Fournir de l’eau potable aux déplacés et réfugiés de Zémio : un défi et une nécessité
ACTED met en œuvre un projet pour subvenir aux besoins vitaux en eau potable de 20 000 personnes affectées par les attaques de la Lord’s Resistance Army (LRA).
Dans un contexte d’insécurité dû à la présence de la LRA, les villageois du Haut Mbomou sont souvent contraints de quitter leurs villages, pour s’installer dans des zones sécurisées, où l’eau n’est pas disponible en quantité suffisante pour les nouveaux arrivants. Il faut pourtant boire, cuisiner, se laver et faire la lessive. Il faut vivre. Mais l’eau est loin, trop loin. Après avoir fui les exactions, les personnes déplacées et réfugiées doivent maintenant affronter la soif et les maladies liées à l’eau.
Zémio est un grand village de la préfecture du Haut Mbomou, au sud - est de la RCA. La vie ici n’a jamais été facile. Très isolé, sans autres moyens de subsistance que l’agriculture pratiquée dans des champs arrachés à la forêt équatoriale, Zémio est fait de petites maisons en paille, bois et boue séchée. Les constructions en dur sont rares, comme les espoirs de gagner Bangui, la capitale synonyme d’une existence meilleure.
Or, depuis octobre 2009, vivre à Zémio est encore plus difficile. En effet, la LRA (Lord’s Resistance Army), un groupe de rebelles ougandais, a choisi cette zone comme terrain d’exaction. Les familles centrafricaines originaires des villages isolés de la préfecture et les familles congolaises qui vivaient de l’autre côté de la frontière, ont dû, question de survie, quitter leurs villages d’origine. Presque 10 000 nouvelles personnes ont ainsi trouvé refuge à Zémio, où la sécurité est garantie.
Parfois, 15 litres d’eau potable font la différence entre la vie et la mort
Dans ce contexte de pression croissante sur les ressources locales en eau, ACTED, en partenariat avec le Service d’aide humanitaire de la Commission européenne et avec l’UNICEF, est en train de creuser 14 puits, d’en réhabiliter trois autres, d’aménager trois sources, et procède à la distribution de 250 kits pour la construction de latrines, douches et fosses à ordure aux bénéficiaires.
En effet, l’eau potable n’est pas le seul problème. L’augmentation de la population et les conditions d’hygiène dans le village, et surtout dans les camps des refugiés et déplacés (agglomérations spontanées d’abris en paille, bois, bâches et tôles), représentent un risque sérieux d’épidémies. L’objectif des interventions est donc de garantir à la population l’accès à l’eau potable – à raison de 15 litres par personnes et par jour, selon les standards SPHERE – et l’installation de latrines et de douches pour améliorer les conditions sanitaires. Pour compléter l’intervention, ACTED mène aussi des activités de sensibilisation aux bonnes pratiques d’hygiène, à partir d’une méthodologie basée sur l’approche communautaire.
« L’insécurité, les problèmes logistiques liés à l’enclavement du village et à la saison des pluies en cours, sont des difficultés auxquelles nous devons faire face chaque jour », explique Ségolène, la chef de projet. « Mais toute l’équipe est très motivée et a bien compris l’importance de notre travail, même dans des conditions difficiles. La présence d’ACTED ne représente pas seulement la possibilité d’avoir accès à l’eau, mais elle incarne aussi un espoir important : les refugiés, les déplacés et la population de Zémio savent qu’ils ne sont plus seuls ».
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