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L'aide arrive enfin dans certains quartiers dévastés du Kirghizstan - AFP

De Benoît FINCK (AFP), le 29 juin 2010.

L'aide internationale est finalement arrivée mardi dans l'un des quartiers les plus dévastés début juin par les violences interethniques à Och, dans le sud du Kirghizstan, où des dizaines de milliers de personnes ont toujours besoin d'une assistance d'urgence.

L'aide internationale est finalement arrivée mardi dans l'un des quartiers les plus dévastés début juin par les violences interethniques à Och, dans le sud du Kirghizstan, où des dizaines de milliers de personnes ont toujours besoin d'une assistance d'urgence.

Alors que quelque 1.500 maisons et 500 magasins ont été détruits dans cette ville de 550.000 habitants qui a été l'épicentre des sanglants affrontements entre la majorité kirghize et la minorité ouzbèke, ce soutien humanitaire sera nécessaire pendant plusieurs mois encore, préviennent des ONG.

"Beaucoup de gens ont besoin de biens de première nécessité et même ceux qui ont des abris ont besoin d'aide", indique à l'AFP une responsable du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (UNHCR), Ariane Rummery.

C'est le cas des 75.000 personnes qui sont revenues dans ce pays pauvre d'Asie centrale après s'être réfugiées en Ouzbékistan voisin au moment des violences, et de plus de 300.000 déplacées à l'intérieur du Kirghizstan, explique-t-elle.

A Och, dans le quartier ouzbek dévasté de Kyzyl Kychlok, des dizaines d'hommes et de femmes dont les maisons ont été détruites se sont rués mardi vers les quatre camions de l'UNHCR chargés de tentes, matelas, couvertures et sets de cuisine.

"C'est la première fois depuis les violences qu'on reçoit une aide", confie un habitant de la rue Marguelan Darvaza, Choukhourat Sidikov, père de quatre enfants.

Après avoir entassé dans une voiture une tente, trois matelas, sept couvertures et un set de cuisine, l'homme repart avec des amis qui l'emmenent chez lui, où il plante la tente au milieu des gravats.

L'arrivée tardive de l'aide humanitaire pour les habitants de ce quartier est due aux difficultés d'accès après les violences et à l'obligation d'évaluer ensuite les besoins avant d'organiser la distribution du matériel, explique Mme Rummery.

Deux avions cargo de l'UNHCR transportant chacun 40 tonnes d'aide humanitaire sont arrivés dimanche et lundi à Och et deux autres appareils avec la même cargaison sont attendus dans les jours qui viennent, ajoute-t-elle.

"Nous avons livré jusqu'ici de l'aide à 30.000 personnes et allons encore en fournir pour 30.000 personnes supplémentaires", précise Mme Rummery, tandis que d'autres ONG comme la Croix Rouge et Acted fournissent elles aussi une aide humanitaire.

"Certaines communautés n'ont encore rien reçu et la crise humanitaire est loin d'être terminée", explique un responsable d'Acted, Aurélien Daunay, en appelant à la mobilisation de la communauté internationale.

Car "beaucoup ont encore besoin d'aide d'urgence tel des abris, des ustensiles pour transporter l'eau, des pastilles pour boire l'eau non potable. Et ensuite il faudra une aide pour la reconstruction", souligne-t-il, en visitant un autre quartier ouzbek dévasté d'Och.

Une vieille dame, au milieu d'un monceau de gravats, montre ce qu'il reste de sa maison aux murs noircis de fumée. "Mais regardez-moi ça, cette guerre, c'est pire qu'en 1945", hurle-t-elle en levant les bras au ciel, dans une rue où aucun bâtiment n'a été épargné par le carnage.

Mercredi, Acted, une ONG financée notamment par la Commission européenne et l'ONU, va recruter 150 personnes dans ce quartier d'Och pour aider à déblayer tous les décombres et distribuer la nourriture, assure son responsable.

Outre l'aide et la reconstruction, "il faudra aussi travailler à réconcilier les deux communautés -- kirghize et ouzbèke -- car il y a encore beaucoup de tensions et un réel malaise, et cela peut vite dégénérer", observe M. Daunay

>> Voir la vidéo correspondante de l'AFP