La protection de l’environnement au cœur du développement
Le 5 juin dernier, Goré, capitale du département de la Nya Pendé fêtait la Journée Mondiale de l’Environnement. En présence des autorités tchadiennes, les populations locales et les réfugiés centrafricains de la zone se sont réunis afin de mettre en avant la nécessité de protéger la nature et la biodiversité.
Le sud du Tchad dispose d’une nature florissante et de terres fertiles. Dans un pays occupé aux deux tiers par le désert, cet espace représente une opportunité exceptionnelle pour le développement de projets agricoles.
Un environnement en danger
Depuis 2003 et l’arrivée de plus de 70 000 réfugiés centrafricains, les richesses environnementales souffrent d’une pression démographique exacerbée. Les différents camps de réfugiés d’Amboko, Gondjé et Dosseye sont situés dans ou à proximité de réserves naturelles. Or, plus de 90% des ménages, réfugiés et populations locales, tirent leurs besoins en énergie de sources domestiques (bois, charbon, brindilles, etc.) pour la cuisson des aliments. Les forêts aux alentours des lieux d’accueil ont été systématiquement rasées afin de transformer les camps en petits villages habitables. Les nouveaux besoins en alimentation ont également poussé au défrichage afin d’installer des surfaces cultivables.
A tous ces éléments conjoncturels liés à l’activité humaine s’ajoute la désertification progressive qui frappe le Tchad. Les pluies sur Goré ont été très faibles ces trois dernières années, et, selon un rapport du Programme Alimentaire Mondial et du Ministère de l’Agriculture tchadien, la production céréalière de la campagne agricole 2009/2010 devrait être 34% inférieure à la moyenne des cinq dernières années.
La prise de conscience de la menace sur l’environnement
ACTED et les partenaires humanitaires sur la zone se concentrent particulièrement sur la protection de l’environnement avec le soutien financier du HCR et du Service d’aide humanitaire de la Commission européenne. 6 comités de l’environnement dans les camps de réfugiés et les villages environnants ont été mis en place et formés aux techniques de fabrication de foyer amélioré. Des sensibilisations par des pairs éducateurs d’ACTED ont été organisées afin de faire prendre conscience des menaces liées au défrichage sauvage. D’autres ont permis de faire partager les techniques économes en combustibles (utilisation de foyers améliorés, de gaz, etc.).
Les enfants sont des relais de sensibilisation particulièrement efficaces. Les écoliers ont ainsi bénéficié de formations sur les bonnes pratiques écologiques et les enjeux de l’environnement. Poussés à transmettre ces messages, nombre d’entre eux ont rejoint des groupes de protection de la nature et veillent à sensibiliser leurs parents, voisins et amis.
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