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actualité | 10 Juin 2009 (Toute la journée) | Rep. Congo | Développement

Environnement et développement économique: à la rencontre de groupements agricoles dans le district de Mindouli

L’élevage de porcs demande un savoir faire qui fait souvent défaut aux agriculteurs du district de Mindouli.

Entretiens et visites de terrain auprès de 50 groupements agricoles et recensement de plus d’une centaine de groupements vivant dans un grand dénuement suite aux conflits des années 90-2000 qui ont particulièrement touché cette région très fertile du sud du Congo.


Le district de Mindouli compte 62 000 habitants et possède un potentiel agricole parmi les plus importants du pays. La proximité de Brazzaville lui offre également des débouchés conséquents. ACTED possède une base à Mindouli où l’ONG a réalisé de grands travaux de réhabilitation et construction de routes, d’écoles et de centres de santé détruits pendant la guerre. Alors que le Congo entre dans une phase de transition post-conflit, ACTED souhaite aujourd’hui diversifier ses activités et mettre en place des programmes de sécurité alimentaire destinés à renforcer les groupements agricoles. L’objectif est d’atteindre le niveau de production élevé qui existait avant la guerre. Malgré une évidente motivation de la population, de nombreux facteurs ont empêché le développement agricole du district jusqu’à aujourd’hui.


Avant la guerre, le district de Mindouli couvrait 40% des besoins agricoles de la capitale. Aujourd’hui, les populations locales, organisées en une centaine de groupements agricoles de sept membres en moyenne, demeurent dans un réel dénuement. Ces groupements déploient cependant une véritable énergie pour améliorer leurs conditions de vie. Cela passe essentiellement par le développement d’activités agropastorales. Les populations manquent pourtant de moyens et de compétences organisationnelles et techniques pour assurer la transition.

Les groupements agricoles, représentés par L’Union Locale des Groupements et Associations Agro Pastoraux de Mindouli (ULGAP), travaillent avec des moyens très limités et de faibles capacités de gestion. Le Département du Secteur Agricole, dépendant de la sous-préfecture, ne dispose pas non plus des moyens humains et financiers nécessaires pour remplir son rôle dans le district. Les déplacements sont en effet rendus  très difficiles par l’état de délabrement des pistes agricoles.

L’arrivée de nouveaux exploitants entraîne une augmentation des surfaces cultivées, et conduit à un appauvrissement des sols. Les villageois sont alors de plus en plus souvent contraints de cultiver des terres distantes de plus de 5 ou 10 kilomètres de leur foyer pour obtenir un rendement satisfaisant. Le phénomène ne pourra être enrayé que si les techniques traditionnelles de culture sont enrichies de méthodes modernes visant à la conservation des sols.

La pression exercée par les activités humaines (l’agriculture notamment) a un impact négatif sur l’environnement. Les forêts, qui constituent l’une des richesses essentielles du pays, reculent dans certains endroits. On assiste également à un phénomène d’érosion des terres donnant lieu à des coulées de boues, qui bien souvent dévastent des champs ou obstruent les ruisseaux et les canaux d’irrigation. Les atteintes à l’environnement ne pourront être endiguées que si, en complément des formations aux techniques agricoles écologiques, des actions sont menées pour reboiser les paysages et restaurer l’environnement des zones touchées.

Les conflits successifs ont désorganisé le secteur agricole. Afin d’instaurer une paix durable dans la région, il est important d’œuvrer à la réintégration des anciens combattants qui, livrés à eux-mêmes, représentent une menace. Leur participation aux travaux collectifs des groupements agricoles permettrait une réconciliation, pré-requis nécessaire au développement économique de la région. Les différents acteurs, au premier rang desquels les exploitants, peinent à se structurer efficacement pour relever les défis sociaux, économiques et écologiques auxquels ils sont confrontés. Les exploitants agricoles et les éleveurs ont subi des pillages pendant les conflits et ne disposent plus des outils et machines nécessaires à l’augmentation de leur production. Faute de connaître et de maîtriser les techniques leur permettant d’utiliser des matières organiques disponibles localement, ils sont contraints d’importer leurs intrants (les semences ou alimentation de bétail par exemple) depuis Brazzaville alors que l’approvisionnement est souvent très irrégulier et incertain.


Grâce aux informations et contacts recueillis sur le terrain, l’équipe ACTED de Brazzaville explore de nouvelles possibilités de financement afin de soutenir le développement agricole. Des partenariats sont envisagés et pourraient conduire à la mise en place de projets indispensables et innovants dans la région.