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actualité | 25 Novembre 2016 | Cambodge | Développement

Impliquer, protéger, émanciper : ensemble contre les violences envers les femmes

"Ending violence against women start from us" - ACTED Cambodia, 2016

Les violences faites aux femmes sont de plus en plus reconnues comme des obstacles sérieux au développement durable. Pourtant, une femme sur trois dans le monde subit des violences physiques ou sexuelles, le plus souvent de la part d’un proche, d’après ONU Femmes. En 2012, d’après les statistiques au niveau mondial, parmi les femmes assassinées, une sur deux le serait par son partenaire ou quelqu’un de sa famille. De plus, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 35% des femmes dans le monde auraient subi de violences physiques et/ou sexuelles par une personne extérieure à leur entourage au moins une fois dans leur vie. Au moins 700 millions de femmes dans le monde ont été mariées avant leurs 18 ans, dont plus du tiers avant 15 ans. Enfin, au moins 200 millions de femmes et de filles de 30 pays où des données sont accessibles ont subi des mutilations génitales, pour la plupart avant l’âge de 5 ans.

La journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes est célébrée le 25 novembre de chaque année, pour sensibiliser l’opinion publique à l’étendue des violences dirigées vers un groupe constituant plus de la moitié de la population mondiale. La campagne « 16 journées d’activisme contre la violence basée sur le genre », lancée en 1991, sera organisée du 25 novembre au 10 décembre 2016.

Mettre fin aux violences à l’égard des femmes est l’une des 17 priorités pour le développent, intégrée à l’Objectif 5 de développement durable « Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles ».

Néanmoins, les ressources allouées à la lutte contre la violence faite aux femmes ne correspondent pas à l’heure actuelle à l’ampleur de ce défi. D’après le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, la violence à l’égard des femmes constitue « un obstacle sérieux au développement durable, qui a un coût énorme, pour les familles, les communautés et les économies. Le monde ne peut pas se permettre de payer ce prix-là. » Ainsi, la thématique de cette année « Orangez le monde : levez des fonds pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles » vise-t-elle à sensibiliser sur la question du déficit de financements pour cette cause.

« Brisez le silence. Lorsque vous êtes témoins de violences à l’égard des filles et des femmes, ne restez pas sans rien faire. Agissez », sont les mots de Ban Ki-moon.

Les projets d’ACTED pour lutter contre les violences faites aux femmes

Campagnes de sensibilisation ou formations professionnelles sur la lutte contre les violences basées sur le genre, ACTED agit pour mettre fin aux violences à l’égard des femmes et des filles dans ses pays d’intervention.

Impliquer et protéger : soutenir les femmes en situation d’urgence

En tant qu’organisation mobilisée sur des urgences, ACTED reconnaît la responsabilité des acteurs humanitaires pour la protection des personnes vulnérables et des groupes à risque, dont les femmes, reconnaissant que les violences sexuelles et tout type de violence basée sur le genre est l’un des défis les plus souvent soulevés dans les situations d’urgence. Lorsqu’une crise, catastrophe naturelle ou conflit, survient, les familles sont forcées de fuir leur maison et sont souvent séparées, accroissant la vulnérabilité et l’exposition aux violences des femmes et des filles. ACTED prête une attention particulière aux défis auxquels les femmes et les filles doivent faire face et à leur protection. L’implication des femmes dans la mise en œuvre de ses projets est cruciale pour parvenir à une situation stable et sécurisée pour les femmes pendant les crises et les urgences.

Au Soudan du Sud, ACTED encourage les communautés locales à parler ouvertement des violences basées sur le genre, comme en témoigne l’histoire de Sara, victime par le passé d’abus conjugal, et qui lutte aujourd’hui avec ACTED contre les violences basées sur le genre.

 

L’émancipation pour lutter contre les violences

L’égalité entre les sexes et la pleine participation des femmes à la vie de la communauté, l’économie, la gouvernance et les processus décisionnels sont des enjeux clé de la lutte contre la violence faite aux femmes. Plus autonomes, émancipées et autosuffisantes, les femmes sont alors moins vulnérables à a violence, et deviennent des acteurs clé du développement.

 

En Jordanie, au Liban et en Territoire palestinien occupé, ACTED soutient l’accès des femmes à l’emploi et la lutte contre les violences basées sur le genre en misant sur l’autonomie et l’émancipation. Dans les camps de réfugiés Syriens, ACTED intègre les femmes réfugiées dans ses programmes d’argent contre travail (cash for work), en prenant soin d’adopter des solutions adaptées et permettant de garantir la sécurité de ces femmes et prévenir toute violence basée sur le genre. En Jordanie, une femme sur trois a déjà subi des violences. Les femmes sont souvent discriminées ou sont sujettes à des formes de harcèlement dans leurs démarches de recherche d’emploi. Avec son partenaire Arab Women Organisation (AWO), ACTED forme des femmes à la lutte contre les violences basées sur le genre dans leurs communautés. Au Liban, ACTED organise des formations professionnelles destinées à des groupes de femmes vulnérables de quartiers défavorisés, souvent victimes de violences physiques, psychologiques ou d’ordre socio-économique.

Dans les zones rurales de l’Afghanistan, le mariage précoce est une réalité pour beaucoup de jeunes filles. Souvent cantonnées à leur domicile, les filles perdent ainsi des opportunités éducatives et des opportunités d’emploi et d’émancipation, de même que la possibilité de participer aux processus décisionnels au sein de leurs communautés. ACTED soutient l’accès des femmes et des filles à l’éducation et à la formation professionnelle en instaurant des écoles et des espaces de protection dédiés où les femmes peuvent participer à des activités éducatives (comme des cours de lecture et de calcul) et à des formations professionnelles. Certaines de ces structures proposent également des services de garderie pour les jeunes mères souhaitant participer à ces activités.

 

La violence basée sur le genre dans le cadre du travail : ACTED au Cambodge agit

ACTED au Cambodge, avec le soutien du Département des affaires étrangères et du commerce international du gouvernement australien (DFAT) contribue depuis de nombreuses années à lutter contre les violences basées sur le genre envers les employés du secteur de l’hôtellerie et du divertissement (restaurants, bars, karaokes…) dans la capitale, Phnom Penh, en facilitant l’accès au soutien psychologique, au conseil juridique et à des formations sur les comportements à adopter en cas de violence basée sur le genre. Avec ses partenaires locaux, Social Services of Cambodia (SSC) et Legal Aid of Cambodia (LAC), ACTED soutient les femmes employées dans le secteur hôtelier ou du divertissement en organisant des sessions de sensibilisation animées par des éducateurs pour les pairs (peer educators), qui sont le plus souvent des jeunes Cambodgiennes qui travaillaient ou travaillent encore dans le secteur hôtelier ou du divertissement. ACTED remet également des certificats à des établissements de Phnom Penh qui respectent le droit du travail et assurent une protection suffisante des droits de leurs employés, dans l’objectif de contribuer à réduire les cas de violences dans ce secteur. Ces certificats permettent d’instaurer plus de confiance mutuelle entre les propriétaires ou managers et leurs employés : ils démontrent que l’employeur a connaissance du droit de ses employés de participer aux sessions de sensibilisation sur la prévention des violences basées sur le genre, ou de se tourner vers les équipes d’ACTED ou de ses partenaires pour demander de l’aide. « Participer à ces sessions m’a permis de comparer ce que nous apprenions avec ce que nous vivions en parallèle. Je savais que j’avais été lésée dans certains de mes droits. Aujourd’hui, je suis capable de reconnaître les situations de violence basée sur le genre et les violations de mes droits. J’ai suis confiante et je me sens prête à mettre en application tout ce que j’ai appris si un client se comporte mal avec moi », raconte Phally, qui travaillait dans le secteur du divertissement et qui est aujourd’hui éducatrice pour ses pairs pour lutter contre les violences faites aux femmes. Lisez son histoire !

Lire aussi : "Amid guns and groping, KTV workers learn the customer is not always right", publié par le Phnom Penh Post sur le même sujet et les interventions d'ACTED.

 

Aujourd’hui, nous célébrons les femmes actrices du développement, et nous joignons à la communauté internationale pour mettre fin tous ensemble à la violence contre les femmes et les filles.