Evaluer les besoins et répertorier les rassemblements spontanés
Dans les zones rurales autour de Léogâne, ACTED réalise le travail d’évaluation des besoins et de localisation des rassemblements spontanés. Cette tâche est indispensable et permet d’apporter une assistance adéquate et pertinente aux populations vulnérables isolées.
Dawin, 33 ans parcourt à moto pour l’ONG ACTED les villages dispersés autour de la commune de Gressier. Il est chargé d’évaluer les besoins des habitants afin de définir les axes stratégiques de l’intervention d’ACTED dans ces campagnes. « Bien souvent les personnes que je rencontre n’ont jamais reçu d’aide extérieure et se sont jusqu’à présent débrouillés seuls », raconte Dawin. La solidarité est forte dans ces zones reculées. Les paysans distribuent des céréales et des fruits et chacun partage le peu disponible. Ceux dont la maison est encore debout ont tendu une grande bâche dans la cour pour y accueillir les proches du village.
Pour Pauline Farges, membre de l’équipe d’urgence d’ACTED à Léogâne, « dans une situation d’urgence, évaluer les priorités d’intervention afin d’offrir une réponse efficace et adaptée aux besoins de la population s’avère primordial pour une ONG ». Pour l’instant ACTED est le plus gros acteur de l’aide internationale à agir sur les distributions d’urgence à Léogâne et la première à atteindre les villages isolés environnants. « Lorsque j’arrive dans un village les habitants se précipitent autour de moi pour solliciter notre aide car je suis la première personne à venir les voir », témoigne Dawin.
« Trente-et-un rassemblements localisés »
Son travail consiste également à répertorier les rassemblements informels dispersés dans les campagnes afin de pouvoir cibler des points de distribution pertinents. « En deux jours sur le terrain, j’ai localisé trente-et-un rassemblements spontanés dans la zone de Petit Boucan autour de la commune de Gressier », explique Dawin. Les camps sont le plus souvent éparpillés sur de larges zones.
L’aide aurait été difficile à mettre en place sans ce travail préalable de ciblage. Car avec près de 90% de la population déplacée dans ces campagnes les besoins sont énormes, particulièrement en ce qui concerne la distribution de « shelter » (abris et tentes) et l’aide alimentaire. C’est à ces actions que les équipes d’ACTED se consacrent depuis deux semaines afin d’atteindre, enfin, les populations vulnérables les plus reculées.
Nouveau venu
Au moment de la secousse, Rolph Poucely, 26 ans étudiant en informatique, était au deuxième étage de son université à Port-au-Prince. Il a gardé son calme, et son université n’est pas tombée. « J’ai pensé au film 2012 sur la fin du monde, je me suis dit que j’étais l’acteur du film, et que les héros ne meurent jamais à la fin des films ». Après les premiers mouvements de foule et de panique, Rolph décide rapidement de partir à pied pour sa ville d’origine, Léogâne, épicentre du séisme. A son arrivée, il est vite rassuré, sa famille va bien. Mais leur maison est fissurée et ils s’installent dans le stade de la ville. Sur ce terrain de football, une grande partie des habitants ont spontanément improvisé un camp de fortune.
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