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actualité | 11 Octobre 2011 | France | Développement

Indice de la Faim dans le Monde 2011

Malgré des progrès, la faim demeure à des niveaux inacceptables. Il faut agir dès à présent pour réduire la hausse des prix afin de protéger les plus vulnérables.

Indice de la faim dans le monde 2011
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La hausse récente du niveau et de la volatilité des prix agricoles constitue à nouveau, comme en 2008, une menace pour la pérennité de la sécurité alimentaire mondiale et expose de nombreux foyers et groupes vulnérables à un risque accru de souffrir de la faim, à l’image de la crise alimentaire qui frappe en ce moment la Corne de l’Afrique.

Selon l’édition 2011 de « l’Indice de la faim dans le monde. Le défi de la faim », 26 pays ont un niveau de faim alarmant ou extrêmement préoccupant, et tous ceux appartenant à cette dernière catégorie, à savoir le Burundi, l'Érythrée, la RDC et le Tchad, sont en Afrique subsaharienne.

Publiée par l’Institut international de recherches sur les politiques alimentaires (IFPRI), Welthungerhilfe et Concern Worldwide, en partenariat avec l’ONG française ACTED, en prévision de la Journée mondiale de l'alimentation (16 octobre), cette sixième édition annuelle de l’Indice suit l’évolution de la faim au niveau mondial, en mettant en évidence les pays et les régions où la situation est alarmante et demande une action immédiate, et en appelant à la mise en place de politiques de lutte contre la faim, tant au niveau national qu’international.

« Ce sont les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables qui souffrent le plus lorsque les prix grimpent ou fluctuent de façon imprévisible », rappelle Frédéric Roussel, fondateur et directeur du développement d’ACTED. « Ce rapport engage à agir sur plusieurs fronts pour renforcer la résilience et atténuer les effets de la volatilité, en particulier dans les pays où la faim est la plus sévère. »

Malgré des progrès, la faim demeure à des niveaux inacceptables

La faim dans le monde a certes diminué depuis 1990, mais pas de manière significative et les chiffres globaux cachent de fortes disparités régionales. Si le nombre de personnes sous-alimentées a augmenté entre le milieu des années 1990 et 2009, la proportion de personnes sous-alimentées dans le monde a toutefois légèrement baissé au cours de la dernière décennie. Malgré les progrès réalisés en matière de réduction de la faim, le nombre absolu de personnes touchées par la faim demeure encore à des niveaux inacceptables.

Le sous continent d’Afrique subsaharienne continue à être particulièrement touché par la problématique de la faim ; seul le Ghana, figure parmi les 10 meilleurs résultats concernant l’amélioration du score de l’Indice depuis 1990. Sur les 6 pays pour lesquels l’Indice constate une aggravation de la situation de la faim, 5 sont situés dans cette région (avec la Corée du Nord). Le cas de la République Démocratique du Congo (RDC) ressort particulièrement par sa gravité en étant le seul pays à être passé d’une situation alarmante à extrêmement alarmante. Les conflits et l’instabilité politique y ont accru le niveau de faim.

La demande croissante de biocarburants, des conditions météorologiques exceptionnelles et le changement climatique, ainsi qu’une augmentation de l'activité financière sur les marchés à terme des denrées de base, sont les principales causes de la hausse et de la volatilité des prix alimentaires, avec de graves conséquences pour les centaines de millions de personnes qui souffrent déjà de la faim et pour les plus démunis qui consacrent déjà une grande part de leurs revenus à l’alimentation.

Des recommandations pour une sécurité alimentaire

Pour maîtriser la volatilité des prix alimentaires et protéger les pauvres contre les crises à venir, le rapport fait plusieurs recommandations de politiques à trois niveaux d'action :

  1. aborder les moteurs de la volatilité des prix des denrées alimentaires ;
  2. s'attaquer aux caractéristiques du marché mondial qui déterminent la volatilité, y compris en mettant en place des stocks grâce à une coordination des réserves alimentaires internationales et à un partage de l'information sur les marchés alimentaires ; et
  3. renforcer la résilience future.

« Pour s'attaquer aux principaux moteurs de la volatilité excessive, les responsables des politiques doivent réduire les subventions et mandats des biocarburants, décourager l'utilisation des cultures vivrières pour la production des biocarburants, réglementer les activités financières sur les marchés alimentaires, et réduire les mesures incitatives qui encouragent une spéculation excessive sur les produits de base », plaident les auteurs de l’étude. « Ils doivent également investir dans l'adaptation au changement climatique et l'atténuation de ses effets, ainsi que protéger les petits exploitants agricoles contre les crises liées au climat. »

Pour développer la résilience à la fluctuation des prix alimentaires, il est essentiel de renforcer les systèmes de protection sociale, d'améliorer la préparation aux situations d'urgence, et d’investir dans une agriculture à petite échelle durable. Les responsables des politiques doivent également accroître les opportunités de subsistance des plus pauvres, tant ruraux qu’urbains, et renforcer les services de base, tels que l'éducation, les soins de santé et l'assainissement.

« Nous en savons déjà beaucoup sur la manière de réduire la vulnérabilité et de combattre efficacement la pauvreté et la faim. Les solutions et les interventions avec les communautés et les institutions sont connues. Il est grand temps d’appliquer ces connaissances, en conjuguant nos forces pour bannir à tout jamais le spectre de la faim », conclut ce collectif d’ONG internationales d’action et de plaidoyer.

Le concept du GHI

Le Global Hunger Index (GHI), ou indice de la faim dans le monde, est un outil statistique développé par l’Institut International de Recherche sur les Politiques Alimentaires (IFPRI) qui permet de mesurer et de suivre l’évolution de la faim dans le monde. Le GHI est calculé à partir de trois indicateurs : la proportion de la population sous-alimentée, la prévalence de l’insuffisance pondérale infantile et le taux de mortalité infantile.

L’objectif du GHI est de susciter une prise de conscience sur les différences qui existent entre les pays et les régions par rapport à la faim et promouvoir la mise en place de programmes de lutte contre ce fléau. Publiés chaque année, ces rapports s’adressent à un large public – décideurs politiques, bailleurs de fonds, organisations non gouvernementales, enseignants, médias, grand public - et visent à favoriser une meilleure connaissance du problème de la faim et des possibles solutions, en identifiant les facteurs de succès et d’échec des programmes de réduction de la faim.

>>> GHI 2010 (édition précédente)