé 40 personnes à des activités génératrices de revenu, comme l’artisanat, l’embouche ou le petit commerce, et accompagné 20 jeunes lors de formations professionnelles de trois mois sur des métiers tels que la couture, la mécanique ou la restauration. Au Niger, 50 personnes ont été formées à des activités génératrices de revenus, comme le petit commerce, l’embouche ou l’élevage, et 50 jeunes ont été accompagnés pour participer à des formations en mécanique, menuiserie, coiffure, couture ou encore en restauration. Grâce au soutien pluriannuel de BPRM, ACTED suit ces individus sur trois ans afin d’assurer la pérennité de leurs activités et le renforcement de leurs capacités de résilience.

Des activités économiques durables et stables : le témoignage d’Aichatou

Aichatou est mère de huit enfants, quatre filles et quatre garçons. Son mari, lui, est chauffeur dans la ville de Menaka. En 2012, suite à la crise politico-militaire, Aichatou a fui au Niger avec sa famille pour se réfugier dans le camp de Mangaizé. « J’ai choisi de partir au Niger car c’est le pays le plus proche de moi et je n’avais pas d’argent pour aller dans un autre pays ou dans le sud du Mali. Tous ceux qui n’avaient pas d’argent ou de famille au sud ont choisi le Niger juste pour franchir la frontière. Nous avons fait deux jours de route pour arriver au camp car non seulement le camion était surchargé, mais la route était en très mauvais état». Depuis 2014, Aichatou bénéficie du soutien d’ACTED : aide alimentaire, formations spécialisées en gestion des stocks et marketing, et kit dit « AGR » pour le développement d’activités génératrices de revenu et pour les mener à bien. En 2014, Aichatou a participé au programme d’activités génératrices de revenu mis en œuvre au Niger, avant de retourner au Mali en 2016 afin d’exercer son activité. Depuis, ACTED l’accompagne régulièrement afin d’assurer l’impact du programme et de s’adapter à ses besoins.

« Dans le cadre des programmes d’ACTED, j’ai de nouveau choisi l’activité que je maitrise c’est-à-dire la vente de condiments, parce que j’ai de l’expérience dans ce domaine». Avant le conflit, Aichatou possédait une petite échoppe où elle vendait des condiments dans la rue. Elle témoigne de l’impact du projet sur ses activités : « Aujourd’hui, grâce à l’appui d’ACTED, je peux vendre au marché. Un jour je compte ouvrir une grande boutique pour la sécurité de mes produits et avoir un lieu de stockage ». Aichatou travaille à Menaka tous les jours et subvient ainsi aux besoins de sa famille pour l’achat de nourriture, de fournitures scolaires et de vêtements.

Les dynamiques de réintégration restent difficiles pour les rapatriés dans les zones reculés comme Anderamboukane ou Menaka. Les familles retrouvent souvent des logements délabrés, un manque d’accès à l’emploi et des conditions de vie précaires. ACTED entend continuer à soutenir ces ménages dans le besoin au cours des prochains mois.

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