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actualité | 03 Février 2017 | Sénégal | Urgence

Entre aide alimentaire d’urgence et renforcement de l’autonomie pour survivre aux périodes de soudure

De juin à septembre, quand les récoltes de l’année sont mauvaises, les stocks de nourriture s’épuisent rapidement,et les prix alimentaires sur les marchés locaux augmentent de manière importante, et les familles manquent de nourriture pendant les périodes de soudure. Pour Fatou et Ousmane, habitants du village d’Hodioldou, dans la région de Matam, il est alors très difficile de faire deux repas par jour. Les populations ont ainsi recours à des solutions alternatives pour se nourrir comme l'endettement. Nous les avons rencontrés en juillet 2016, dans le cadre d’un projet ECHO d’appui aux populations vulnérables pour la prévention de la malnutrition. Ils témoignent des changements positifs apportés par les distributions alimentaires et l’aide financière dont ils ont pu bénéficier avec le projet.

Une solution au défi quotidien de s’alimenter en période de soudure

L’histoire de Fatou et Ousmane

Fatou a la cinquantaine, et s’occupe seule de ses sept enfants. Son mari est aveugle, et Fatou doit donc subvenir aux besoins de sa famille. Pour pouvoir manger le midi et le soir, elle sollicite l’aide de ses voisins pour avoir du riz, du mil et de l’huile. Lorsque la nourriture vient à manquer, elle se contente alors de manger le midi, et préserve un bol de nourriture pour les enfants le soir. Ce qu’elle voudrait pour l’avenir, c’est avant tout pouvoir nourrir sa famille et être en bonne santé.

Le quotidien d’Ousmane est rythmé par ses activités entre petit commerce et agriculture. Âgé d’environ 40 ans, il vit essentiellement de l’agriculture du mil et du maïs, de l’élevage, et fabrique des danki, des petits bancs faits de bois qu’il trouve dans la région. Il a appris seul à les confectionner, et les vends sur le marché. Marié et père de huit enfants, dont le plus petit à deux ans, il peine malgré tout à nourrir sa famille lors des périodes de soudure, les aliments se faisant rares.

De la faim à une alimentation diversifiée

Les distributions alimentaires et l’aide financière mises en place par ACTED et ECHO à Hodioldou ont permis de soutenir les familles vulnérables comme celles d’Ousmane et de Fatou. Pendant les périodes de soudure, lorsque les aliments sont rares, l’aide financière permet aux familles d’acheter du riz, de l’huile, du sucre, du café, du poisson séché et des céréales. Cette aide est un soulagement pour Fatou : elle n’a ainsi plus besoin d’aller solliciter l’aide de ses voisins. Amadou raconte qu’il a pu retrouver un régime alimentaire satisfaisant grâce aux distributions alimentaires et à l’aide financière, qui permettent à sa famille de manger trois fois par jour, et d’avoir accès à des aliments diversifiés.

Fatou et Ousmane, comme de nombreuses autres familles, peuvent aujourd’hui manger à leur faim, sans la préoccupation quotidienne de trouver de quoi nourrir leurs enfants. Fatou se sent moins fatiguée, et Ousmane est heureux de pouvoir subvenir à ses besoins alimentaires et à ceux de sa famille sans devoir compter sur l’aide des voisins.

Des formations pour renforcer l’autonomie alimentaire et nutritionnelle des familles vulnérables

Le défi est aujourd’hui de rendre ces familles moins vulnérables en les aidant à renforcer leur autonomie. Pour faire suite à ce programme de soutien aux familles comme celles de Fatou et Ousmane, ACTED met actuellement en œuvre le projet Trust Fund Sahel avec le soutien d’ECHO, avec pour objectif de renforcer l’autonomie alimentaire et nutritionnelle des familles, notamment pendant les périodes de soudure. Le projet vise notamment à améliorer la capacité des familles à produire et à conserver leur capital d’une année sur l’autre pour réduire leur vulnérabilité, en proposant des formations et des subventions à l’achat d’intrants agricoles aux petits producteurs, et en soutenant des initiatives villageoises pour l’agriculture et la nutrition.