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actualité | 11 Juin 2013 | Cambodge | Urgence

L’innovation des toilettes en hauteur

Les enfants dépendent de la rivière pour aller à l'école. © ACTED

Alors que 60% des Cambodgiens n’ont toujours pas accès à des installations sanitaires adéquates, ACTED-PSF a lancé un projet de construction de latrines qui résistent aux inondations dans 30 villages de trois districts dans la Province de Kandal, au Cambodge.

Dans la plupart des villes, les toilettes publiques sont considérées comme des objets de tous les jours, traitées avec dédain ou même avec dégout. Mais à Kampong Rotes, au centre du Cambodge, où les villageois se sont retrouvés pour observer la construction des latrines, l’idée même d’avoir accès à des toilettes entraîne des rires timides et des sourires. La construction des latrines, qui trônent en hauteur, sera terminée le lendemain.

De même, à Kampong Os, les enfants du village se sont rassemblés pour jouer sous l’ombre des grands arbres qui protègent aussi du soleil les nouvelles latrines publiques. Chaque enfant sait à quoi sert le nouveau bâtiment, mais ils se demandent s’il est à la disposition de tous. Lorsqu’on leur pose la question, trois enfants sur quatre rapportent qu’ils ne possèdent pas de latrines dans leur maison. Ils admettent ensuite faire leurs besoins dehors, derrière leurs maisons.

Pour ces enfants, le Tonle Sap, une des rivières principales du Cambodge,est un élément important de leur vie ; ils traversent la rivière plusieurs fois par jour en bateau pour faire l’aller-retour entre leur école et leur maison. Les bâtiments sont tous érigés sur pilotis, afin d’anticiper les inondations qui sont fréquentes dans la région. Dans ces villages, du district de Ponhea Leu dans la province de Kandal, les inondations ne sont pas probables ; elles sont inévitables.

Cependant, aucunes de ces mesures n’étaient suffisantes pour préparer les villages aux inondations d’octobre 2011 où des pluies abondantes ont entrainé une crue exceptionnelle du Tonle Sap et du Mékong. Plus de 72 000 ménages dans la province de Kandal ont subi des dommages ou on été déplacés. Certains points de rassemblement communautaires ont même été submergés. La marque du niveau de la montée des eaux est encore visible sur les murs des bâtiments, comme sur celui de l’école, où les cours ont été annulés pendant des mois, alors que les salles de classe étaient submergées.

Lutter contre les risques de maladies hydriques

Les quelques latrines existantes ont aussi été submergées, laissant pour seule option aux habitants de la région de faire leurs besoins directement dans l’eau des inondations. Les risques sanitaires liés aux égouts apparents ont engendré un nombre croissant de diarrhées chez les jeunes enfants. Une évaluation des besoins menée par ACTED-PSF auprès des ménages touchés de la province de Kandal a montré que près de la moitié des familles avec des enfants de moins de cinq ans ont enregistré des cas de diarrhée au cours des 15 jours précédant ; un taux beaucoup plus élevé que la moyenne nationale de 15%. L’exposition aux maladies liées à l’eau rend les enfants beaucoup plus vulnérables à la malnutrition, notamment dans la province de Kandal, qui a enregistré les plus forts taux d’enfants en insuffisance pondérale, ou ayant des retards de croissance.

Désormais, les latrines sont construites sur pilotis, comme toutes les autres structures visibles aux alentours. Une latrine publique est en cours de construction par ACTED-PSF sur des terrains publics (généralement près d’une école ou d’un bâtiment public) dans 30 villages de trois districts de la province du Kandal, afin d’assurer un accès à tous. Alors que la construction de latrines aussi haute paraît incongrue en période de sécheresse, il ne reste que cinq mois avant le retour de la saison des pluies.