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actualité | 04 Mai 2012 | Sud Soudan | Urgence

Interview : Le camp de Jamam, c'est « comme construire une ville de 40 000 habitants »

La situation des réfugiés au Soudan du Sud est au cœur des préoccupations d’ACTED depuis plusieurs mois. Rencontre avec Benoît, parti en mission d’urgence au Soudan du Sud au mois de février pour superviser la mise en place logistique.


Quels étaient vos missions sur place au Soudan du Sud ?

Dans un premier temps, comme la région est minée, on a fait déminer la zone du futur camp par une ONG partenaire. Puis on a commencé à construire des toukoul, les maisons kenyanes que nous avons rendues hermétiques. La seconde étape, c’est de définir un espace de vie pour les femmes, les hommes, les équipes... Ensuite, il faut s’occuper de tout l’approvisionnement, comme l’accès à l’électricité, à l’eau, etc. : toutes les choses nécessaires au fonctionnement des bureaux et du camp. Enfin, on commence à construire en dur, les latrines et les douches par exemple.

Quels sont les défis à relever quand on doit mettre en place un camp pour près de 37 000 réfugiés ?

Les défis sont multiples. Le premier c’est l’infrastructure. Il faut tout construire, il n’y a pas de routes, il y a des problèmes de communication… En plus, le pays est coupé en deux, donc c’est compliqué pour importer le matériel parce que la loi n’est pas fixe. Un autre défi, c’est la question de l’approvisionnement ; on trouve de tout mais pas forcément de qualité et en quantité suffisante. En plus, il y a des besoins énormes au Soudan du Sud. La ville de Jamam à la base regroupait 3000 habitants et maintenant, il y a un camp de plus de 36 500 réfugiés donc c’est complexe, du point de vue des ressources naturelles et de la quantité de matériel qu’il faut acheminer. On parle de centaines de camions. C’est comme si on construisait une ville de 40 000 habitants, avec des écoles, des routes... c’est énorme !

En quoi consiste concrètement la logistique d’un projet comme celui du camp de Jamam ?

La logistique comporte 5 piliers : le premier, c’est celui de l’approvisionnement, que ce soit des tracteurs pour tracer les routes, des générateurs, des ordinateurs ou même des stylos. Le deuxième pilier correspond aux problématiques de l’eau et du fioul, qui prennent toute leur ampleur dans un pays comme le Soudan du Sud : le fioul est souvent de mauvaise qualité là-bas et on doit mettre en place des systèmes de maintenance à répéter tous les jours pour ne pas se retrouver en panne lors de nos déplacements. Le troisième pilier, c’est tout le matériel utilisé par les équipes d’ACTED sur place pour subvenir aux besoins des populations déplacées. Le quatrième pilier c’est la gestion des stocks, et le cinquième pilier correspond à tout ce qui est communication. C’est important car au Soudan du Sud, le réseau GSM est très limité et de temps en temps, il n’existe tout simplement plus. Or pour la sécurité de nos équipes, on doit mettre en place des réseaux subsidiaires comme des téléphones satellites, ou des communications radio.

 

 

 

Retrouvez plus d'informations sur la situation au Soudan du Sud.


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